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Liban

Droits de la femme au Liban : HRW appelle les candidats aux législatives à mener cinq grandes réformes

Législatives 2018 - Droits de la femme « Des réformes ont récemment été mises en place, mais les lois libanaises permettent toujours la violence et la discrimination envers les femmes », a regretté la vice-directrice de HRW pour le Moyen-Orient.
OLJ
09/03/2018

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a appelé hier les candidats aux législatives, le 6 mai prochain, à s’engager à mener cinq réformes permettant d’améliorer les droits de la femme au Liban, qui devraient être au cœur de la prochaine législation.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, HRW souligne que le Liban est toujours à la traîne par rapport à d’autres pays de la région en ce qui concerne la protection des droits des femmes.
« Des réformes ont récemment été mises en place », reconnaît Lama Fakih, directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient, qui cite notamment l’abrogation, en 2017, de l’article 522 du code pénal qui permettait jusque-là à l’auteur d’un viol d’échapper à des poursuites judiciaires s’il épousait sa victime. « Les lois libanaises permettent malgré tout toujours la violence et la discrimination contre les femmes », a-t-elle déploré, poursuivant l’exemple de l’abrogation de l’article 522. Elle souligne dans ce cadre que la manière dont cet article a été abrogé comporte une faille concernant les cas des filles âgées entre 15 et 17 ans, victimes d’abus sexuels.
Elle a invité les candidats à « montrer qu’ils prennent les droits de la femme au sérieux en promettant des avancées sérieuses et spécifiques pour modifier les lois qui portent préjudice aux femmes ».

Statut civil, âge du mariage
HRW a notamment souligné l’importance d’établir des lois relatives au statut personnel, les questions de droit civil étant actuellement régies par les différentes communautés religieuses, qui sont toutes discriminatoires envers les femmes, notamment en cas de divorce, de garde d’enfants ou d’héritage. L’organisation insiste aussi sur la nécessité d’amender la loi relative à la nationalité, afin qu’elle permette aux femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants.
L’organisation appelle également les futurs parlementaires à fixer l’âge minimum du mariage à 18 ans, le Liban n’ayant pour le moment aucune législation nationale en la matière. Certains tribunaux religieux permettent le mariage dès l’âge de 15 ans pour les jeunes filles. Lama Fakih souligne que les mariages précoces « ont des conséquences durables, mettent souvent fin aux parcours éducatifs des jeunes filles et les exposent à des risques élevés de viol conjugal, violence domestique, exploitation et problèmes de santé ».

« Le trafic sexuel entache la réputation du Liban »
HRW appelle par ailleurs à modifier la loi, adoptée en 2014, sur la violence domestique. Cette loi, qui constituait déjà une avancée majeure, établit des mesures de protection des victimes, mais définit la violence domestique de façon restrictive, ne criminalise pas le viol conjugal et ne contraint pas les tribunaux religieux à respecter les décisions des tribunaux civils. Certaines dispositions de cette loi doivent encore être mises en œuvre, comme l’établissement d’unités gérant les cas de violence familiale au sein des Forces de sécurité intérieure et d’un fonds d’assistance aux survivants d’abus domestiques.
Le quatrième grand dossier qui, selon HRW, doit être absolument réglé par le Parlement est la pénalisation du trafic sexuel. L’organisation invite les parlementaires à soutenir de façon plus efficace la mise en œuvre de lois permettant de lutter contre le trafic sexuel et à décriminaliser la prostitution consentie afin de permettre aux victimes de trafic de signaler ces crimes aux autorités sans crainte d’être arrêtées. « Le trafic sexuel entache la réputation du Liban et le gouvernement n’en fait pas assez pour enrayer ce crime », a déclaré Mme Fakih.
Enfin, Human Rights Watch appelle les candidats à la législature à s’attaquer à la question des employés de maison étrangers. Ces migrants, qui sont à peu près 250 000 au Liban et majoritairement des femmes, sont exclus des protections offertes par le code du travail libanais et soumis au système dit de la kafala, ou mise sous tutelle, qui les empêche de quitter leur emploi sans le consentement de leur employeur, ce qui provoque toutes sortes d’abus et d’exploitation.

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