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À l’AUB, un programme professionnalisant accueille les personnes atteintes de trisomie

Inclusion

Une formation innovante voit le jour au Centre d'éducation continue (CEC) de l'Université américaine de Beyrouth. Des jeunes et des adultes ayant des déficiences intellectuelles peuvent désormais s'inscrire au Step-Up Program, un programme de trois ans spécialement conçu pour eux.

24/02/2017

Le Step-Up Program a été établi à l'Université américaine de Beyrouth (AUB) en collaboration avec le Corporate Social Responsability, en partenariat avec le Diet Center, l'Association libanaise des trisomiques (LDSA), l'association Open Minds et le Heritage College. Comme son nom l'indique, le programme a vocation à favoriser la progression des étudiants, en prenant en compte leur situation. « Notre objectif, c'est que toute personne souffrant de déficiences intellectuelles ou trisomie, jeune ou adulte, puisse se joindre au programme », explique Marwan al-Arabi, directeur des programmes au Centre d'éducation continue (CEC). Un centre qui cherche, en permanence, des fonds pour accueillir les personnes qui ne sont pas en mesure de régler la totalité de la scolarité. Sur le long terme, le but ultime du projet serait l'insertion des jeunes et des adultes ayant des déficiences intellectuelles dans la vie professionnelle.
Suite à la réussite du projet pilote du programme mis en œuvre l'année passée, le CEC accueille en février les inscriptions à la première édition de la formation. Les personnes qui souhaitent s'y inscrire doivent maîtriser le niveau 2 ou 3 en anglais ou en arabe, et posséder des connaissances en informatique et en maths. De plus, elles doivent passer par le département de psychiatrie du Centre médical de l'AUB pour une évaluation comportementale, éducationnelle et psychologique. Celle-ci est indispensable, car « nous prenons en charge chaque personne, d'une manière individuelle, pour qu'elle puisse intégrer la formation », souligne al-Arabi.
La première année de formation se concentre sur l'apprentissage de l'anglais, de l'arabe et des maths, et propose des ateliers d'écriture créative, de théâtre et d'ordinateur. Pendant les deux années suivantes, les cours sont répartis entre la maîtrise des compétences liées à la vie quotidienne, d'une part, et, d'autre part, l'acquisition des compétences professionnelles, par l'introduction d'un environnement éducatif innovateur, nécessaire à l'insertion des élèves.
Ainsi, au niveau du premier volet de la formation, ces derniers apprennent à se prendre en charge, à s'occuper de leurs besoins basiques, tels faire les courses, préparer à manger, utiliser les moyens de transport appropriés, gérer leurs finances ou pratiquer des activités récréatives. Ils sont sensibilisés aussi à l'importance de l'estime de soi et apprennent à être fiers d'eux-mêmes. « Ils vont comprendre leur déficience afin de pouvoir travailler dessus », note Marwan al-Arabi. Lors de la formation, les élèves acquerront également des compétences interpersonnelles, leur permettant de communiquer avec les autres.
Au niveau des compétences professionnelles, indépendamment du domaine de travail, les étudiants développeront leurs capacités motrices, spécialisées et globales. Ils apprendront à gérer les rapports avec les clients, l'employeur et les collègues de travail ou à résoudre les conflits.

Les stages, un pas sur le chemin de l'emploi
En parallèle, la formation propose à ses étudiants des stages d'été dans différents départements de l'AUB, ainsi qu'au Diet Center. « Nous croyons en cette cause, et nous croyons que chacun doit avoir la chance d'apprendre et de briller à sa façon », estime Sawsan Wazzan Jabri, directrice du Diet Center. Zeina, 26 ans, trisomique, y a été accueillie en tant que stagiaire. Grâce à sa motivation, à sa progression et à la réussite de son intégration, elle y est devenue une employée à part entière, voici maintenant un an, jouissant de tous les droits qui se rattachent à sa fonction. Travaillant en cuisine, elle a vite appris à respecter les règles et à accomplir les tâches dont elle est responsable. « Nous avons créé une liste de contrôle afin d'évaluer la progression de Zeina sur une base hebdomadaire, explique Micheline Mitri, membre de l'équipe du centre qui supervise le travail de Zeina. Avec le temps, elle a noué des liens solides avec quelques employés, elle est devenue moins timide, elle accepte facilement les critiques et, une fois qu'on lui montre comment accomplir une tâche, elle l'exécute à la perfection. »
À la fin du programme, une fois le diplôme en main, les étudiants doivent être capables de reconnaître leurs compétences professionnelles, d'explorer les opportunités d'embauche puis de garder leur emploi. Ainsi, le CEC les encadre, leur donne des conseils, les guide dans le choix de leur carrière et assure leur suivi lors du stage et de l'emploi.

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