Le chef du Législatif, Nabih Berry (d), s'entretenant avec l'émissaire saoudien Nizar Alaoula, le 27 février 2018 à Beyrouth. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais
L'émissaire saoudien, Nizar Alaoula, a rencontré mardi le président du Parlement, Nabih Berry, qu'il a qualifié de "source d'espoir et d'optimisme" pour le pays, ainsi que trois anciens Premiers ministres et l'ancien président Michel Sleiman au deuxième jour d'une visite au cours de laquelle il a invité le chef du gouvernement, Saad Hariri, dans le royaume. Ce dernier s'est rendu tard dans la soirée à Riyad, à la tête d'une délégation, où il sera reçu demain mercredi par le roi Salmane et le prince héritier Mohammad ben Salmane.
"L'émissaire saoudien quitte le Liban aujourd'hui, et nous espérons d'avoir avec lui d'autres rencontres", a pour sa part souligné M. Berry.
La visite de l’émissaire, qui est conseiller auprès du cabinet royal, revêt une importance certaine dans la mesure où il s’agit du premier responsable saoudien à venir au Liban depuis le retour à Beyrouth du Premier ministre, Saad Hariri, à la veille de la fête de l’Indépendance et après sa brève démission-surprise.
Lundi, il avait eu un très bref entretien avec le président de la République, Michel Aoun, avant de retrouver M. Hariri, et lui transmettre une invitation officielle pour se rendre en Arabie saoudite. M. Hariri avait alors fait savoir qu'il répondrait favorablement à cette invitation "le plus tôt possible". L'émissaire avait enfin été invité à dîner en soirée lundi par le chef des Force libanaises, Samir Geagea.
Aujourd'hui, Nizar Alaoula a poursuivi ses concertations en s'entretenant d'abord avec l'ex-Premier ministre, Nagib Mikati. "Les relations avec l'Arabie saoudite sont toujours profondes et honnêtes (...), et la visite de M. Alaoula est naturelle est vise à renforcer la coopération bilatérale à tous les niveaux", a affirmé M.Mikati. "Le roi Salmane et le prince héritier Mohammad ben Salmane sont soucieux de soutenir le Liban et de l'accompagner dans toutes les circonstances", a-t-il ajouté.
(Lire aussi : La mission saoudienne au Liban est riche en messages)
"Maintien des relations historiques"
Nizar Alaoula s'est ensuite rendu à Moussaytbé, où il a été reçu par l'ex-Premier ministre Tammam Salam. L'émissaire saoudien a quitté les lieux sans faire de déclaration.
"L'Arabie n'a pas de demandes relatives aux élections législatives libanaises", a pour sa part assuré M. Salam aux journalistes, dans des propos rapportés par notre correspondante Hoda Chedid.
"La seule demande du royaume, c'est le maintien des relations historiques qui lient le Liban et l'Arabie", a-t-il ajouté. Il a toutefois concédé que, "clairement, l'Arabie a des amis et des alliés qu'elle va soutenir lors des législatives. L'Arabie va également soutenir le Liban lors des conférences internationales" de Bruxelles, Paris et Rome.
M. Salam a ensuite estimé que l'invitation officielle envoyée au Premier ministre, Saad Hariri, pour se rendre en Arabie, "est une preuve du soutien du royaume au projet de M. Hariri". "L'Arabie insiste à dire qu'au Liban, il y a un État et une autorité légale (...)", a enfin ajouté M. Salam, relayant des critiques indirectes de Riyad envers le Hezbollah et son arsenal, un sujet qui divise la classe politique au Liban entre défenseurs et pourfendeurs du parti chiite et du maintien de ses armes en dehors du cadre de l’État.
L'émissaire saoudien s'est ensuite concerté avec l'ex-Premier ministre Fouad Siniora avant d'être invité à déjeuner par l'ex-chef de l'Etat, Michel Sleiman. Ce dernier a abordé avec l'émissaire le sommet arabe prévu fin mars en Arabie. Il a dit, dans un communiqué transmis par notre correspondante Hoda Chedid, "espérer que ce sommet soit le début d'une nouvelle étape pour les efforts arabes communs qui pavera la voie à une réconciliation inter-arabe". Michel Sleiman a également insisté sur la nécessité de "raviver les relations libano-saoudiennes" et a évoqué la participation de Riyad aux sommets internationaux de Paris, Rome et Bruxelles, prévus pour le soutien du Liban dans les prochains mois. "La rencontre avec le président Sleiman était très bonne", s'est de son côté contenté de dire l'émissaire saoudien.
En soirée, M. Alaoula s'est réuni durant 75 minutes avec l'ancien président Amine Gemayel, et le chef des Kataëb, Samy Gemayel, à Saïfi. Interrogé par un journaliste sur "le retour du 14 Mars", M. Alaoula a répondu : "Nous œuvrons pour tout ce qui est dans l'intérêt du Liban".
Lire aussi
La distanciation, un élément essentiel pour une normalisation libano-saoudienne
Liban : Le retour de la diplomatie saoudienne ?
Berry accuse certains pays « étrangers » de vouloir torpiller les élections
Chouf-Aley : un message de Riyad à Joumblatt ?
A Davos, Hariri assure que ses relations avec l'Arabie sont "excellentes"
Pour mémoire


BIZARRE DECLARATION... MAIS SOUHAITEE QUAND MEME PAR TOUS LES LIBANAIS !
20 h 20, le 27 février 2018