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Législatives

Chouf-Aley : un message de Riyad à Joumblatt ?

L’ambassadeur d’Arabie saoudite à Beyrouth s’entretient avec Dory Chamoun à Sodeco.

Dory Chamoun s’entretenant avec l’ambassadeur saoudien. Photo ANI

Le chef du Parti national libéral, Dory Chamoun, a reçu hier au siège de son parti à Sodeco le nouvel ambassadeur d’Arabie saoudite à Beyrouth, Walid Yaacoub. Étaient présents Simon Dergham et Fayçal Aboul Hosn, membres du conseil supérieur du PNL.

Si cette visite est principalement protocolaire, dans la mesure où elle s’inscrit dans le cadre d’une tournée du diplomate saoudien pour faire la connaissance des responsables politiques libanais, il reste qu’elle revêt une importance politique certaine. D’autant que depuis son accréditation à Beyrouth, M. Yaacoub s’est entretenu avec nombre de personnalités politiques hostiles au Hezbollah et/ou dans l’opposition. Il s’agit, bien entendu, du chef des Kataëb, Samy Gemayel, du leader des Forces libanaises, Samir Geagea, et de l’ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, ainsi que de Farès Souhaid, ancien député de Jbeil.
Le choix de ces personnalités avait poussé certaines plumes du 8 Mars à estimer que Riyad « s’ingère » de nouveau dans la vie politique libanaise, en particulier dans les législatives prévues le 6 mai prochain.

C’est d’ailleurs dans ce cadre que certains placent le communiqué publié par le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, il y a une dizaine de jours. Dans ce texte, le chef de la diplomatie avait appelé les ambassades étrangères à ne pas intervenir dans le scrutin de mai.
Parallèlement, dans les milieux souverainistes, on interprète les entretiens de l’ambassadeur saoudien comme « un retour » de Riyad sur la scène locale, un an après l’entrée en vigueur du compromis politique élargi qui a mené le général Michel Aoun à la tête de l’État, en octobre 2016. Même si l’on estime que les tournées d’ordre diplomatique ne suffisent pas pour parler d’un retour en force de l’Arabie pour faire face au Hezbollah.


(Lire aussi : Au Koura, prémices d’une alliance entre le CPL et le PSNS)



Les législatives
La rencontre de Sodeco, aux yeux de nombreux observateurs, s’inscrit dans la perspective des législatives de mai. D’autant que les pourparlers concernant les alliances électorales dans la montagne druzo-chrétienne ont déjà commencé. Dans une interview accordée à la Future TV, il y a une quinzaine de jours, le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, avait d’ailleurs exprimé le souhait de voir tous les protagonistes présents dans la région (la circonscription de Chouf-Aley) rassemblés dans le cadre d’une même liste.

Dans certains milieux politiques, on estime ainsi que l’entretien de Sodeco serait un message saoudien clair : le siège de Dory Chamoun dans le Chouf devrait être préservé.
De source politique chrétienne dans la région, on apprend qu’il est difficile de rassembler tous les protagonistes de la région comme le voudrait M. Joumblatt. Et pour cause : le Courant patriotique libre semble vouloir mener la bataille électorale aux côtés de Talal Arslane (principal adversaire de Walid Joumblatt). Cela réduit les chances d’un rapprochement entre les aounistes et les FL dans la circonscription (13 sièges), ajoute-t-on de même source, avant de poursuivre : quant aux FL, elles menaient des contacts « très sérieux » avec Moukhtara, jusqu’au moment où le leader druze a appuyé la candidature de l’ancien ministre Naji Boustany à l’un des sièges maronites de la circonscription. Une option à laquelle la formation de Samir Geagea s’oppose catégoriquement dans la mesure où M. Boustany était proche de l’ancien président de la République Émile Lahoud.


(Lire aussi : Les FL et le PSP planchent « en profondeur » sur les législatives)


Selon certaines sources, au moins quatre listes se disputeront les treize sièges de la circonscription : il s’agit d’une liste liant le Courant patriotique libre à M. Arslane, d’une autre parrainée par Walid Joumblatt (avec probablement le Futur et les FL), d’une troisième que conduirait Wi’am Wahhab et d’une dernière qui regrouperait les factions de la société civile.
Pour ce qui est de Dory Chamoun, une source chrétienne indique que ce dernier est irrité par la perspective d’un soutien joumblattiste à Naji Boustany, qui se ferait à ses dépens. Cette source estime toutefois peu probable qu’au final le chef du PSP se décide à clore ainsi l’existence politique des Chamoun. On n’exclut donc pas une possible poursuite des contacts sur ce plan, à la lumière de l’entretien de MM. Chamoun et Yaacoub hier.


(Lire aussi : Berry accuse certains pays « étrangers » de vouloir torpiller les élections)


Simon Dergham, cadre du PNL, a, lui, préféré placer l’entretien de Sodeco dans un contexte plus large. « La rencontre ne peut être dissociée de la relation historique entre Riyad et l’ancien président Camille Chamoun », souligne M. Dergham à L’OLJ, estimant que l’Arabie est « ouverte à tous les protagonistes qui adhèrent à la logique de l’édification d’un État souverain au Liban, et ne s’ingère aucunement dans les affaires internes du pays ».

De même, le courant du Futur semble ne pas vouloir brûler les étapes. Il estime qu’il est encore prématuré de parler d’un retour de Riyad sur la scène locale. « Une telle éventualité ne pourrait voir le jour sans le courant du Futur », déclare ainsi à L’OLJ Moustapha Allouche, coordinateur de la formation haririenne à Tripoli. Selon lui, « les tournées diplomatiques ne suffisent pas pour atteindre un tel but ».


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Le chef du Parti national libéral, Dory Chamoun, a reçu hier au siège de son parti à Sodeco le nouvel ambassadeur d’Arabie saoudite à Beyrouth, Walid Yaacoub. Étaient présents Simon Dergham et Fayçal Aboul Hosn, membres du conseil supérieur du PNL.

Si cette visite est principalement protocolaire, dans la mesure où elle s’inscrit dans le cadre d’une tournée du...

commentaires (3)

Ils ne savent plus quel diable il FAUDRA tirer par la queue pour arriver à éviter le raz de marée des forces de la résistance libanaise. HARAM.

FRIK-A-FRAK

14 h 44, le 26 janvier 2018

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Commentaires (3)

  • Ils ne savent plus quel diable il FAUDRA tirer par la queue pour arriver à éviter le raz de marée des forces de la résistance libanaise. HARAM.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 44, le 26 janvier 2018

  • bizarre depuis 40 ans on prends les mêmes et on recommence. n'y a t il pas un Macron libanais pour balayer tous ces clans, tous ces croutons ...... et faire une politique sérieuse ou l'état prime avant l'intérêt personnel. ou l'état serait souverain débarrassé des armes illégales . REVE UTOPIQUE

    Élie Aoun

    09 h 33, le 26 janvier 2018

  • DES TRACTATIONS, DES MARCHANDAGES ET DES COMPROMIS QUE LES MOUTONS SUIVRONT AVEUGLEMENT... VENDUS OU ACHETES ! C,EST CA LE LIBAN !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 48, le 26 janvier 2018