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À La Une - Liban

A Davos, Hariri assure que ses relations avec l'Arabie sont "excellentes"

"La principale menace est, selon moi, qu'Israël prenne des mesures contre le Liban en raison de mauvais calculs", a affirmé le Premier ministre libanais lors du Forum économique mondial en Suisse.

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri (g), s'entretenant avec le roi Abdallah II de Jordanie et son épouse, la reine Rania de Jordanie, le 24 janvier 2018 à Davos en Suisse. Photo AFP PHOTO / JORDANIAN ROYAL PALACE / YOUSEF ALLAN

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, qui participait mercredi au Forum économique mondial de Davos en Suisse, a assuré entretenir de très bonnes relations avec l'Arabie saoudite, et insisté sur l'importance de la distanciation du Liban par rapport aux conflits au Moyen-Orient.

"Mes rapports avec l'Arabie sont excellents. Ce qui s'est passé en novembre dernier fait partie du passé, et a abouti à quelque chose de positif, à savoir la politique de distanciation", a affirmé M. Hariri, lors d'un entretien accordé à Davos.

Le Premier ministre, qui avait démissionné depuis Riyad le 4 novembre 2017, avait accusé le Hezbollah et l'Iran de mainmise sur le Liban. Il était revenu sur sa démission à la suite de son retour le 22 novembre à Beyrouth, après avoir obtenu du gouvernement une déclaration politique en vertu de laquelle le Liban s'engageait à appliquer une politique de distanciation à l'égard des conflits régionaux.

"La seule raison qui m'a poussé à revenir sur ma démission était l'accord des partis politiques sur une politique gouvernementale officielle de distanciation", a expliqué Saad Hariri.

"Notre objectif est d'avoir les meilleures relations possibles avec les pays arabes", a ensuite assuré M. Hariri. "Nous avons passé trois ans sans chef de l’État, ce qui avait abouti à la paralysie du gouvernement et du Parlement", a rappelé M. Hariri, en allusion à la vacance à la présidence de la République qui avait suivi la fin du mandat de l'ex-président Michel Sleiman. La fin de cette crise s'était illustrée avec l'élection de Michel Aoun à la magistrature suprême en octobre 2016.

"Depuis l'élection de notre président, nous avons l'opportunité d'éloigner le Liban des tempêtes", a souligné M. Hariri. "La seule politique qui bénéfice au Liban est celle de la distanciation", a-t-il insisté.

Par ailleurs, Saad Hariri a abordé la question des mesures américaines contre le Hezbollah. "Les États-Unis se concentrent sur le Hezbollah, et non sur l'économie libanaise", a-t-il assuré, au moment où le secrétaire adjoint américain au Trésor pour le financement du terrorisme, Marshall Billingslea, concluait hier une visite de deux jours au Liban, en rapport avec l'enquête menée par Washington sur le parti chiite.

"Nous ne pouvons faire changer d'avis les États-Unis, mais nous leur disons +concentrez-vous sur le Hezbollah, car vous ne pouvez pas blâmer le peuple libanais pour l'impuissance de la région à traiter ce problème+", a affirmé Saad Hariri.

En outre, le chef du gouvernement a évoqué la menace israélienne contre le Liban. "La principale menace est, selon moi, qu'Israël prenne des mesures contre le Liban en raison de mauvais calculs", a-t-il affirmé.


(Lire aussi : Billingslea : Le Hezbollah, « un cancer au cœur du Liban qu’il faut traiter sans tuer le patient »)


"Très grand déficit"
Sur le plan économique, Saad Hariri a fait savoir que le Liban ne pouvait plus supporter "un tel nombre de déplacés syriens, sans apporter une croissance à l'économie libanaise à moyen terme". L'ONU avait affirmé fin décembre que le nombre de réfugiés syriens enregistrés au Liban était tombé à moins d'un million pour la première fois depuis 2014.

Le Premier ministre a également déploré l'état des finances de son pays. "Nous avons un très grand déficit", a-t-il reconnu. "Nous avons pu voter le premier budget depuis douze ans, et nous voulons voter le budget de 2018", a-t-il assuré, avant de rappeler qu'il a demandé aux ministères de réduire leurs dépenses de 20 %.

"Nous œuvrons aussi sur un projet d'investissements en coopération avec Paris", a rappelé M. Hariri, en allusion à la "Conférence du cèdre" qui doit se tenir en avril dans la capitale française, et qui porte sur un ambitieux programme d'investissements d'un montant de 16 milliards de dollars dédié au développement des infrastructures libanaises. "Ce programme va, sans aucun doute, créer des emplois", s'est félicité le Premier ministre. Il a expliqué qu'il cherchait l'approbation de toutes les composantes politiques à ce programme avant de réclamer le feu vert du gouvernement, puis du Parlement, pour que le Liban officiel se rendre à la conférence de Paris.


(Lire aussi : Aoun s'entretient avec l'émir du Koweït avant son retour au Liban)


"Espoir à la jeunesse arabe"
Sur le plan régional, le Premier ministre libanais a affirmé que le prince héritier saoudien, Mohammad Ben Salmane, "apporte un changement au sein du royaume et de la région et cela donne espoir à la jeunesse arabe".

Saad Hariri a ensuite fait savoir que le Liban "veut les meilleures relations avec l'Iran, d’État à État", dans une critique indirecte du soutien qu'accorde Téhéran au Hezbollah, indépendamment des institutions officielles libanaises. "L'Iran doit cesser son ingérence au Yémen, cela ouvrira la porte au dialogue dans la région", a-t-il poursuivi. L'Arabie saoudite, rappelle-t-on, est à la tête d'une coalition militaire qui combat depuis 2014 les rebelles yéménites houthis, soutenus pour leur part par l'Iran.

En outre, M. Hariri a abordé la reconnaissance de Jérusalem par le président américain Donald Trump, le 6 décembre dernier, comme capitale d'Israël. "Notre position à ce sujet est connue. Si le président américain a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, cela ne veut pas dire qu'elle l'est en réalité. La seule solution, c'est un accord de paix entre Israël et la Palestine. (...) Le président Trump veut la paix, mais je ne sais pas si son approche est la bonne".


Entretiens avec les dirigeants internationaux
En marge du forum, M. Hariri s'est entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie et a annoncé qu'il se rendrait à Amman pour discuter du dossier des réfugiés syriens. Le royaume hachémite accueille près d'un million d'entre eux selon les autorités.

Le chef du gouvernement libanais a également exprimé au roi Abdallah II son attachement au principe de la distanciation du Liban par rapport aux conflits régionaux. "Toutes les composantes du gouvernement libanais sont engagées à respecter la décision de distanciation", a déclaré M. Hariri, assurant qu'il veillait à ce que "le Liban ait une relation spéciale avec les pays arabes".

M. Hariri a aussi rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Ils ont discuté des préparatifs de la "Conférence du cèdre" à Paris et des récents développements au Liban et dans la région.

Il s'est en outre entretenu avec son homologue italien, Paolo Gentiloni, en présence de l'ambassadrice du Liban en Suisse, Rola Noureddine, et de son chef de cabinet Nader Hariri. Ils ont discuté des préparatifs en cours de la conférence de Rome 2 consacrée au soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité ainsi que des relations bilatérales entre les deux pays. M. Hariri s’est par ailleurs rendu au lieu de résidence du président suisse, Alain Berset. Les deux hommes ont passé en revue les derniers développements au Liban et dans la région ainsi que les relations bilatérales entre les deux pays.

En cours d'après-midi, le Premier ministre a poursuivi ses réunions avec les dirigeants internationaux. Il a rencontré, séparément le Premier ministre belge Charles Michel et la Première ministre norvégienne Erna Solberg.
Les discussions ont porté sur les préparatifs de la conférence Rome II, de la Conférence du cèdre ainsi que de la conférence de Bruxelles. Ils ont également abordé les développements régionaux et les relations bilatérales.

Enfin, le bureau de presse de M. Hariri a publié un communiqué dans lequel il a démenti des informations circulant sur les réseaux sociaux, selon lesquelles le chef du gouvernement a accordé un entretien à un média israélien. "M. Hariri n'a accordé aucun entretien à un média israélien, que ce soit à Davos ou ailleurs", peut-on lire dans le communiqué.


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commentaires (4)

Qui peut prétendre que gouverner le Liban est facile ? Quelque soit l'équipe en place il y aura toujours des mécontents et des contestataires et tant mieux comme ça, c'est ainsi va la démocratie. Un minimum d'entraide entre libanais pour faciliter la tache des dirigeants ne fera pas de mal à personne. Demain d'autres équipes peuvent prendre leurs place et ce sera encore ainsi. L'intérêt du Liban et des libanais d'abord

Sarkis Serge Tateossian

22 h 44, le 24 janvier 2018

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Commentaires (4)

  • Qui peut prétendre que gouverner le Liban est facile ? Quelque soit l'équipe en place il y aura toujours des mécontents et des contestataires et tant mieux comme ça, c'est ainsi va la démocratie. Un minimum d'entraide entre libanais pour faciliter la tache des dirigeants ne fera pas de mal à personne. Demain d'autres équipes peuvent prendre leurs place et ce sera encore ainsi. L'intérêt du Liban et des libanais d'abord

    Sarkis Serge Tateossian

    22 h 44, le 24 janvier 2018

  • Ça fait plaisir de voir notre 1er Ministre enfin libre et agissant pour le compte de son pays d'origine et j'espère de coeur. Quand à la distanciation , éloignons nous des décisions qui feraient plaisir à nos vrais ennemis . Les usurpateurs .

    FRIK-A-FRAK

    21 h 17, le 24 janvier 2018

  • EXCELLENTES PEUT-ETRE... BASS ELLE BALA3OU ESSET EL NAII BEL NAFESS... LA FAMEUSE DEFUNTE DISTANCIATION ?

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    20 h 44, le 24 janvier 2018

  • Distanciation??? Ne sont ils pas toujours en Syrie, pas de commentaires, visite des Iraniens et des Irakiens à la frontière, circulez il n’y a rien à voir. Si le 14 Mars et les options souverainistes reculent, c’est à cause de ces reculades sans fin.

    Bachir Karim

    19 h 57, le 24 janvier 2018

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