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Liban-Israël : Satterfield sur le terrain pour désamorcer les tensions

Liban-Israël

La médiation américaine se poursuit... tout comme la construction du mur. Interrogées par « L’OLJ », des sources mettent en garde contre une possible escalade au Liban-Sud.

OLJ
09/02/2018

Alors qu’Israël continuait hier la construction d’un mur en béton dans une zone frontalière contestée avec le Liban, les tentatives de désescalade se poursuivaient sur le plan diplomatique, notamment entreprises par le secrétaire d’État adjoint américain par intérim aux Affaires proche-orientales, David Satterfield, qui se trouve depuis mardi à Beyrouth.
M. Satterfield a effectué hier une tournée à Naqoura (Sud) en compagnie du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, afin de constater de visu les travaux sur le terrain, en face de Ras Naqoura. Une réunion avec le commandant général de la Finul, Michael Beary, a permis de faire le point sur les derniers développements.
La construction par Israël de ce mur controversé a suscité un état d’alerte des deux côtés de la frontière. Côté libanais, des patrouilles ont été effectuées par la Finul et par l’armée. Côté israélien, outre une présence importante de l’armée, des blocs de béton supplémentaires étaient acheminés sur place pour poursuivre la construction du mur. Selon les informations de sources sécuritaires à l’agence al-Markaziya, « l’armée et la Finul préparent un dossier sur les mesures israéliennes prises à la frontière, photos à l’appui, afin qu’il soit présenté à la réunion tripartite (avec les Israéliens) qui a lieu tous les mois ».
Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a précisé à l’Agence nationale d’information (ANI) que « le commandant de la Finul s’est rendu à la ligne bleue » et que « la Finul est présente en permanence sur cette zone, observant et écrivant des rapports sur toute violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».


(Pour mémoire : Le Liban fait face à Israël, mais pas d’escalade en vue)


« Chances égales entre calme et tensions »
Cette nouvelle querelle entre Israël et le Liban s’inscrit dans le cadre d’une confrontation plus large, portant sur la décision du Liban d’exploiter le bloc gazier n° 9 au large des côtes libanaises, dont Israël revendique le droit d’exploitation, alors que Beyrouth estime qu’il se trouve dans sa zone économique exclusive (ZEE), un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière économique. La tension est remontée d’un cran la semaine dernière sur ce dossier, avec les menaces exprimées par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman. Elle intervient en outre alors que doivent être signés aujourd’hui les premiers contrats d’exploitation pétrolière entre un consortium international emmené par le géant français Total et l’État libanais, sur deux blocs en mer, dont le bloc 9.


(Lire aussi : Hydrocarbures offshore : quelques clés pour comprendre le contentieux libano-israélien)


Selon des sources proches du dossier citées par notre correspondant diplomatique Khalil Fleyhane, « le chantier israélien de construction du mur demeurait jusqu’à hier à l’intérieur du (territoire israélien proprement dit), mais toute construction dans une zone faisant l’objet d’un litige exposerait les forces israéliennes à des tirs ». Sur le projet lui-même, ses informations font état d’un mur doté d’installations électroniques, conçu pour « protéger » les villages jugés, par les Israéliens, exposés à un risque de tirs, et qui devrait, selon les plans israéliens, s’étendre sur 13 points contestés avec le Liban.
Sur quoi pourrait déboucher cette médiation américaine ? Toujours selon Khalil Fleyhane, la diplomatie libanaise effectue des contacts avec des pays membres permanents du Conseil de sécurité pour tenter d’empêcher la construction du mur dans les zones contestées. Il cite des propos attribués à un haut responsable en Israël qui affirme que l’État hébreu « accepterait la médiation en ce qui concerne le bloc 9, mais compte défier le Liban sur la terre ferme et poursuivre son chantier ».
David Satterfield parviendra-t-il à calmer le jeu ? Il y a des chances égales en direction de la paix comme en direction des tensions, estiment les sources citées par Khalil Fleyhane.
C’est donc dans ce contexte particulier qu’aura lieu, jeudi prochain, la visite du secrétaire d’État américain Rex Tillerson au Liban. Par ailleurs, notre correspondante à New York, Sylviane Zehil, rapportait hier en soirée que l’ambassadeur d’Israël à l’ONU a adressé au secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité une lettre de protestation « contre les agissements du Hezbollah au Liban-Sud ».


(Lire aussi :   Le Liban fait face à Israël, mais pas d’escalade en vue)

À Baabda et à Yarzé
Au Liban, M. Satterfield a poursuivi hier sa tournée auprès des responsables libanais. Il a notamment été reçu par le président de la République Michel Aoun, à qui il a exposé les propositions américaines en vue de maintenir le calme à la frontière. M. Aoun a communiqué à M. Satterfield la position libanaise réaffirmée hier en Conseil des ministres, et formulée lors d’une réunion du Conseil supérieur de la défense (CSD) mercredi.
Le CSD avait décidé de contrer l’« agression » israélienne, la considérant comme « une violation claire de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU ». « Il a donc été décidé de continuer à agir au niveau régional et international pour préserver les droits du Liban », avait poursuivi le communiqué.
M. Satterfield a également discuté de cette situation explosive avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, en présence de l’ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richards. Il s’est par ailleurs recueilli sur la tombe de l’ancien Premier ministre assassiné, Rafic Hariri, dans le centre-ville de Beyrouth.


Lire aussi

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BOSS QUI BOSSE

Stupide celui qui croit une seule seconde que ces américains viendraient dans une situation de neutralité entre le Liban et eux .

Ils viennent juste superviser les travaux comme israel le prévoit cad en grignotage de notre territoire .

Voilà pourquoi les armes du hezb Résistant libanais ne sont vraiment pas de trop .
H.N a toute façon fixé ses limites et il est le seul qui peut à toit moment décider de riposter ou pas .
L'état LIBANAIS fait ce qu'il peut mais est limité par les menaces que lui envoient les américains qui le prennent en otage.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POUR LE MUR SI CE N,EST PAS EN TERRITOIR LIBANAIS CA NE NOUS REGARDE PAS ! QUAND AUX FRONTIERES MARITIMES, AUTRES, ET DES RESERVES D,HYDROCARBURES TILLERSON EST PROBABLEMENT PORTEUR DE PROPOSITIONS... FAISONS LE VOEU QUE CA SOIT AU PROFIT DU LIBAN !

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