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Quand l’art et les artistes s’invitent en classe à l’UL

Initiative

À la faculté d’information, section 2 de l’UL (FI2), des professionnels de différents domaines artistiques initient les étudiants à la critique d’art.

09/02/2018

Convaincue que ses étudiants doivent aimer la culture pour pouvoir la critiquer, Ivana Marchalian, professeure à la FI2 de l’UL, a décidé de les initier à la culture d’une manière différente, en invitant des intervenants du domaine de l’art dans sa classe. « L’initiative est née l’année dernière dans le cadre du cours de critique d’art que j’enseigne aux étudiants de journalisme », précise-t-elle, racontant avoir invité le metteur en scène Michel Jabre pour initier les étudiants à la critique du théâtre. « Émerveillés par cette rencontre, les étudiants entouraient M. Jabre comme des papillons autour d’une lampe. Cette scène m’a marquée, et c’est à ce moment que j’ai décidé d’élargir cette initiative », confie-t-elle. Et, pour familiariser ses étudiants inscrits au cours d’histoire de l’art ou ceux qui suivent le cours de critique d’art à la culture, elle a décidé cette année « d’inviter à la fac des intervenants et des critiques d’art de haut calibre, appartenant à quatre domaines artistiques différents, afin d’initier les étudiants à un monde qu’ils ne connaissent pas ». Une nouvelle accueillie avec joie par les étudiants.


Au théâtre et au musée

 Cette série d’interventions a été inaugurée avec le journaliste Samir Atallah. « Il a discuté avec les étudiants de littérature et de journalisme en leur apprenant ce qu’ils doivent savoir lorsqu’ils critiquent une œuvre d’art », précise Mme Marchalian. « Vous êtes importants parce que vous êtes jeunes, vous avez tout le temps pour apprendre, lire et découvrir », a-t-il souligné au cours de sa visite, qu’il a qualifiée de « rencontre entre le passé et l’avenir ». 

Pour apprendre à ses étudiants la critique de théâtre, l’enseignante a également invité le metteur en scène Maurice Maalouf qui a planché avec les étudiants sur l’histoire du théâtre. Ensuite, ils ont assisté à la pièce de théâtre de Roula Hamadeh Wa law darit 3anka houbi au théâtre Gemmayzé et ont discuté avec les acteurs et le metteur en scène des éléments qui doivent attirer leur attention lorsqu’ils critiquent une pièce de théâtre. 

Afin d’initier les étudiants à la critique de la peinture, l’enseignante les a ensuite emmenés visiter le musée Paul Guiragossian. Emmanuel, le fils aîné de l’artiste, leur a expliqué comment ils doivent regarder une toile et quelles sont les questions les plus importantes qu’ils doivent se poser. « Le critique d’art me raconte ce que je dessine moi-même », leur a-t-il confié. À l’issue de cette visite, certains étudiants ont exprimé leur volonté d’apprendre la peinture. 

Cette série d’interventions a été clôturée par une conférence animée par les professeurs et les étudiants au cours de laquelle ils ont tous chanté dans une ambiance festive. Au cours de cet événement, Habib Younès, poète libanais et professeur à la FI2, a retracé l’histoire de la musique traditionnelle libanaise dont il est un des spécialistes, ainsi que celle de la musique des frères Rahbani et de la diva Feyrouz. 


Transmission

« À travers ces interventions, j’essaie de tisser des liens entre ces professionnels expérimentés et les jeunes universitaires, parce qu’il y a une soif de savoir », assure Mme Marchalian. Selon elle, les étudiants doivent aimer la culture pour pouvoir la critiquer, et, pour pouvoir l’aimer, ils doivent l’apprendre d’une manière différente. « Chacun a sa méthode d’enseignement, la mienne est basée sur la pratique. J’aime voir un étudiant en train de travailler de ses mains, dessiner, bricoler », assure-t-elle avant de poursuivre : « Je veux apprendre aux étudiants de voir les choses autrement, de penser aux grandes questions culturelles, et surtout je veux leur apprendre à savoir distinguer la différence entre le bonheur artificiel et le vrai bonheur. » 

Entrée dans le monde académique après 22 ans de travail dans le journalisme culturel, Ivana Marchalian sent qu’elle a une dette envers la FI2, son ancienne faculté. « Je me souviens de certains professeurs, dont Thérèse Awad Basbous, Edward Boustany et Grégoire Mouradian, tellement passionnés qu’ils venaient nous enseigner sous les bombes », confie-t-elle. « Moi, j’ai choisi d’être comme ces profs-là qui ont tout fait pour leurs étudiants. Je veux leur transmettre l’amour de l’art et de la culture que ma professeure de critique d’art Thérèse Awad Basbous m’a transmis lorsque j’étais étudiante », espère-t-elle.







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