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Moyen Orient et Monde

Les rebelles syriens ont-ils d’autre choix que de s’allier à la Turquie ?

Interview express
31/01/2018

Et si une partie de l’Armée syrienne libre (ASL) se transformait en une sorte de milice proturque ? Cela semble être une possibilité au vu des événements récents survenus en Syrie. L’intervention d’Ankara dans la région de Afrine le 20 janvier, sous le nom de code « Rameau d’olivier », repose non seulement sur des tirs d’artillerie et des pilonnages de la part des chars et des avions turcs, mais également sur des combats au sol menés par des groupes rebelles de l’ASL soutenus et équipés par les Turcs. Mais peut-on qualifier d’« allégeance » envers la Turquie ce positionnement de la part des rebelles ? Et quid de la légitimité du combat de l’opposition contre le régime de Bachar el-Assad si celle-ci se range derrière Ankara ? L’Orient-Le Jour fait le point avec Christopher Philips, maître de conférences en relations internationales du Moyen-Orient à l’université Queen Mary de Londres et chercheur associé au programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House.


(Lire aussi : A Afrine, les Kurdes en appellent au régime syrien, sans céder sur leur autonomie)


Les rebelles syriens ont-ils complètement lié leur sort à la Turquie ?
Leur indépendance a été compromise avec la décision d’un grand nombre de rebelles de rejoindre la bannière turque dans le cadre de l’opération « Rameau d’olivier ». Mais ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un ralliement comme celui-ci. On a pu le voir avec l’opération « Bouclier de l’Euphrate » entre 2016 et 2017, qui avait vocation à chasser les jihadistes du groupe État islamique et les Kurdes de l’YPG (Unités de protection du peuple kurde) du Nord syrien. Mais cette fois-ci, il y a beaucoup plus de combattants présents du côté rebelle. Cependant, même si un grand nombre de rebelles ont rejoint les rangs turcs, certains groupes rebelles ne sont pas attachés à la Turquie et sont présents dans la zone d’Idleb, mais aussi ailleurs. Donc ce n’est pas toute l’opposition rebelle qui s’est rattachée à la Turquie, mais une partie seulement.

Cela dénature-t-il leur combat contre le régime ?
Selon moi non. Il s’agit juste de la suite logique des événements et de la tendance survenue en 2016. C’est à ce moment que le conflit a changé de visage. Les rebelles semblent choisir la voie de la sécurité avec la Turquie. Et d’ailleurs, les rebelles n’ont pas beaucoup de choix. Avec l’arrêt du programme d’aide américaine en juillet 2017 et l’engagement russe dans le conflit, les rebelles n’avaient plus le soutien international nécessaire pour continuer leur lutte contre les pro-Assad. Ils essayent, plus ou moins, de survivre dans les zones qu’ils contrôlent actuellement et s’allient de plus en plus à la Turquie qui endosse le rôle de protecteur. C’est la chose logique à faire pour les rebelles.


(Lire aussi : Dans les hôpitaux d'Afrine, l'offensive turque fait craindre une "tragédie")



Ne risquent-ils pas d’être sacrifiés sur l’autel d’un accord entre la Russie, la Turquie et l’Iran ?
Je ne crois pas qu’ils prennent un risque en se ralliant à la Turquie, car elle est leur dernier protecteur. Si la Turquie retire ses troupes et son soutien, les zones où les rebelles sont concentrés tomberont les unes après les autres sous la pression de la Russie et du régime syrien. Et les rebelles le savent. Ils doivent concentrer leur attention sur leur relation avec Ankara, tout simplement parce que le reste du soutien international, par exemple celui des États-Unis, est parti en fumée. Ils n’ont donc pas le choix.


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AIGLEPERçANT

Comment peut on encore utiliser le mot rebelle pour qualifier ce magma de personnes,traitres à leur patrie, utilisés à toutes les sauces et jetées à la 1ere occasion.

Ce que ces vendus ont réussi à faire ce n'est que avoir permis le complot occidentalo sioniste à détruire la Syrie du héros BASHAR.

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