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Quand on s’attaque aussi bien aux humoristes qu’aux écoles...

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27/01/2018

Ces derniers temps, la télévision libanaise s’est démarquée et a réussi à supplanter les réseaux sociaux, qui se sont empressés de relayer ces moments télévisés.

Il fut un temps où les humoristes nous faisaient rire, rien de plus… Quoi qu’ils disent, ils n’étaient pas pris au sérieux, relégués au rang de maîtres de spectacle inoffensifs et bien drôles auxquels on permettait tous les excès à quelques exceptions près au Proche-Orient (symboles religieux, personnalités adulées et faisant l’objet du culte du chef, etc.). Ces personnalités, des artistes à la base, loin d’être des journalistes et ne prétendant pas faire de l’analyse politique, semblent de plus en plus ignorer les réalités du système politique et judiciaire libanais, écartant de leur esprit d’éventuelles poursuites judiciaires. Or, l’œil vigilant de l’État et de certains partis politiques ne se ferme jamais... La chasse aux sorcières est plus que d’actualité et touche médias et réseaux sociaux sans exception, en partant du principe de l’obligation libanaise de la défense des intérêts des autres avant les siens propres. Tout est passé au peigne fin avec une efficacité qui ferait rougir les plus grands services de renseignements : moqueries, sketches, dessins, tweets, statuts, articles de presse, prises de position, tout est scanné, analysé et dûment sanctionné. L’humoriste Hicham Haddad n’aurait pas été capable d’aussi bien assimiler l’étendue de ce qu’« être plus royaliste que le roi » veut dire sans l’intervention du procureur général du Mont-Liban, qui a demandé jeudi que des poursuites soient engagées contre M. Haddad après qu’il s’en fut pris, dans son émission Lahon w Bass, au puissant prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane. La plainte a été par la suite transférée devant le tribunal des imprimés. Un tribunal qui traite de plus en plus fréquemment avec des journalistes, présentateurs, présentatrices, animateurs et même des humoristes qui ne sont plus immunisés par leur humour. Le journaliste Marcel Ghanem, une grosse pointure du monde des talk-shows sociopolitiques et de la LBCI, en sait quelque chose.


(Lire aussi : Le haha et le hi-han, l'éditorial de Issa GORAIEB)




État-Voldemort...
Deuxième événement télévisé, plus ancien celui-ci, mais pas de moindre importance, c’est le scoop déniché après maints efforts et une enquête minutieuse menée par l’équipe de la New TV, concernant l’annotation d’une carte du Liban distribuée aux élèves des petites classes dans un collège francophone du Mont-Liban. Cet établissement a été accusé par la suite, durant le journal télévisé, d’avoir trahi la question palestinienne et de participer sournoisement à la propagande sioniste en lavant les cerveaux des tout-petits et en leur plaçant sur le document le nom défendu d’un État voisin, pourtant conforme à l’appellation adoptée par toutes les instances internationales et arabes ! Le document, utilisé comme preuve de la normalisation des relations avec l’ennemi, mentionne pourtant, comme il se doit, que cette terre n’est autre que la « Palestine occupée » ! Mais apparemment, ce n’est pas suffisant pour la chaîne télévisée qui se veut plus résistante que les factions palestiniennes, gracieusement accueillies sur tout le territoire libanais elles-mêmes... La meilleure proposition à avancer au ministère de l’Éducation afin de définitivement régler cette affaire et d’arrêter ces poursuites exagérées, c’est d’évoquer ce pays, comme l’a fait J.K. Rowling dans Harry Potter avec lord Voldemort, par « l’État dont nous ne devons pas mentionner le nom »... Il disparaîtra ainsi de la mémoire nationale, même si son existence est un fait concret dont les répercussions ont frappé de plein fouet le Liban, pays des Libanais qui sont tous, sans aucune exception, impatients de voir les Palestiniens retrouver leur terre. Ce nom disparaîtra des consciences des petits et des grands qui auront le temps de le découvrir à leur premier voyage ou en zappant sur des chaînes de télévision étrangères, où ils verront certainement, lors des journaux télévisés, des chefs américains, européens et arabes serrer très fort la main des responsables du pays dont nous ne devons pas mentionner le nom...


Pour mémoire

Hicham Haddad à « L’OLJ » : Y a-t-il un lien entre mon émission avec Mireille Aoun et ces poursuites ?

Human Rights Watch dénonce les restrictions à la liberté d’expression au Liban


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Bery tus

WoW jolie .. effectivement nous voulons tous et rapidement auj plutôt que demain leur retour dans leur pays légitimes !!! MAIS EUX LE VEULENT ILS VRAIMENT ?!

Sarkis Serge Tateossian

Toutes les sociétés libres ont gagné leur indépendance et leur liberté d'expression au prix de longs combats durant des années.

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