X

Diaspora

Québec accueille la relique de saint François Xavier

Liban-Canada

Radio-Canada a interrogé Michel Dahan, responsable des archives historiques du diocèse catholique de Montréal.

Fady NOUN | OLJ
16/01/2018

À l'occasion de la visite au Canada d'une relique de saint François Xavier, et surpris par le succès de cette ostension, qui démontre que ce trait de la piété populaire lié à l'espoir d'un miracle est encore vivace dans une société largement déchristianisée, Radio-Canada s'est intéressée aux milliers de reliques qui se trouvent en sol québécois, héritage de la tradition catholique.

Pour en savoir plus sur la question, Radio-Canada a interrogé Michel Dahan, le grand spécialiste de la question à Montréal, qui se trouve être d'origine libanaise.

Michel Dahan est responsable des archives historiques du diocèse catholique de Montréal. Doctorant en sciences religieuses, sa thèse porte sur la dévotion aux reliques des catacombes romaines au Canada.
« Ces reliques de martyrs des premiers siècles ont été importées en grand nombre au XIXe siècle », fait-il savoir au correspondant de Radio-Canada, Hugo Lavoie, qui le rencontre dans la sacristie de la grande basilique Marie Reine du Monde, à Montréal, et auquel il montre une série de reliques, dont un fragment d'os du grand docteur de l'Église, saint Augustin, un autre de Frère André, le premier saint montréalais, et le gisant de saint Zotique, un prêtre du IVe siècle, proche de l'empereur Constantin, auquel on attribue la création d'un hôpital à Constantinople.

« Mes recherches se concentrent sur les archives religieuses, mais je touche aussi à l'histoire culturelle canadienne en général », explique-t-il, avant de répondre aux reproches de ceux qui trouvent macabre la vénération des reliques.
« La vénération des reliques répond à quelque chose de très humain, assure Michel Dahan. On le fait pour avoir le souvenir d'un modèle de foi et avoir quelqu'un vers qui l'on peut se tourner dans les situations difficiles de la vie. »
Et de rappeler que dans la vie de tous les jours, et dans toutes les cultures, « on a tendance à vouloir préserver un souvenir des personnes qui nous sont chères, comme des photos, des objets familiers qu'elles ont utilisés, des vêtements ou même des cendres ».

« Dès l'arrivée du premier prêtre dans la Nouvelle France, ajoute-t-il, il devait avoir une relique sur lui pour célébrer une messe valide. C'est ce que l'Église demande. C'était un problème au XIXe siècle, car la population avait énormément grandi. On avait, à l'époque, construit beaucoup d'églises, et tous les autels de ces églises devaient être ornés de reliques. »
S'il est difficile de quantifier précisément les reliques au Québec, Michel Dahan croit qu'il y en a « certainement des milliers ».
« Nous sommes allés puiser dans les catacombes romaines, détaille-t-il. De cette source, j'en ai répertorié une cinquantaine, dont le gisant de saint Zotique qui se trouve ici dans la sacristie. Il est exposé à la manière italienne. Un mannequin en cire a été fabriqué et il en contient les ossements. »

La relique de saint François Xavier (1506-1522), « l'apôtre des Indes », l'un des premiers compagnons de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus (les jésuites), habituellement conservée à Rome, est de passage dans 14 villes canadiennes jusqu'au 2 février. Il s'agit de l'avant-bras du missionnaire jésuite, réputé pour avoir baptisé plus de 100 000 personnes. L'état de préservation de son corps avait frappé les médecins de son temps. Aujourd'hui, cinq siècles plus tard, l'état de conservation du corps est toujours remarquable, mais on note la disparition de la flexibilité des membres et l'aspect désormais momifié du corps.

Au nombre des prodiges qui sont attribués à saint François Xavier figure le sauvetage miraculeux d'une chaloupe et de ses deux occupants musulmans perdus dans la tempête en septembre 1551, ou encore le célèbre « miracle du crabe »: après avoir involontairement laissé échapper un crucifix dans les flots, François Xavier put le récupérer sur une plage voisine, grâce à un crabe qui déposa l'objet consacré à ses pieds. Des grâces et des guérisons innombrables sont toujours obtenues à son intercession.

 

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Guerre du Yémen : ce qu’en dit un houthi de passage au Liban...

Un peu plus de Médéa AZOURI

Visconti et les lahem baajine

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué