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Liban

Nasrallah : La contestation en Iran est terminée

Partis
M.K. | OLJ
04/01/2018

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé hier que le mouvement de contestation populaire en Iran est terminé, faisant écho aux propos du chef des Gardiens de la révolution iranienne, Mohammad Ali Jaafari, qui avait annoncé plus tôt « la fin de la sédition ».
« La contestation a été surmontée, comme l'a annoncé le leadership iranien (...) », a affirmé Hassan Nasrallah, lors d'un entretien accordé à la chaîne panarabe al-Mayadine. « Ce mouvement de contestation, qui a été instrumentalisé par certains, va pousser les responsables iraniens à dépasser leurs clivages », a-t-il ajouté.
Selon le leader chiite, « ce qui se passe (en Iran) n'est pas politique et ne ressemble pas au mouvement de contestation de 2009 », lorsque des centaines de milliers d'Iraniens avaient manifesté dans la rue contre la réélection de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad.
« La situation économique est l'un des plus grands défis en Iran. Le guide suprême et tous les responsables iraniens reconnaissent cela. Nous devons écouter les doléances des manifestants, mais nous devons nous méfier des ennemis », a-t-il concédé.

Les espoirs de Trump « douchés »
« Les espoirs de Donald Trump ont été douchés, et ils le seront à l'avenir, de même que ceux des responsables saoudiens et tous ceux qui ont misé sur une chute du régime en Iran ou même une guerre civile dans le pays », s'est félicité le chef du Hezbollah.
« Je rassure le public de la résistance, il n'a pas de soucis à se faire. Les manifestations s'arrêteront dans quelques jours, si Dieu le veut. Il y a des rapports des services de renseignements américains et israéliens qui affirment que le mouvement de contestation est terminé », a-t-il ajouté.
Interrogé sur un autre plan sur le montant de l'aide iranienne au Hezbollah, le chef du parti chiite a refusé d'y répondre : « Ce genre de question n'a pas de réponse », a-t-il lancé en souriant. Et Hassan Nasrallah d'ajouter : « S'il est demandé aux Iraniens d'apporter une aide populaire à la résistance, ces derniers répondront à cet appel. »

« Risque de guerre »
Hassan Nasrallah a ensuite évoqué la question de Jérusalem, accusant Donald Trump d'avoir « mis un terme au processus de paix et au compromis » en se prononçant sur Jérusalem, et d'opter « pour la confrontation ». Il a répété que toute aide extérieure doit être accordée au peuple palestinien. « Lorsque nous parlons d'aide, nous ne parlons pas de guerre ou de conflit armé. Mais d'une intifada populaire », a-t-il assuré. « Le soutien en arme à la résistance palestinienne ne s'est jamais arrêté, il n'est pas un corollaire de la décision sur Jérusalem. Un programme à ce niveau est fonctionnel. Cela est une constante », a-t-il expliqué de manière évasive.
Hassan Nasrallah s'est ensuite montré alarmiste concernant la situation au Moyen-Orient.
« Il y a quelque chose qui se prépare dans la région. (...) Mais notre projet n'est pas celui de la guerre. Notre projet est celui de la résistance, qui est différente de la guerre. Mais Trump et (le Premier ministre israélien) Netanyahu pousseront probablement à la guerre. Je ne veux pas effrayer le public, mais il y a un risque de guerre. Il est possible qu'elle soit lancée contre le Liban. Ou la Syrie. Et je ne fais pas de guerre psychologique en avançant de tels propos. Nous nous préparons à l'éventualité d'une guerre, un jour. Les mouvements de résistance et les pays qui soutiennent cet axe doivent se préparer à transformer cette éventuelle guerre en une opportunité », a-t-il insisté.

« Assad restera au pouvoir »
Concernant la Syrie, il a affirmé que ses troupes se trouvaient en territoire syrien avant 2011 « dans le cadre d'une coordination » avec Damas, estimant que c'est à Bachar el-Assad que revenait le mérite de la victoire réalisée contre les jihadistes. « Nous aurions pu triompher de Daech plus tôt s'il n'était pas soutenu par les Américains », a-t-il dit.
« Nous sommes face à une grande victoire en Syrie, mais cette victoire n'est pas définitive », a-t-il ajouté. « La victoire finale sera à travers la solution politique à la guerre », a-t-il noté.
« Il est normal que notre présence dans le sud de la Syrie inquiète, et la résistance s'y trouve effectivement dans un cadre défensif, et Israël craint fortement cela », a-t-il souligné, précisant que « la résistance syrienne se trouve dans la sud de la Syrie » et que l'objectif est « la libération du Golan ».
« Le retrait du Hezbollah de Syrie est tributaire du résultat de la guerre dans ce pays. Et le président Assad restera en poste jusqu'à la fin de son mandat, et sera peut-être candidat aux prochaines élections », a en outre affirmé Hassan Nasrallah. « Nous n'hésiterons pas à défendre la Syrie si Israël l'agresse », a-t-il affirmé, précisant qu'il avait rencontré le président Assad il y a quelques semaines.

Le Liban sauvé d'une guerre civile
Au niveau local, Hassan Nasrallah a répété que « la résistance au Liban est plus forte que jamais. Cela est un fait ».
Au sujet de la polémique entre le président de la République, Michel Aoun, et le président de la Chambre, Nabih Berry, autour du décret de la promotion 1994, le chef du Hezbollah a estimé que « dans ce genre de situation, nous préférons agir plutôt que parler ». « Nous déployons nos efforts entre deux amis pour résoudre le problème », a-t-il indiqué. « Certains au Liban tentent de créer des tensions, mais nous cherchons des solutions au problème à travers le dialogue et le respect de la Constitution », a-t-il affirmé.
Concernant la démission forcée de Saad Hariri en novembre dernier, Hassan Nasrallah a indiqué que ce dernier « avait été tenu de nier qu'il était détenu en Arabie saoudite, afin de préserver ses relations avec le royaume ». « Le Liban a été sauvé d'une guerre civile, du chaos et d'un plan dangereux qui se tramait contre lui. Des pays alliés à l'Arabie ont informé des responsables libanais des plans de Riyad. La France détenait également ces informations », a poursuivi Hassan Nasrallah. Il a toutefois démenti avoir été contacté personnellement par le Premier ministre. « Il y a eu des contacts entre M. Hariri et des responsables du Hezbollah. Je n'ai pas d'inconvénient à le rencontrer, mais je ne veux embarrasser personne », a-t-il ajouté, avant d'accuser Riyad de tenter d'obtenir « une victoire sanglante » au Yémen.

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Tony BASSILA

Le ton conciliant de Nasrallah est apprécié. Cependant le régime répressif en Iran doit être condamné fermement. Les autorités policières iraniennes suivent le même parcours que le régime syrien de Bachar al-Assad lorsque les forces de l'ordre en 2011 tiraient à balles réelles sur les manifestants désarmés et pacifiques dont des centaines puis des milliers par la suite, ont péri.

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