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Économie

La TVA fait son entrée en Arabie saoudite et aux Émirats

Fiscalité

L'application de cet impôt indirect en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis devrait rapporter 21 milliards de dollars aux deux pays en 2018.

OLJ/Agences
03/01/2018

Alors que le Liban a entamé la nouvelle année en augmentant sa TVA d'un point (à 11 %), l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont introduit lundi, pour la première fois de leur histoire, cet impôt indirect sur la consommation, avec un taux de 5 %.

Une première pour des pays du Golfe dont les habitants profitaient jusqu'à présent d'une absence de taxes et d'importantes subventions, mais dont les finances ont été durement touchées par la chute des cours du pétrole entre 2014 et 2016, obligeant par exemple Riyad à lever en octobre 2016 son premier emprunt international.

 

Recommandation du FMI
L'instauration de la TVA de 5 % par Riyad figure parmi les dernières en date d'une série de mesures introduites par les monarchies pétrolières du Golfe au cours des deux dernières années pour trouver de nouvelles recettes et résorber leur déficit budgétaire. Son introduction avait fait l'objet en juin 2016 d'un accord entre les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).

L'application de cette mesure avait été recommandée début 2016 par la présidente du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. Cette dernière avait en effet expliqué, lors d'un forum à Abou Dhabi, que les pays exportateurs de brut de la zone MENA devaient impérativement « renforcer leurs cadres fiscaux et remanier leurs systèmes de taxation en réduisant leur forte dépendance vis-à-vis du pétrole et en stimulant les sources de revenus non liées aux hydrocarbures ».

 

(Lire aussi : L'Arabie saoudite prévoit un budget 2018 en déficit pour la 5e année consécutive)

 

 

La TVA nouvellement introduite en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, qui s'applique à la majorité des biens et services, devrait rapporter aux deux pays un total de 21 milliards de dollars en 2018, soit l'équivalent de 2 % de leur PIB, selon des analystes. Bahreïn, le Koweït, Oman et le Qatar ont, pour leur part, décidé de repousser son introduction à 2019.

En parallèle, l'Arabie saoudite a également annoncé dimanche soir une hausse de 127 % et de 83 % du prix du litre selon le type d'essence, avec un effet immédiat à partir du 1er janvier. La hausse des prix des carburants dans ce pays est la deuxième en deux ans, mais l'essence dans le royaume reste parmi les moins chères au monde. Les prix du diesel et du kérosène sont restés inchangés. Le mois dernier, Riyad a également augmenté le prix de l'électricité.

L'Arabie saoudite a accumulé ces quatre dernières années 258 milliards de dollars de déficit budgétaire. Il devrait atteindre 52 milliards de dollars en 2018, selon les autorités du royaume. Ces dernières ont en outre indiqué en décembre miser sur la conduite d'une politique de relance volontariste – avec les dépenses les plus élevées de l'histoire du pays – afin de stimuler la croissance, espérée à 2,7 % en 2018, contre une contraction de 0,5 % en 2017 – une première en huit ans. Le pays va enfin continuer à afficher des déficits budgétaires jusqu'en 2023, a prévenu le roi Salmane. Pour y faire face, le royaume a puisé dans ses réserves à hauteur de 250 milliards de dollars depuis 2014 et emprunté 100 milliards de dollars de plus.

La tendance est assez similaire côté émirati. Début décembre, Abou Dhabi a adopté un budget record en 2018, qui inclut notamment le financement des grands projets d'infrastructures pour l'Exposition universelle 2020. Ces dépenses – de l'ordre de 15 milliards de dollars, soit en hausse de 19,5 % par rapport à 2017 – vont faire grimper le déficit de l'émirat à son plus haut niveau depuis 2010 (à l'équivalent de près de 1,7 milliard de dollars, soit plus du double de celui de 2017).

 

Pour mémoire

La TVA libanaise à 11 % à partir de lundi

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