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Quand le gouvernement Rabin accueillait avec réticence les velléités US au sujet de Jérusalem

Histoire

En 1995, en plein processus de paix, les responsables israéliens se montraient tièdes face à un texte présenté au Sénat américain en vue d'obtenir le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à la Ville Sainte.

06/12/2017

Le président américain actuel, Donald Trump, a annoncé, mercredi soir, la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d'Israël, et le transfert de l'ambassade des Etats-unis de Tel-Aviv où elle est actuellement implantée, à Jérusalem, une de ses promesses de campagne, et cela malgré les nombreuses mises en garde internationales contre une telle décision aux conséquences imprévisibles. Cette reconnaissance a été saluée par par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu qui, comme il le rappelé mardi encore, considère Jérusalem comme "la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans et la capitale d'Israël depuis 70 ans". Après la déclaration de Donald Trump, Benjamin Netanyahu a salué un "jour historique".

Il fut pourtant un temps où les responsables israéliens n'étaient pas aussi enthousiastes face aux velléités américaines de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État hébreu.

 

(Lire aussi : Trump, fossoyeur de la politique historique des États-Unis sur Jérusalem ?)

 

"Torpiller les négociations de paix"

En 1995, le sénateur républicain Bob Dole, candidat à l'élection présidentielle de 1996, propose au Sénat américain une résolution, le Jerusalem Embassy Act, visant à faire reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, alors que son adversaire démocrate, le président sortant Bill Clinton, est engagé dans le parrainage du processus de paix au Proche-Orient. Le texte proposé par le sénateur Dole vise à financer la relocalisation de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem "(qui) est depuis 1950 la capitale de l'État d'Israël".

Au moment où cette loi est proposée, le gouvernement israélien, dirigé par Yitzhak Rabin, se montre plutôt réticent face à l'éventualité d'une relocalisation de l'ambassade américaine, alors que de grandes avancées ont été enregistrées dans le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.

Dans une édition internationale du magazine américain Time de mai 1995, il est rapporté que "l'administration du président Clinton, tout comme le gouvernement israélien, soutiennent le principe de déménager l'ambassade mais préféreraient que le processus de paix soit stabilisé avant de traiter la question explosive du statut de Jérusalem". Une façon polie de repousser le texte législatif en question pour ne pas mettre en danger les pourparlers entre Israël et les Palestiniens, très intenses à l'époque et qui tournaient autour de la mise en place de l'Autorité palestinienne.

Un porte-parole du Premier ministre israélien de l'époque, Yitzhak Rabin, avait alors accusé le Likoud, parti israélien de droite, d'être à l'origine du Jerusalem Embassy Act afin de "torpiller les négociations pour la paix". 

Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères à l'époque, avait de son côté affirmé que "les États-Unis n'ont pour le moment pas besoin que nous nous impliquions dans cette affaire". Son collègue des Communications, Shulamit Aloni, avait quant à lui déclaré que "si les Américains décident de relocaliser immédiatement leur ambassade, ils seront tenus responsables de provoquer des tensions dont nous pourrions nous passer".

 

Repoussée tous les six mois

En dépit de cette "tiédeur" israélienne, la proposition de loi du sénateur Dole a été votée au Congrès en octobre 1995. Elle est contraignante pour le gouvernement américain mais une clause lui a toutefois été ajoutée, permettant aux présidents de repousser son application chaque six mois en vertu « d'intérêts de sécurité nationale ».

Les présidents Clinton, Bush junior et Obama ont ainsi méthodiquement actionné la clause de report tous les six mois, en écho à la communauté internationale qui ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur Jérusalem et considère Jérusalem-Est – annexée par Israël – comme territoire occupé.

De fait, toutes les ambassades étrangères sont établies à Tel-Aviv, la capitale reconnue de l'État hébreu. C'est jusqu'ici aussi le cas des États-Unis, qui, sous toutes les administrations, démocrates et républicaines, ont considéré Jérusalem comme un "corpus separatum". Donald Trump a changé la donne.

 

 

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