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Liban

Le choc de la démission de Hariri, positif ou temporaire ?

Éclairage
25/11/2017

Le choc occasionné par la démission surprise du Premier ministre Saad Hariri depuis Riyad le 4 novembre et le sursis qu'il s'est octroyé à son retour à Beyrouth, à la demande du président de la République Michel Aoun, coïncide avec d'importants développements régionaux. Des efforts sont actuellement entrepris, par les Russes notamment, en vue de mettre fin à la crise syrienne à travers un large compromis dans une sorte de Taëf syrien, concocté par les Russes en coordination avec les États-Unis, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Iran.

Ce que la crise qui a récemment éclaté au Liban a prouvé, c'est que les forces internationales et régionales sont attachées à la stabilité de ce pays afin d'éviter que la scène locale ne soit utilisée comme boîte postale par certaines parties lésées par les règlements en cours. C'est ce qui explique les efforts internationaux, notamment égyptiens et français, en vue d'une sortie de crise et d'une distanciation du Liban par rapport aux conflits régionaux.

Pour sa part, le président Aoun a réussi à gérer cette crise avec professionnalisme et sens des responsabilités. Il poursuit ses pourparlers avec les différentes parties politiques en vue de les convaincre du bien-fondé de sa démarche, s'éloignant sciemment de la formule de la table de dialogue, qu'il désapprouve et considère comme nuisible au fonctionnement des institutions, même quand il y participait lui-même. Sans compter que le Hezbollah est lui aussi très réticent à participer à une table de dialogue où la question de ses armes serait à nouveau discutée.

Face à toutes ces données, certaines sources affirment que la coordination se poursuit bel et bien entre le président Aoun, le président du Parlement Nabih Berry, le Premier ministre Hariri et le député et leader druze Walid Joumblatt, en vue de consolider le compromis politique et la politique de distanciation. Avec comme perspective d'annoncer ultérieurement une nouvelle formule de la déclaration de Baabda et d'inviter les parties politiques à s'y conformer.

 

(Lire aussi : De quoi cette fameuse « distanciation » est-elle le nom ?)

 

Selon des sources parlementaires proches du Hezbollah, le parti chiite ne se positionne pas hors de cette entente nationale, d'autant plus qu'il analyse bien les développements dans la région. Les positions affichées par son secrétaire général Hassan Nasrallah dans ses derniers discours reflètent bien cet attachement à la stabilité interne et aux acquis politiques. Le parti a d'ailleurs assuré le président Aoun de son soutien total à sa position, et Hassan Nasrallah s'est entretenu longuement et discrètement avec M. Berry, lui laissant le soin, comme d'habitude, de la coordination avec les différentes forces en présence.

Cette malléabilité constatée dans les positions des différents partis politiques libanais, notamment le Hezbollah, est interprétée par certains comme découlant d'une pression russe en vue d'un règlement en Syrie. Les Russes cherchent donc un apaisement au niveau des différentes scènes régionales, après la défaite de Daech en Syrie et en Irak : l'objectif serait de pousser les milices à quitter ces pays et laisser la sécurité aux mains des seules forces armées. Un responsable arabe note, à ce propos, que l'année 2018 sera celle des règlements dans les pays de la région. La sécurisation des frontières, notamment les frontières libanaises, est indispensable dans ce cadre si l'on veut empêcher la fuite des combattants avec leurs armes.

Dans ce contexte, des observateurs assurent que le choc occasionné par la démission de Saad Hariri était positif, dans le sens où il a fédéré les différentes composantes du pays autour des institutions officielles et de l'attachement à la stabilité. Selon des informations concordantes, Saad Hariri restera au Sérail jusqu'à ce qu'une nouvelle formule, née des concertations présidentielles, soit annoncée.
D'autres milieux politiques pensent toutefois que cette trêve ne servira qu'à donner du temps pour finaliser les contrats sur le forage du gaz et du pétrole et signer les décrets qui s'y réfèrent, afin de mettre le train sur les rails en attendant que l'atmosphère de l'avant-4 novembre ne redevienne de mise...

Un facteur d'incertitude : les Forces libanaises (FL). Ce parti insiste pour que le sujet des armes du Hezbollah soit mis sur la table afin d'être discuté dans le cadre de la stratégie de défense. Ce point de divergence pourrait pousser les ministres FL à quitter le gouvernement, en signe de refus de ce nouveau compromis politique et en guise de soutien aux revendications lancées par Saad Hariri dans son discours de démission.

 

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Henrik Yowakim

Avec comme perspective d'annoncer ultérieurement une nouvelle formule de la déclaration de Baabda et d'inviter les parties politiques à s'y conformer.

BELLE PERSPECTIVE POUR DE NOUVEAUX MARCHÉS DE DUPES

AVEC COMME POINT D'ORGUE LA PROMESSE DU HEZBOLLAH DE S'Y CONFORMER

ENSUITE AVEC LE REFUS DU HEZBOLLAH DE S'Y CONFORMER AU NOM DE LA RÉSISTANCE AU PROJET AMÉRICANO/SIONISTE

ENSUITE AVEC LA SOUMISSION DES PARTIES SIGNATAIRES A CETTE NOUVELLE ANCIENNE SITUATION

AU NOM ,COMME D'HABITUDE DE LA "STABILITÉ" POLITIQUE DU PAYS ET "L'INTÉRÊT SUPÉRIEUR DE LA NATION"

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