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Conflit syrien : les enjeux du sommet en Russie avant les négociations à l'ONU

Pourquoi ce sommet ? Sur quoi peut-il déboucher ? Quid du sort d'Assad ? Quels autres points d'achoppement ?

 

Le président russe Vladimir Poutine réunit mercredi à Sotchi les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani pour rapprocher leurs positions sur le conflit syrien. Sur cette photo, il salue le président syrien Bachar el-Assad qui quittait Sotchi le 20 novembre 2017 après un entretien surprise entre les deux hommes. Sputnik/Mikhail Klimentyev/Kremlin via REUTERS

Pourquoi ce sommet ? Sur quoi peut-il déboucher ? Quid du sort d'Assad ? Quels autres points d'achoppement ?

 

Le président russe Vladimir Poutine, qui a reçu mardi le président syrien Bachar el-Assad,  réunit mercredi à Sotchi (sud-ouest) les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani pour rapprocher leurs positions sur le conflit syrien à quelques jours de la reprise de pourparlers sous l'égide de l'ONU à Genève le 28 novembre.

 

Pourquoi ce sommet ?

La Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens, parrainent le processus d'Astana, la capitale kazakhe.

A sept reprises cette année, ces négociations initiées par Moscou ont permis de mettre autour de la même table des représentants du régime et de l'opposition en se concentrant sur les questions militaires et techniques, alors que les pourparlers politiques de Genève étaient au point mort.

Ces pourparlers ont abouti à une baisse de tension sur le terrain avec la création de quatre "zones de désescalade". Moscou voudrait s'appuyer sur ce résultat pour relancer le processus politique maintenant que son intervention militaire a permis à l'armée de Bachar el-Assad de reprendre le dessus face aux rebelles et au groupe jihadiste État islamique.

"Il y a trois pays qui comptent pour la future trajectoire de la Syrie et ce ne sont ni les États-Unis ni les pays arabes", constate Randa Slim, experte du Middle East Institute. "Nous voyons de plus en plus de synchronisation entre ces pays".

 

(Pour mémoire : Trump et Poutine "d'accord pour dire que le conflit en Syrie n'a pas de solution militaire")

 

 

Sur quoi peut-il déboucher?

"La Russie veut avoir des alliés à Genève", estime l'expert russe Alexeï Malachenko. "Cela se passe difficilement car il faut se mettre d'accord à trois: chacun a ses intérêts, sa vision". Selon lui, "il y a une chance (...) de montrer au moins qu'il y a des positions communes", mais pour autant "les parties n'arriveront pas à un accord concret".

Les trois chefs d'État doivent discuter d'un éventuel "Congrès de dialogue national syrien" réunissant en Russie régime et opposition, idée lancée fin octobre mais rejetée par l'opposition, qui reste attachée au processus de Genève.

 

Quid du sort d'Assad ?

C'est le point sur lequel se sont heurtées toutes les initiatives pour trouver une issue politique à un conflit qui a fait plus de 330.000 morts en six ans.

Pour Moscou et Téhéran, le départ de cet allié provoquerait le chaos, tandis que les rebelles soutenus par Ankara refusent, tout comme les Occidentaux, toute solution dont il ferait partie vu les exactions commises selon eux par le régime. Mais le président syrien, au pouvoir depuis 2000, se trouve aujourd'hui en position de force vu la situation sur le terrain. Les États-Unis comme la France ne font plus de son départ un préalable.

Même Ankara, tout en réclamant son départ, pourrait se montrer plus conciliant dans les coulisses.
"Il est plus important pour la Turquie de garder son mot à dire dans de futures négociations politiques que de voir Assad quitter le pouvoir", juge Timur Akhmetov, du think tank Conseil russe des affaires étrangères.
Scénario avancé par Randa Slim du Middle East Institute: "Il semble que l'on se dirige vers la tenue d'élections parlementaires anticipées (...) mais que son destin sera fixé" seulement à la fin de son mandat en 2021.

 

(Lire aussi : L'Iran déclare la "victoire" sur l'Etat islamique)

 

 

Quels autres points d'achoppement?

Le sort d'Assad ne constitue pas la seule préoccupation de la Turquie, qui semble depuis un an soucieuse d'enrayer l'expansion des milices kurdes YPG dans le nord de la Syrie.

Ankara considère les YPG comme l'extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux qui mène depuis trois décennies une sanglante guérilla contre les forces de sécurité turques.

Entre les chefs d'État réunis à Sotchi, "l'une des différences porte sur la manière dont les Kurdes vont participer (aux pourparlers de) Genève", constate Noah Bonsey, analyste de l'International Crisis Group, se disant sceptique quant à de possibles concessions turques à ce sujet.

Cet expert juge ainsi "difficile à croire" que le sommet de Sotchi puisse aboutir à des progrès significatifs vu les divergences entre ses acteurs et en l'absence d'autres acteurs majeurs comme les États-Unis, l'Arabie saoudite ou la Jordanie.

 

Pour mémoire
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