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Campus

« Il ne suffit pas d’avoir un diplôme, il faut également posséder des compétences »

ENTRETIEN

Construire le nouvel espace universitaire francophone comme réponse aux grands défis auxquels font face les établissements, tel est l'objectif principal de l'AUF pour les prochaines années, confie Sorin-Mihai Cîmpeanu.

18/11/2017

En réponse aux besoins des établissements membres d'enseignement supérieur et de la recherche face aux grands défis qu'ils rencontrent et en mettant en avant la solidarité active entre ses universités partenaires, l'AUF entend construire le nouvel espace universitaire francophone (NEUF).

« Neuf, c'est également le nombre des priorités sur lesquelles repose notre nouvelle stratégie », précise Sorin-Mihai Cîmpeanu, président de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF), de passage au Liban pour le colloque annuel de l'AUF organisé à Beyrouth les 7 et 8 novembre. Homme aux multiples casquettes, le recteur de l'Université des sciences économiques et de médecine vétérinaire de Bucarest, député au Parlement de la Roumanie et membre de la délégation du Parlement de la Roumanie à l'Assemblée parlementaire de la francophonie (APF), a défini pour « Campus » la nouvelle stratégie de l'AUF adoptée à la 17e assemblée générale de Marrakech au mois de mai dernier. « Le premier défi est celui de la qualité. La qualité de la formation, celle des étudiants, mais aussi celle des enseignants, la qualité de la recherche scientifique et celle de la gouvernance des établissements d'enseignement supérieur. »

Le deuxième volet de la nouvelle stratégie de l'AUF porte sur l'employabilité et l'insertion professionnelle des diplômés. Pour trouver des solutions concrètes aux difficultés d'intégration des diplômés sur le marché de l'emploi, l'AUF veut intensifier le dialogue entre le monde académique et les milieux économiques, mieux « adapter les formations offertes aux besoins socio-économiques » et encourager chez les étudiants l'esprit entrepreneurial. « Les entreprises apprécient de moins en moins les diplômes. Elles recherchent des habiletés. Aujourd'hui, avec la technologie, nous avons accès en un clic aux connaissances et à l'information. Il faut que les diplômés sortent des universités avec des compétences. Il ne suffit pas d'avoir des diplômes », insiste le président de l'AUF. Une constatation que cet ancien ministre de l'Éducation et de la Recherche scientifique en Roumanie avait déjà faite il y a une quinzaine d'années. Alors professeur en génie, il avait recruté ses étudiants les plus brillants pour l'entreprise multinationale qu'il dirigeait. « À mon grand étonnement, les bons résultats universitaires des diplômés que j'ai sélectionnés ne se sont pas traduits par de bonnes compétences dans le milieu du travail », confie-t-il.

« Le rôle des établissements d'enseignement supérieur comme moteur de développement local et régional est au sein de notre troisième grand défi », poursuit le président de l'AUF, qui entend renforcer la contribution des établissements membres au développement économique, social, environnemental, culturel, linguistique et interculturel. Et d'ajouter : « Les universités ont un rôle important à jouer dans la promotion de la paix et de la diversité culturelle. »

 

Égalité hommes/femmes
Le très dynamique président de l'AUF confie que parmi toutes les fonctions qu'il a occupées dont le poste de Premier ministre par intérim du gouvernement de la Roumanie en 2015, « être le président de l'Agence universitaire de la francophonie est le plus honorable ». « C'est également une grande responsabilité. Les objectifs sont très importants et la couverture de l'AUF est très large », souligne Sorin-Mihai Cîmpeanu.

Répondant à une question sur le rôle de l'AUF dans la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes auprès de ses établissements membres, le président de l'AUF est revenu sur la conférence internationale des femmes de la francophonie, organisée à Bucarest les 1 et 2 novembre par la Roumanie et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) sous le thème « Création, innovation, entrepreneuriat, croissance et développement : les femmes s'imposent ». Et de préciser : « Un réseau de femmes francophones entrepreneuses a été mis en place au cours de cette conférence. Et je me suis vu recevoir une décoration de la part de l'ONU-section femmes pour le soutien de l'égalité hommes/femmes, et dont je suis très fier. »

 

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