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Plus de 60 morts en Syrie dans des raids aériens sur un marché

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L'OSDH n'était pas en mesure de préciser si ces frappes aériennes avaient été menées lundi par des avions du régime syrien ou de son allié russe dans la ville d'Atareb.

OLJ/AFP
14/11/2017

Au moins 60 personnes, essentiellement des civils et des enfants, ont été tuées dans des raids aériens sur un marché d'une localité rebelle, dans une "zone de désescalade" du nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Nombre de blessés sont décédés, portant le bilan à 61 morts, dont cinq enfants et trois policiers", a indiqué l'ONG dont le bilan précédent était de 53 morts.

L'OSDH n'était pas en mesure de préciser si ces frappes aériennes avaient été menées lundi par des avions du régime du président syrien Bachar el-Assad ou de son allié russe dans la ville d'Atareb.
Les sources sur lesquelles se base l'OSDH identifient les auteurs des frappes en fonction du type d'avion, de leur localisation et des munitions utilisées.

Atareb, située dans l'ouest de la province d'Alep et contrôlée par différents groupes rebelles, a été la cible de trois frappes aériennes, a précisé l'ONG, estimant que le nombre de morts pourrait être revu à la hausse en raison du grand nombre de blessés dont certains dans un état grave.

Après ces raids, un photographe collaborant avec l'AFP a fait état de scènes de panique parmi les habitants tentant d'évacuer les blessés. Les destructions sont massives, avec des décombres de bâtiments jonchant les rues, a-t-il rapporté.

Au milieu des gravats, des hommes de la protection civile se sont joints aux habitants pour venir en aide aux victimes. Parmi ces habitants, un homme, bonnet sur la tête, tenait dans ses bras un jeune enfant en pleurs, vêtu d'un pull rose et un pied dénudé, a constaté ce photographe.
Dans un autre endroit, parmi les corps alignés sur le sol, les dépouilles partiellement recouvertes de trois enfants, les visages tachés de sang.
Sur le marché, d'autres habitants, manifestement hébétés, se tenaient devant les étals de fruits et légumes encore visibles sous une pellicule de poussière.

Quatre zones de désescalade ont été instaurées dans plusieurs régions syriennes, et des cessez-le-feu y sont en principe observés entre les forces du régime et les rebelles.
Une de ces zones comprend la province d'Idleb -la seule dans le nord-ouest syrien à échapper au régime- mais aussi une partie des provinces voisines de Hama (centre), d'Alep (nord) et de Lattaquié (ouest).

 

(Lire aussi : L'EI reprend au régime syrien la ville de Boukamal)

 

"Faire quelque chose de ce bazar"
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont prôné lundi à Sotchi une avancée du processus politique en Syrie pour mettre fin à la violence.

Bien que la Russie soit un allié du régime de Damas à l'inverse de la Turquie qui soutient des rebelles, les deux pays ont travaillé ensemble ces deux dernières années pour mettre fin à la guerre, notamment par le biais du processus de paix d'Astana, au Kazakhstan, dont ils sont les parrains avec l'Iran.
Ces efforts communs ont notamment abouti à la mise en place de zones de désescalade dans certaines régions de la Syrie, permettant une diminution des violences sans jamais les faire cesser complétement.

La coalition menée par les Etats-Unis ne quittera pas la Syrie tant que les pourparlers sous l'égide de l'ONU à Genève n'auront pas progressé, a de son côté prévenu lundi le ministre américain de la Défense Jim Mattis.
"Il faut bien faire quelque chose maintenant à propos de ce bazar, et pas seulement s'occuper de l'aspect militaire et dire bonne chance pour le reste", a ajouté le ministre au cours d'un point de presse impromptu au Pentagone.

Par ailleurs, les Etats-Unis et la Russie semblent loin d'un accord sur le renouvellement de la mission du groupe d'experts JIM, chargé d'enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, trois jours avant l'échéance de leur mandat, selon des diplomates à New York.

Moscou a déposé un projet de résolution au Conseil de sécurité proposant le prolongement pour six mois du mandat du JIM et le renvoi d'experts en Syrie pour enquêter sur l'attaque chimique le 4 avril à Khan Cheikhoun (plus de 80 morts). La Russie rejette les conclusions des enquêteurs qui ont estimé fin octobre que le régime syrien était responsable de cette attaque au gaz sarin.

Les Etats-Unis ont fait circuler une contre-proposition de texte, refusant de mettre en cause le rapport et réclamant un prolongement pour 18 mois de la mission des enquêteurs qui ont encore une soixantaine d'attaques chimiques présumées à étudier.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques prodémocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

 

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Saliba Nouhad

Si quelqu’un avait tiré une soixantaine de chats ou de chiens dans un voisinage, ça aurait fait la une dans les journaux du monde et toutes les associations caritatives, de bienfaisance, écologiques et humanitaires se seraient soulevées, dénoncer ce massacre inhumain et trouver à tout prix le meurtrier pour le châtier!
Alors que là, ce ne sont que 60 civils massacrés en Syrie: fait divers qui n'émeut plus personne, et les assassins glorifiés, quelques milliers de morts en plus ou en moins, qui s’en fout....
Sauf si ce sont des armes chimiques: alors là, c’est différent.
Quelle mascarade.
Ainsi va le monde!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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Wlik Sanferlou

Allah yirhamoun et Allah yisseiid el souriyés qu'ils éloigne d'eux ce régime malicieux et ses amis pervers!

Assad Fakhouri

Le tyran de Damas crie victoire
Le Hezbollah crie victoire
L'Iran crie victoire
La Russie crie victoire
Les 60 morts apprécient cette victoire !!!!!
Cette guerre est loin de finir, soit militairement, soit par la politique.
Pour nous libanais , on hérite du Hezbollah, enflammé par sa "victoire" syrienne, de porter la guerre sur notre territoire.

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