Rechercher
Rechercher

À La Une - Yémen

Les Houthis menacent d'étendre le conflit yéménite à l'Arabie et aux Emirats

La tension entre Riyad et Téhéran à son paroxysme.

Une capture d'écran d'une vidéo montrant, selon les médias rebelles yéménites, le tir d'un missile balistique dirigé contre l'aéroport de Riyad, le 5 novembre 2017. Photo Houthi Military Media Unit via REUTERS TV

Les rebelles chiites houthis ont menacé mardi de riposter au durcissement du blocus contre le Yémen par des tirs de missiles contre les aéroports et les ports saoudiens et émiratis, exacerbant la tension entre Riyad et Téhéran.

Ces menaces font suite à une déclaration d'une rare violence du prince héritier saoudien accusant l'Iran "d'agression directe" contre son pays après un tir de missile balistique par les rebelles houthis sur Riyad.
"L'implication de l'Iran dans la fourniture de missiles aux (rebelles) Houthis est une agression militaire directe par le régime iranien et pourrait être considéré comme un acte de guerre contre le royaume", a dit Mohammed ben Salmane.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, est allée dans le même sens, déclarant que "le régime iranien confirme une fois encore son complet mépris à l'égard de ses obligations internationales".
"Les Etats-Unis sont engagés à tout faire pour s'opposer aux actions déstabilisatrices de l'Iran et ne fermeront pas les yeux face aux violations graves du droit international par le régime iranien", a-t-elle insisté.

Peu auparavant, Téhéran avait rejeté l'affirmation du prince héritier saoudien, le ministre des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif la jugeant "contraire à la réalité".
Les rebelles chiites houthis ont affirmé quant à eux n'avoir reçu aucun missile iranien. Ils disent avoir développé ces engins par leur propres moyens et ont menacé d'en tirer sur les "ports, les aéroports, les postes frontaliers et les installations vitales" en Arabie saoudite et aux Emirats arabes en cas de maintient du blocus.

 

(Lire aussi : Violente passe d’armes entre l’Arabie saoudite et l’Iran)

 

Options "radicales"
"Nous ne resterons pas les bras croisés et étudierons des options plus importantes et plus radicales pour empêcher le renforcement du blocus contre le peuple yéménite et (les mesures) visant à l'affamer et à l'humilier", ont souligné les rebelles dans un long communiqué.

Lundi, déjà, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite -les deux grands rivaux du Moyen-Orient- avaient échangé de violentes accusations sur le Yémen, pays en guerre où ils soutiennent des camps opposés.
La tension est montée après l'interception samedi soir au-dessus de la capitale saoudienne d'un missile balistique tiré par les rebelles houthis soutenus -pour le moins politiquement- par l'Iran.
Des débris de l'engin sont tombés dans le périmètre de l'aéroport international de Riyad, soulignant les risques pour le trafic civil.

Depuis mars 2015, Riyad est à la tête d'une coalition de pays sunnites aidant les forces gouvernementales yéménites dans leur guerre contre les Houthis et leurs alliés, maîtres de la capitale Sanaa depuis septembre 2014. Le conflit a fait plus de 8.650 morts et quelque 58.600 blessés, dont de nombreux civils, et provoqué "la pire crise humanitaire au monde", selon l'ONU.
Lundi, la coalition menée par l'Arabie saoudite a souligné qu'elle se réservait le droit de riposter "de manière appropriée et au moment opportun" au tir de missile.

L'organisation Human Rights Watch (HRW), souvent critique à l'égard de l'intervention saoudienne au Yémen, n'en a pas moins considéré mardi le tir de missile sur Riyad comme un "crime de guerre apparent" des rebelles.

"Aide humanitaire vitale"
Le renforcement du blocus a, lui, été dénoncé par les Nations unies, qui se sont alarmées de l'impossibilité d'acheminer de l'aide au Yémen. "Les opérations humanitaires sont bloquées à la suite de la fermeture ordonnée par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite", a déploré le porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU à Genève, Jens Laerke.

Pour sa part, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé dans un communiqué à garder ouverts les accès du pays pour permettre l'acheminement de "l'aide humanitaire vitale".

La tension entre Riyad et Téhéran coïncide avec une purge sans précédent menée en Arabie saoudite contre des princes, ministres, anciens responsables et hommes d'affaires accusés de corruption.
Ces tensions ont poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau en deux ans, et les Bourses du Golfe ont accusé le coup mardi. La purge a été lancée par une commission de lutte contre la corruption dirigée par le prince héritier, âgé de 32 ans.

Avant l'ambassadrice américaine à l'ONU, le président Donald Trump avait apporté un soutien appuyé à l'action du roi Salmane et de son fils. "J'ai entière confiance dans le roi Salmane et le prince héritier d'Arabie saoudite, ils savent exactement ce qu'ils font", a-t-il écrit lundi sur Twitter. "Certains de ceux qu'ils traitent durement +saignent+ leur pays depuis des années!", a-t-il ajouté.

La purge témoigne d'un profond bouleversement en Arabie saoudite qui rompt avec le consensus généralement respecté au sein de la famille royale pour gérer les affaires du royaume. Elle vise en même temps à renforcer le pouvoir du prince Mohammed, engagé dans un vaste programme de réformes économiques et poursuivant sa marche vers le trône.

 

 

Lire aussi
Qui sont les hommes visés par la purge en Arabie ?

Une nouvelle politique saoudienne au Liban

Mohammad ben Salmane, ou l'hubris du pouvoir, le commentaire d'Anthony Samrani

L’Iran, ou la nostalgie de l’Empire perse

Nasrallah : La démission de Hariri a été imposée par Riyad


Les rebelles chiites houthis ont menacé mardi de riposter au durcissement du blocus contre le Yémen par des tirs de missiles contre les aéroports et les ports saoudiens et émiratis, exacerbant la tension entre Riyad et Téhéran.
Ces menaces font suite à une déclaration d'une rare violence du prince héritier saoudien accusant l'Iran "d'agression directe" contre son pays après un tir de...

commentaires (6)

LES HOUTIS... ARMÉS, MANIPULÉS ET AUX ORDRES DE L,IRAN... CONSTITUENT UNE VRAIE MENACE A LA PAIX DE LA REGION ET DU MONDE !

ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

06 h 20, le 08 novembre 2017

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • LES HOUTIS... ARMÉS, MANIPULÉS ET AUX ORDRES DE L,IRAN... CONSTITUENT UNE VRAIE MENACE A LA PAIX DE LA REGION ET DU MONDE !

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    06 h 20, le 08 novembre 2017

  • ET VOILÀ LA RÉACTION DE L’IRAN .... on s’attendait à cela

    Bery tus

    20 h 12, le 07 novembre 2017

  • Désastreuse cette rivalité entre "deux sortes de musulmans" Elle n'est pas d'aujourd'hui ...et sans aller des siècles en arrière, n'oublions pas que "le Saddam" a été tres probablement encouragé par feu le roi Khaled à son attaque de l'Iran des Ayatollahs...Révolutionnaires...qui menaçait de "renverser la table a la Mecque" Cette rivalité, encore une fois désastreuse n'a pas besoin des "encouragements funestes" des "Mécréants Occidentaux" pour mettre le moyen orient à feu et à sang. Et Israel, là dedans, posssseur de la bombe atomique, resterait il a l'abri de possibles bouleversements? Et le Minuscule Liban ne serait il pas la Victime Innocente en cas de conflit qui débuterait "par proies" Heureusement pour elle, la Turquie semble rester à l'abri du bruit de bottes

    Chammas frederico

    19 h 38, le 07 novembre 2017

  • Entre réformes économiques et tensions militaires , Riyad se porte mal , prions pour la Paix .

    Antoine Sabbagha

    18 h 26, le 07 novembre 2017

  • LE TITRE DIT LES REBELLES MENACENBT D,ETENDRE LE CONFLIT AU YEMEN ? OU PLUTOT A L,ARABIE SAOUDITE ?

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    17 h 29, le 07 novembre 2017

  • IL NE MANQUE AUX HOUTIS QUE DE FABRIQUER -SIC- DES FUSEES INTERCONTINENTALES ! L,IRAN QUI LEUR PRODIGUE DES FUSEES BALISTIQUES DECLARE AINSI DIRECTEMENT LA GUERRE A L,ARABIE ET AUX AUTRES PAYS DU GOLFE ARABIQUE...

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    17 h 27, le 07 novembre 2017

Retour en haut