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Scan TV - Scan TV

Pour la première fois, une équipe télévisée libanaise auprès des Rohingyas réfugiés au Bangladesh

Quelque 3 000 Rohingyas sont arrivés jeudi à la frontière du Bangladesh, après des jours de marche, souvent sans nourriture ni eau. Dibyangshu Sarkar/AFP

L'équipe de l'émission Tahkik dirigée par Claude Hindi emmène les téléspectateurs de la MTV ce dimanche pour une rencontre avec des réfugiés rohingyas au Bangladesh. La journaliste dénonce à travers son reportage « l'enfer » dans lequel survit cette minorité musulmane. « Les conditions dans lesquelles vivent les réfugiés syriens au Liban sont celles d'un hôtel cinq étoiles à comparer avec celles des Rohingyas », explique la journaliste. Dans son reportage, les femmes, les enfants et les vieux apparaissent totalement démunis et menacés au quotidien par des conditions de vie extrêmes.

Pris dans une vaste opération de répression militaire, plus de 600 000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh depuis fin août. La surpopulation et l'insalubrité des camps au Bangladesh, qui accueillent désormais près d'un million de Rohingyas, constituent un terreau fertile pour l'apparition de maladies. Depuis Genève, le patron de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Elhadj As Sy, a d'ailleurs averti dans un entretien avec l'AFP que le choléra était une véritable « bombe à retardement » menaçant ces réfugiés. Claude Hindi visite ces camps malsains et pointe du doigt la gravité de la situation en enregistrant leur milieu de vie et la peur qui ne quitte plus cette population désemparée.

Cette communauté constitue la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane a été retirée à ses membres en 1982, sous le régime militaire. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics, comme les écoles et hôpitaux. La Birmanie doit accorder la citoyenneté aux Rohingyas réfugiés au Bangladesh et leur permettre de revenir dans l'ouest du pays, a affirmé jeudi le haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi. « Ces personnes ne peuvent rester apatrides parce que cet État les expose à la discrimination et aux abus, comme cela a été le cas dans le passé », a souligné le responsable onusien.

Pendant des décennies, les Rohingyas, considérés par les autorités comme des « immigrants bengalais », ont été victimes de discriminations dans une Birmanie à majorité bouddhiste. M. Grandi réitère, en vain, les exigences de l'ONU depuis deux mois : arrêt des opérations militaires, acheminement sans entrave de l'aide humanitaire et retour des réfugiés dans l'Ouest birman. Un projet de résolution franco-britannique reprenant ces trois demandes sans prévoir de sanctions circule actuellement entre les 15 membres du Conseil de sécurité. Selon des diplomates, en raison d'une forte opposition de la Chine, qui soutient la Birmanie, ce projet pourrait toutefois être réduit en simple déclaration présidentielle de la plus haute instance des Nations unies.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'est rendue pour la première fois jeudi dans l'ouest de son pays où l'armée est accusée par l'ONU d'« épuration ethnique » visant cette minorité musulmane. La lauréate du Nobel de la paix doit composer avec une armée qui reste très puissante et une opinion publique largement xénophobe et antimusulmane. En attendant, les organisations humanitaires rappellent qu'elles font face à une situation d'urgence, l'aide arrivant au compte-gouttes dans cette partie de l'État du Rakhine où seule la Croix-Rouge est autorisée.

L'organisation a récemment pu distribuer de la nourriture et de l'eau à plus de 5 000 personnes qui veulent rejoindre le Bangladesh mais sont, faute d'argent, prises au piège sur des plages des rives du fleuve Naf. Car l'exode semble sans fin : quelque 3 000 Rohingyas sont arrivés jeudi à la frontière du Bangladesh, après des jours de marche, souvent sans nourriture ni eau. Tahkik, dimanche sur la MTV, 18h45.

 

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