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Attaque au gaz en Syrie : le rapport de l'ONU est "superficiel" et "amateur", selon Moscou

Washington a de son côté défendu l'instance "indépendante" qui a mené l'enquête, estimant que ses conclusions "rendent la protection apportée par la Russie" au régime Assad "encore plus incroyable".

Une photo prise le 12 juillet 2017 de l'entrée de Khan Cheikhoun en Syrie, cible d'une attaque au gaz sarin le 4 avril 2017. Photo d'archives/AFP

La Russie a dénoncé jeudi comme "superficiel" et "amateur" le rapport de l'ONU désignant le régime syrien comme responsable de l'attaque meurtrière au gaz sarin sur Khan Cheikhoun en avril, qui avait poussé Donald Trump à bombarder l'armée syrienne.

A Washington, la Maison Blanche a de son côté défendu l'instance "indépendante" qui a mené l'enquête, estimant que ses conclusions "rendent la protection apportée par la Russie" au régime de Bachar el-Assad "encore plus incroyable". "Cette attaque insensée représente la quatrième utilisation d'armes chimiques par le régime confirmée" par les enquêteurs de l'ONU, ce qui souligne sa barbarie brutale et horrible", dénonce la présidence américaine dans un communiqué.

Pour Moscou toutefois, "la mission a mené son enquête à distance, rien que cela, c'est un scandale". "Nous estimons que le rapport est très superficiel, non professionnel et amateur", a critiqué Mikhaïl Oulianov, responsable du département Sécurité et désarmement du ministère russe des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse. "Il aurait été plus honnête de reconnaître qu'il est impossible de mener une enquête dans les conditions actuelles."

Dans un rapport publié le 26 octobre, les experts se sont dits "convaincus que la République arabe syrienne est responsable de l'usage de sarin sur Khan Cheikhoun le 4 avril 2017".
L'attaque sur cette ville de la province d'Idleb, alors contrôlée par des rebelles et des jihadistes, a fait 83 morts selon l'ONU, au moins 87 dont plus de 30 enfants selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Dès le lendemain de la publication du rapport, Moscou avait critiqué des "incohérences" et des "témoignages douteux" mais précisé qu'elle livrerait plus tard une analyse détaillée, ce qu'elle a fait jeudi à renfort d'images satellites et de photos du terrain.

"Le recours au sarin constitue un fait établi mais la question, c'est par qui", a insisté M. Oulianov, dénonçant une utilisation à des fins de "représentation théâtrale, de provocation".

(Pour mémoire : Veto de Moscou à une résolution sur les armes chimiques en Syrie)

 

Renouvellement du mandat?
Selon M. Oulianov, l'aviation syrienne ne pouvait "techniquement" pas frapper Khan Cheikhoun car le Su-22 mis en cause volait à plus de cinq kilomètres des lieux. Il a regretté que les "scénarios" possibles présentés par la Russie aient été "ignorés".

Moscou a toujours affirmé que le sarin retrouvé à Khan Cheikhoun est venu de l'explosion d'un obus au sol et non d'une attaque aérienne syrienne. Se basant sur une analyse du cratère, M. Oulianov a affirmé que les rebelles avaient fait "exploser des munitions sur l'asphalte et par la suite versé du sarin".

Les images des habitants, dont de nombreux enfants, agonisants, avaient fait le tour du monde et poussé l'administration Trump à lancer une attaque sur la base aérienne d'où, selon les puissances occidentales, était parti le raid sur la ville. Dans la nuit du 6 au 7 avril, l'armée américaine avait tiré 59 missiles de croisière Tomahawk depuis deux navires américains vers la base d'al-Chaayrate.
Damas, qui dément toute implication, a accusé le rapport de l'ONU d'avoir "falsifié la vérité".

Deux jours avant la publication du document, la Russie avait opposé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet américain de résolution prolongeant d'un an le mandat des experts et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) chargés d'enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Il expire le 17 novembre.

"Les Etats-Unis implorent le Conseil de sécurité de l'ONU de renouveler le mandat" afin "de continuer à identifier les auteurs de ces attaques horribles et envoyer clairement le message que l'utilisation d'armes chimiques ne sera pas toléré", a déclaré la présidence américaine dans son communiqué, dénonçant "les tentatives de la Russie" pour "mettre fin" à la mission d'enquête.

Moscou devait présenter jeudi son propre projet de résolution pour prolonger ce mandat, a dit M. Oulianov, tandis que le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a appelé à "libérer" le travail des enquêteurs "du diktat américain".

 

Pour mémoire

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La Russie a dénoncé jeudi comme "superficiel" et "amateur" le rapport de l'ONU désignant le régime syrien comme responsable de l'attaque meurtrière au gaz sarin sur Khan Cheikhoun en avril, qui avait poussé Donald Trump à bombarder l'armée syrienne.
A Washington, la Maison Blanche a de son côté défendu l'instance "indépendante" qui a mené l'enquête, estimant que ses conclusions...
commentaires (2)

PAR DE TELLES DECLARATIONS LES RUSSES SE DECLARENT COMPLICES DU REGIME ET SONT TOUT AUSSI BLAMABLES !

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

08 h 17, le 03 novembre 2017

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Commentaires (2)

  • PAR DE TELLES DECLARATIONS LES RUSSES SE DECLARENT COMPLICES DU REGIME ET SONT TOUT AUSSI BLAMABLES !

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    08 h 17, le 03 novembre 2017

  • ET CA vous étonné ?!

    Bery tus

    19 h 31, le 02 novembre 2017

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