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Poutine à Téhéran : convergence russo-iranienne sur la Syrie

diplomatie

Le président russe a dit avoir discuté "du problème nucléaire iranien" avec son homologue iranien, Hassan Rohani.

OLJ/AFP
01/11/2017

Téhéran et Moscou se sont félicités mercredi de leur coopération sur la question syrienne à l'occasion d'une visite de Vladimir Poutine dans la capitale iranienne ayant permis également de resserrer les liens économiques entre la Russie et l'Iran, deux pays ostracisés par Washington.

"Grâce à nos efforts conjoints, ainsi qu'aux efforts de la Turquie, la situation sur le territoire (syrien) se développe très positivement en matière de lutte contre le terrorisme", a estimé le président russe lors d'un bref point de presse.

Qualifiant la Russie de "pays ami" et de "partenaire stratégique de l'Iran", le président iranien Hassan Rohani, a estimé lui aussi que "la coopération de l'Iran et de la Russie a eu un grand effet dans la lutte contre le terrorisme" en Syrie.

Après avoir reçu M. Poutine, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a insisté sur le fait que "toutes les solutions à la question du pouvoir en Syrie viennent de l'intérieur de ce pays".

Lors de la dernière visite du président russe, en novembre 2015, Téhéran et Moscou, principaux alliés du gouvernement de Damas, avaient déjà soutenu qu'aucune solution viable à la crise syrienne ne pourrait être imposée de l'extérieur.

M. Poutine a dit avoir discuté "du problème nucléaire iranien" avec M. Rohani. Celui-ci a affirmé que son hôte l'avait assuré de son soutien face aux menaces du président américain Donald Trump de dénoncer l'accord conclu en 2015 entre l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et ayant permis la levée de sanctions économiques internationales contre Téhéran en échange de garanties prouvant que la République islamique ne cherche pas à se doter de l'arme atomique.

La visite de M. Poutine a également eu un fort contenu économique. Sa venue a été l'occasion d'un rapide sommet avec M. Rohani et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev - le deuxième du genre - entre leurs trois pays riverains de la Caspienne et producteurs d'hydrocarbures.
Les trois chefs d'État ont affirmé leur volonté d'intensifier leur coopération économique, notamment dans le domaine énergétique.

 

(Pour mémoire : Accord Russie-Turquie-Iran sur la création de zones sécurisées en Syrie)


'Neutraliser les sanctions'
En marge de la visite, le géant russe des hydrocarbures Rosneft a annoncé avoir signé avec la société publique pétrolière iranienne Nioc une "feuille de route" en vue de projets d'exploitation commune de gisements de pétrole et de gaz en Iran pour un "investissement total" pouvant aller "jusqu'à 30 milliards de dollars".

Longtemps antagonistes, la Russie et l'Iran ont vu leurs relations s'améliorer avec la fin de la Guerre froide. Depuis quelques années, Téhéran et Moscou ont opéré un net rapprochement à la faveur d'intérêts géopolitiques communs.

Alors que l'Iran était au ban des nations, la Russie a accepté au milieu de la décennie 1990 de reprendre le contrat de construction de la centrale nucléaire de Bouchehr (sud) abandonné par l'Allemagne. La centrale est entrée en service en 2011 et l'agence nucléaire russe Rosatom y construit deux nouveaux réacteurs.
La Russie et l'Iran parrainent, avec la Turquie, qui soutient les rebelles, des négociations se concentrant sur les aspects militaires, humanitaires et techniques pour tenter de mettre un terme à la guerre en Syrie. La dernière édition de ces négociations s'est achevée mardi à Astana sans avancée tangible.
La visite de M. Poutine a eu lieu au lendemain de l'annonce par le Trésor américain de nouvelles directives mettant en œuvre une loi promulguée en août et instituant de nouvelles sanctions contre la Russie et l'Iran, deux pays que ce texte législatif qualifie d'"adversaires de l'Amérique".

Le guide iranien a jugé que la coopération entre Moscou et Téhéran était "utile pour lutter contre les sanctions américaines" et a estimé que l'Iran et la Russie pouvaient "neutraliser" ces sanctions "notamment en remplaçant le dollar par [leurs] monnaies nationales dans [leurs] échanges économiques".
Selon une source officielle iranienne, MM. Poutine, Rohani et Aliyev ont discuté pendant leur sommet du projet de construction d'un tronçon de chemin de fer d'environ 170 km entre l'Iran et l'Azerbaïdjan.

 

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