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Économie

Navires-centrales : l’appel d’offres toujours sans issue

Marchés publics

Les candidats recalés il y a deux semaines par la commission chargée d'étudier leurs offres n'ont pas pu se conformer aux exigences du cahier des charges.

01/11/2017

La commission nommée par la Direction des adjudications (DDA) et par le ministère de l'Énergie et de l'Eau pour évaluer les candidats à l'appel d'offres pour la location temporaire de deux navires-centrales de 400 mégawatts chacun pour le compte d'Électricité du Liban a une nouvelle fois recalé hier les dossiers de trois des quatre sociétés encore en lice.

Selon un communiqué relayé par l'Agence nationale d'information, la commission a ainsi estimé que les offres des sociétés locales BBE, Younis et MEP n'était toujours pas conformes aux deux premières sections du cahier des charges, qui contient les clauses administratives. Les sections 3 et 4 contiennent les clauses techniques tandis que la 5e est consacrée au volet financier. « La commission – composée entre autres de membres de la DDA, de fonctionnaires d'EDL et d'experts indépendants – a jugé à l'unanimité que les sociétés qui avait été recalées le 13 octobre n'étaient toujours pas conformes », a précisé à L'Orient-Le Jour une source proche du dossier. Le pli présenté par le quatrième candidat, la société turque Karadeniz, à qui l'État loue, depuis 2013 et jusqu'en 2018, deux navires-centrales déployant 370 MW, déployés à Zouk et Jiyé, n'a pas été descellé. Cette offre avait été la seule à avoir passé le cap du premier examen.

 

 

(Lire aussi : Passe d'armes entre Bou Faour et Abi Khalil)

 

 

Procédure pas annulée
« Comme il y a deux semaines, les autres candidats n'ont pas fourni plusieurs documents-clefs, comme des certificats d'expérience ou des garanties financières. Les représentants des sociétés concernées ont affirmé aux membres de la commission qu'ils n'avaient pas eu assez de temps pour se mettre à jour », note-t-elle encore. Le 20 octobre, le Conseil des ministres avait décidé d'accorder aux candidats une semaine de plus pour leur permettre de le faire avant d'être soumise à un nouvel examen de la commission. Réunie pour la première fois hier, cette dernière disposait en principe de cinq jours pour examiner les offres.

Le directeur de la DDA, Jean Ellieh, a pour sa part indiqué lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de la réunion de la commission que la procédure, bien qu'irrégulière, n'était pas annulée pour autant. « (La commission) n'a pas le pouvoir d'annuler l'appel d'offres (...) », a-t-il déclaré, affirmant que ses membres allaient présenter leur rapport à la commission ministérielle concernée. Cette dernière a été formée à l'issue du Conseil des ministres du 20 octobre pour étudier les offres retenues après le passage auprès de la DDA.

Présidée par le Premier ministre, Saad Hariri (courant du Futur), elle comprend notamment le ministre de l'Énergie, César Abi Khalil (CPL) ; celui des Finances, Ali Hassan Khalil (Amal) ; des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos (Marada) ; ou encore de la Jeunesse et des Sports, Mohammad Fneich (Hezbollah). « Le rôle de la DDA, que le Conseil des ministres avait chargée d'examiner les offres complétées et transmettre son rapport, est terminé. La balle est désormais dans le camp du gouvernement », conclut la source.

Ce nouvel épisode vient un peu plus obscurcir l'avenir d'une procédure controversée depuis le lancement d'un premier appel d'offres pour la location de navires-centrales lancé en avril dans le sillage de l'adoption par le gouvernement, fin mars, d'un plan de sauvetage du secteur de l'électricité élaboré par le ministère de l'Énergie. Cette première procédure avait été annulée par le Conseil des ministres au courant de l'été après que la DDA eut signalé qu'elle ne respectait pas l'obligation de mise en concurrence – seule l'offre de Karadeniz ayant été jugée conformes aux dispositions administratives et techniques du cahier des charges.

L'opérateur turc s'était défendu en septembre des accusations de favoritisme émanant de plusieurs sources concordantes. Il reste que la solution qu'elle propose est par ailleurs jugée trop onéreuse – plus de 4 milliards de dollars en cinq ans selon des estimations qui ont circulé en mars –, notamment par plusieurs membres du gouvernement opposés à cette solution.

 

Pour mémoire

Navires-centrales : la DDA prend acte de la décision du gouvernement

 

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