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À La Une - REPÈRE

Retour sur les plus grands exodes de réfugiés depuis la Seconde guerre mondiale

La fuite au Bangladesh, depuis fin août, d'un demi-million de musulmans Rohingyas fuyant l'armée birmane allonge la liste des exodes massifs de population depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Des réfugiés rohingyas font la queue pendant une distribution de vivres dans le camp de Thangkali au Bangladesh, le 10 octobre 2017. AFP / FRED DUFOUR

1947 : Partition Inde-Pakistan

En août 1947, l'empire britannique des Indes cède la place à deux nations indépendantes distinctes, l'Inde et le Pakistan, et déclenche l'un des plus gros déplacements de populations de tous les temps.

La Partition jette sur la route près de quinze millions de personnes : musulmans vers le nouveau territoire pakistanais, hindous et sikhs prenant la direction inverse. Environ un million d'entre elles sont massacrées au cours de ces flux croisés.

 

1948 : la "Nakba" en Palestine 

En mai 1948, au lendemain du génocide des juifs perpétrés par les nazis, Israël est créé sur une partie de la Palestine, entraînant l'entrée en guerre des armées arabes. Plus de 760 000 Palestiniens sont poussés à l'exode par l'avancée des forces juives, appelé, depuis, la "Nakba" (catastrophe en arabe) par les Palestiniens.

Leur nombre est estimé aujourd'hui avec leurs descendants, à plus de 5 millions, disséminés au Moyen-Orient.

 

 
Des combattants de la Haganah, organisation paramilitaire sioniste, expulsent des Palestiniens de la ville de Haïfa le 12 mai 1948. AFP/GETTY IMAGES

 

(Pour mémoire : Les Palestiniens commémorent le 69e anniversaire de la Nakba: plusieurs blessés)

 


1962 : Français d'Algérie 

Lors de l'indépendance de l'Algérie, en 1962, près d'un million de colons français se sont réfugiés et installés définitivement dans la métropole, que beaucoup d'entre eux ne connaissaient pas. S'y ajoutent 60 000 harkis, ces supplétifs musulmans de l'armée française que le nouveau pouvoir algérien considéraient comme des traîtres.


1971 : indépendance du Bangladesh

Au terme de neuf mois de guerre entre l'Inde et le Pakistan et d'une intervention de l'armée indienne aux côtés d'indépendantistes bangladais, le Pakistan oriental devient indépendant en décembre 1971 et se rebaptise Bangladesh. Quelque dix millions de civils ont fui le conflit pour se réfugier en Inde.

 

(Lire aussi : Le Bangladesh veut rassembler les Rohingyas dans un camp géant)

 

1975 : "boat people" 

Les victoires des communistes en 1975 au Vietnam, Cambodge et Laos, jettent plus de 3 millions de personnes hors de chez eux au cours des deux décennies suivantes. Au péril de leur vie, ils partent à bord d'embarcations de fortune pour rejoindre les pays voisins. Entre 1979 et 1982, plus de 20 pays, dont les États-Unis, l'Australie, la France, le Canada, accueilleront plus de 620 000 réfugiés indochinois.

 


Des réfugiés vietnamiens en route vers Hong Kong en juin 1979. AFP/GETTY IMAGES

 

 

Depuis 1979 : Afghanistan

En Afghanistan, lors des dix ans de guerre contre l'occupation soviétique (1979-1989), quelque six millions d'Afghans ont fui au Pakistan et en Iran. Depuis, les conflits n'ont pas cessé, entraînant d'autres mouvements de population.

Entre 2001 et 2012, environ 5,7 millions de réfugiés ont pu revenir mais les Afghans représentent encore la deuxième population de réfugiés au monde (après les Syriens) avec 2,4 millions de personnes.

 

1992 : conflit en Bosnie 

Entre 1992 et 1995, durant la guerre en Bosnie (quelque 100 000 morts) qui fait suite au démembrement de la Yougoslavie, au moins 2,5 millions de personnes ont dû quitter leur foyer, dont 500 000 se sont réfugiées dans les pays voisins et 700 000 en Europe occidentale.

 

1994 : génocide au Rwanda 

Le génocide commis au Rwanda fait environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994, parmi la minorité tutsie, ainsi que chez les Hutus modérés. Quelque 1,7 million de Hutus fuient ensuite dans les pays voisins (Zaïre, Tanzanie et Burundi) par peur des représailles.

 

Depuis 2011 : Syrie

Le conflit en Syrie, déclenché par la répression sanglante de manifestations pacifiques, a fait depuis mars 2011 plus de 320 000 morts. Il a poussé la moitié des habitants du pays à fuir leur foyer. 5,5 millions d'entre eux sont réfugiés à l'étranger, principalement dans les pays de la région (Turquie, Liban, Jordanie...) et en Afrique du Nord, et plus de six millions déplacés à l'intérieur de la Syrie.

 


Deux fillettes syriennes réfugiées dans le camp d'Azraq, dans le nord de la Jordanie, le 30 janvier 2016. AFP

 

 

(Lire aussi : Macron répond indirectement à Aoun : La France ne soutiendra aucun "retour subi" de réfugiés syriens)

 

Depuis 2013 : Soudan du Sud

Indépendant en 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3,7 millions de déplacés, un tiers de la population. Selon l'ONU, environ deux millions d'entre eux ont quitté le pays, pour rejoindre notamment l'Ouganda et le Soudan. Il s'agit d'une des pires crises humanitaires au monde. 

 


Des réfugiés sud-soudanais se rassemblent dans un camp de fortune à la frontière ougandaise le 16 juillet 2016. AFP.

 

Actuellement, dans le monde, 65,6 millions de personnes vivent loin de leur foyer, chassées par les guerres et les persécutions : 40,3 millions de personnes déplacées dans leur propre pays, et à l'étranger 22,5 millions de réfugiés ainsi que 2,8 millions de demandeurs d'asile en attente d'un statut, selon les chiffres à la fin 2016 du HCR (Haut commissariat aux réfugiés).

 

Pour mémoire
Conflits: 65,6 millions de déplacés en 2016, nouveau record (ONU)

L'exil des réfugiés sud-soudanais va encore durer, prévient le HCR


1947 : Partition Inde-Pakistan
En août 1947, l'empire britannique des Indes cède la place à deux nations indépendantes distinctes, l'Inde et le Pakistan, et déclenche l'un des plus gros déplacements de populations de tous les temps.
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