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À La Une - Syrie

Echanges de tirs à la frontière dans l'attente d'une incursion turque en Syrie

Selon Aron Lund, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion américain Century Foundation, l'objectif pour la Turquie est d'abord "de remodeler les zones frontalières et d'y placer des groupes qui lui sont favorables".

Une colonne de fumée s'échappe après des tirs de mortiers en territoire syrien, au niveau du secteur frontalier de Reyhanli, le 8 octobre 2017. Photo AFP / ILYAS AKENGIN

L'armée turque a échangé des tirs dimanche avec des jihadistes basés en Syrie tandis qu'Ankara concentre ses troupes à la frontière après l'annonce d'une opération visant à déloger de la province d'Idleb (nord-ouest) des jihadistes de l'ex-branche d'el-Qaëda en Syrie.

"Les mesures lancées depuis hier et qui ont commencé à être appliquées ce matin se poursuivent et, sans aucune difficulté, l'Armée syrienne libre poursuit calmement ses efforts, avec notre soutien", a déclaré dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan, après avoir annoncé la veille le début d'une opération à Idleb.
M. Erdogan avait précisé samedi que c'était l'Armée syrienne libre qui menait l'opération, l'armée turque n'étant "pas encore" à Idleb. 

Des forces spéciales turques et de l'équipement militaire, dont des tanks, étaient déployés dimanche près de la frontière syrienne, mais l'opération annoncée n'avait pas encore démarré, selon des sources sur le terrain.
L'objectif de l'opération "est de libérer entièrement Idleb de Tahrir al-Cham", une coalition jihadiste composée essentiellement de l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda qui contrôle une grande partie de la province d'Idleb, selon un commandant rebelle participant à l'opération.
Les forces turques postées à Reyhanli, près de la frontière, ont procédé dimanche matin à sept tirs de mortiers en direction de la Syrie afin de faciliter le passage de l'Armée syrienne libre, selon l'agence privée Dogan. Des témoins, ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont eux aussi rapporté des échanges de tirs entre Tahrir al-Cham et les troupes turques qui démolissaient une partie d'un mur séparant la Turquie de la province syrienne d'Idleb.
L'OSDH a néanmoins précisé que ces échanges de tirs ne semblaient pas pour le moment marquer le début de l'opération. Des véhicules blindés et des troupes turques patientaient ainsi dimanche à la frontière, d'où montait de la fumée provoquée par les tirs de mortiers, a constaté un photographe de l'AFP.

(Pour mémoire : Nouvelle opération des rebelles syriens dans la province d'Idleb, selon Erdogan)

'Pas une partie de plaisir'

Idleb, seule province dans le nord-ouest syrien à échapper au régime de Bachar el-Assad, figure parmi les quatre "zones de désescalade" annoncées en mai par les alliés internationaux du régime et des rebelles, afin d'instaurer des trêves dans diverses régions de Syrie. Ces cessez-le-feu, négociés par la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, excluent les groupes jihadistes, notamment Tahrir al-Cham.

Selon Aron Lund, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion américain Century Foundation, l'objectif pour la Turquie est d'abord "de remodeler les zones frontalières et d'y placer des groupes qui lui sont favorables".
L'offensive turque intervient alors que Tahrir al-Cham, qui compte 10.000 combattants selon l'OSDH, se trouve déjà en posture délicate, faisant face à des défections et des divisions internes.
Tahrir al-Cham a toutefois prévenu samedi dans un communiqué "les traîtres parmi les factions" qu'Idleb "ne serait pas une partie de plaisir".

(Pour mémoire : Près de 30 civils tués dans des raids aériens sur une localité d'Idleb)

Pas de 'nouveau Kobané'

Selon le quotidien Hürriyet, les forces rebelles impliquées dans cette opération seront les mêmes que lors de l'opération Bouclier de l'Euphrate, menée dans le nord de la Syrie par la Turquie entre août 2016 et mars 2017 afin de repousser le groupe Etat islamique (EI) et les milices kurdes du YPG qu'Ankara considère comme terroristes.
Depuis la fin de cette opération, la Turquie a affirmé à plusieurs reprises être prête à lancer une nouvelle opération militaire en Syrie, affirmant notamment être prête à intervenir dans le "canton" kurde d'Afrin, situé au nord d'Idleb.

Dans un avertissement au YPG, le chef de l'Etat turc a déclaré dimanche que la Turquie serait "dans l'obligation de détruire" tout "corridor terroriste" qui serait constitué dans le nord de la Syrie.
Il a également déclaré que la Turquie ne voulait pas vivre "un nouveau Kobané", une ville syrienne proche de la frontière turque reprise à l'EI par les YPG en 2015 et devenue depuis l'une de leurs places fortes.
La Turquie agit en coordination avec la Russie. Les deux pays, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, ont mis leurs divergences de côté ces derniers mois pour tenter de parvenir à un règlement du conflit qui a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés depuis mars 2011.

Par ailleurs, au moins 11 civils, dont deux enfants, ont été tués dimanche dans des frappes aériennes imputées au régime syrien sur un marché d'une localité de Maaret al-Noomane, dans la province d'Idleb, selon l'OSDH.

 

 

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L'armée turque a échangé des tirs dimanche avec des jihadistes basés en Syrie tandis qu'Ankara concentre ses troupes à la frontière après l'annonce d'une opération visant à déloger de la province d'Idleb (nord-ouest) des jihadistes de l'ex-branche d'el-Qaëda en Syrie."Les mesures lancées depuis hier et qui ont commencé à être appliquées ce matin se poursuivent et, sans aucune...
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INCURSION TURQUE EGALERAIT PARTITION DE LA SYRIE ! LES RUMEURS CIRCULENT DEPUIS DES JOURS ET RUSSE ET AMERICAIN GARDENT LE SILENCE... CONNIVENCE !!!

LA LIBRE EXPRESSION

15 h 21, le 08 octobre 2017

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Commentaires (1)

  • INCURSION TURQUE EGALERAIT PARTITION DE LA SYRIE ! LES RUMEURS CIRCULENT DEPUIS DES JOURS ET RUSSE ET AMERICAIN GARDENT LE SILENCE... CONNIVENCE !!!

    LA LIBRE EXPRESSION

    15 h 21, le 08 octobre 2017

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