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Grille des salaires : la grève reconduite mardi

Liban

Ali Hassan Khalil se veut rassurant.

J.A.R. | OLJ
25/09/2017

La grève ouverte très largement suivie lundi dans diverses administrations publiques à travers le pays, pour protester contre toute suspension de la loi sur la grille des salaires que risque d'entraîner l'invalidation, vendredi, par le Conseil constitutionnel des mesures fiscales de financement de la grille, sera reconduite mardi en parallèle à une réunion du gouvernement consacrée à ce dossier.

 

Nouvelle journée d'action
Le président de la Confédération générale du travail libanais (CGTL), Bechara Asmar, a ainsi annoncé dans la journée que la grève sera reconduite mardi, appelant les écoles publiques et privées à suivre le mouvement.

"Nous sommes contre toutes les taxes qui frappent les défavorisés et les travailleurs", a déclaré M. Asmar lors d'une conférence de presse. "Il est de la responsabilité du gouvernement de trouver des solutions et de mettre en place une politique correspondant à la situation sociale et financière de tous", a-t-il ajouté. Dénonçant l'augmentation de la TVA qui avait été envisagée, M. Asmar s'est déclaré favorable à ce que les banques, les sociétés financières et les bien-fonds maritimes soient, elles taxées.

Par ailleurs, le leader de la CGTL a, une nouvelle fois, exprimé son opposition à tout retard dans le versement des salaires. "Nous refusons catégoriquement que l'on touche à la grille des salaires. Tous ses bénéficiaires ont le droit à leurs salaires tels qu'ils ont été fixés par l'échelle", a-t-il affirmé, insistant sur la rétroactivité de cette mesure.

Plusieurs organisations comme la Ligue des fonctionnaires du public, les représentants des employés d'Electricité du Liban (EDL) ou les représentants des employés de banque ont par ailleurs annoncé qu'ils poursuivraient leur grève demain.

La Ligue des fonctionnaires et les représentants des écoles publiques de Beyrouth ont annoncé qu'ils manifesteront mardi à 11 heures devant le Grand sérail, dans le centre-ville de la capitale, où le gouvernement doit se réunir à la même heure. La Ligue des enseignants du secondaire et les enseignants contractuels du cycle secondaire des écoles publiques a également annoncé la reconduction de la grève demain et la participation à la manifestation dans le centre-ville.

Le Comité de coordination syndicale a lui aussi décidé de se joindre au mouvement. "Nous appelons à une forte participation à la manifestation demain devant le Grand Sérail", peut-on lire dans un communiqué du CCS. "Il est de la responsabilité du gouvernement d'assurer les recettes de la grille des salaires et cela peut se faire en arrêtant le gaspillage et la corruption et sans imposer de nouvelles taxes", est-il ajouté.

Lundi, l'appel à la grève, lancé par les syndicats et les fonctionnaires, a été très largement suivi à Beyrouth et dans les autres régions du pays. Les administrations régionales d'EDL, de l'Office des eaux, de la Caisse nationale de Sécurité sociale, de la compagnie publique de téléphonie Ogero et du ministère des Finances ont fermé leurs portes. Les écoles publiques, ainsi que certains établissements privés, ont également suivi le mouvement.

 

Réactions politiques
Face à la crise, le président du Parlement, Nabih Berry, a appelé le gouvernement à respecter ses engagements sur la mise en place du relèvement des salaires dans la fonction publique, mettant en garde contre des mesures qui pourraient être à nouveau retoquées par le Conseil constitutionnel dont, selon lui, "la décision ne vient pas du ciel".

Dans la foulée, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a tenu à rassurer les protestataires, répondant à leurs craintes. "Le ministère des Finances a préparé l'échéancier du versement des salaires en conformité avec l'adoption de la nouvelle des grilles entrée en application", indique un communiqué publié par le bureau de presse de M. Khalil, ajoutant qu'il présentera son projet lors du Conseil des ministres prévu mardi. "Le ministère des Finances a procédé à des amendements sur les taxes, conformément à la décision du CC", ajoute en outre le texte.

Le Premier ministre Saad Hariri a déclaré que "la priorité est le vote du budget et le financement de la grille des salaires", insistant sur l'importance de la stabilité du Liban.

De son côté, Waël Bou Faour, député du bloc parlementaire du leader druze Walid Joumblatt, a annoncé que son bloc allait déposer un projet de loi devant régler la question des bien-fonds maritimes. "Nous n'allons pas simplement leur imposer des taxes, mais restaurer l'autorité de l'Etat", a-t-il déclaré.

 

 

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Antoine Sabbagha

Le plus court chemin réduire le vol dans les divers secteurs publics , et réduire les loyers des ministères qui pourront si appliqués nourrir la grille des salaires .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL FAUT REDUIRE LE SECTEUR PRIVE DES M,ENFOUTISTES POUR ASSAINNIR L,ECONOMIE DU PAYS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

GREVES DES FAINEANTS DU SECTEUR PUBLIC QUI VIVENT EN CHAMPIGNONS SUR LE DOS DES TRAVAILLEURS DU SECTEUR PRIVES ET DU PEUPLE LIBANAIS ! UN PAYS DONT L,ECONOMIE ET LES FINANCES SONT AU BORD DU PRECIPICE NE DISTRIBUE PAS DES AUGMENTATIONS DE SALAIRES MAIS LE CONTRAIRE...

Irene Said

Et "ça" se réunit, se rencontre à nouveau, "ça" discute, se chamaille, s'oppose et propose juste pour gagner du temps...

mais, vous vous rendez compte que ce sont toujours les mêmes incapables corrompus depuis des années...alors...pourquoi ne pas les renvoyer chez eux ???

N'avons-nous que "ça" au Liban pour faire fonctionner notre gouvernement ???
Irène Saïd

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