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L'ONU propose un accord entre Bagdad et Erbil d'ici trois ans plutôt que le référendum

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Si les Kurdes "acceptent cette alternative, il y aura des négociations", affirme l'émissaire des Nations unies, Jan Kubis.

 

OLJ/AFP
16/09/2017

L'ONU a proposé d'aboutir d'ici trois ans à un accord entre le Kurdistan irakien et le gouvernement fédéral à Bagdad sur le statut de la région autonome, en échange du report du référendum sur son indépendance.

Le président kurde, Massoud Barzani, répète régulièrement qu'il ne renoncerait à la consultation du 25 septembre, dont l'annonce a provoqué une levée de boucliers à l'étranger, que dans le cas d'"alternatives" plus intéressantes. Jeudi, l'émissaire des Nations unies en Irak, Jan Kubis, lui a remis un document, dont l'AFP a obtenu copie, proposant des négociations immédiates entre Erbil et Bagdad.

Si les Kurdes "acceptent cette alternative, il y aura des négociations", a déclaré M. Kubis à l'AFP, affirmant attendre une réponse dans les "deux ou trois prochains jours". Le document évoque "des négociations structurées, soutenues, intensives" et "sans conditions préalables" qui porteront "sur les moyens de résoudre tous les problèmes" et de "définir les futures relations et la coopération entre Bagdad et Erbil".

Les deux parties devront aboutir à un accord "sous deux à trois ans" et pourront demander à "l'ONU, au nom de la communauté internationale, d'offrir ses bons offices dans le processus de négociations et de mise en application des conclusions et résultats". En contrepartie, "le gouvernement du Kurdistan décide de ne pas tenir un référendum le 25 septembre".

Le Parlement kurde irakien, basé à Erbil, a approuvé vendredi soir cette consultation annoncée en juin par M. Barzani et pour laquelle la campagne bat son plein depuis des jours. A la suite de plusieurs échecs et alors que le Kurdistan accuse Bagdad de ne jamais tenir ses promesses, l'ONU entend rassurer Erbil en s'engageant à jouer un rôle majeur.

Le document soumis par les Nations unies à Massoud Barzani précise que "le Conseil de sécurité resterait saisi sur la mise en application de cet accord". M. Barzani a redit samedi lors d'un meeting à Dohouk, dans l'ouest du Kurdistan, que le référendum ne serait "ni annulé ni repoussé".

 

(Lire aussi : Référendum kurde : Kirkouk au cœur des débats)

 

 

'Meilleure alternative bienvenue'
"Jusqu'à présent, nous n'avons pas reçu de réelles alternatives au référendum", a-t-il ajouté. Sans jamais fermer la porte, il avait affirmé dans un discours samedi que "s'il y avait une meilleure alternative, elle serait la bienvenue".

Le Kurdistan est soumis à une forte pression pour renoncer à cette consultation populaire, qui ne devrait, selon les responsables à Erbil, pas entraîner une déclaration immédiate d'indépendance. Elle constituerait plutôt un moyen de pression pour arracher au pouvoir central à Bagdad des concessions sur les contentieux du pétrole et des finances.

La Grande-Bretagne a dénoncé dans un communiqué un référendum "qui risque d'accroître l'instabilité dans la région alors que la priorité doit être la défaite de Daech", l'acronyme arabe du groupe jihadiste Etat Islamique (EI). La veille, avançant la même raison, la Maison Blanche avait jugé que ce référendum serait "provocateur" et "déstabilisateur".

Ce référendum, qui concerne quelque 5,5 millions de Kurdes irakiens, inquiète les pays voisins, comme la Turquie ou l'Iran, qui redoutent qu'il n'encourage les velléités séparatistes de leurs minorités kurdes.
La tenue du référendum est "une très, très mauvaise chose", a jugé le président turc Recep Tayyip Erdogan, ajoutant que son pays se prononcerait officiellement le 22 septembre.

Par ailleurs, le chef d'une unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens, Qassem Soleimani, se trouverait depuis plusieurs jours au Kurdistan. Il y est "pour convaincre M. Barzani de renoncer au référendum ou de le repousser à une date non déterminée", explique à l'AFP Karim Pakzad, spécialiste de l'Irak à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Une source de sécurité a précisé que M. Soleimani se trouvait à Souleimaniyeh, deuxième ville du Kurdistan, et avait l'intention d'y rester jusqu'après la date du référendum pour montrer à quel point il est important pour l'Iran que cette consultation n'ait pas lieu.
"Le référendum est inacceptable pour l'Iran et la Turquie qui ont d'énormes moyens économiques, politiques et sécuritaires de faire pression sur le Kurdistan", note M. Pakzad.
"M. Barzani lui-même a reconnu que si les Gardiens de la révolution iraniens n'étaient pas venus au secours du Kurdistan à l'été 2014, l'EI aurait probablement pris Erbil devant la débandade des peshmergas (combattants kurdes)", ajoute-t-il encore.

 

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