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À La Une - Referendum

De leurs bases d'Irak, les rebelles kurdes de marbre face aux menaces turco-iraniennes

Le gouvernement kurde irakien a provoqué des remous dans toute la région en annonçant en juin avoir fixé au 25 septembre la tenue de son référendum.

Des miliciens kurdes des peshmergas iraniens, membres du parti KDP-Iran, le 23 août 2017, lors d'un exercice militaire de routine, à 100 km au nord d'Erbil en Irak. Photo AFP / SAFIN HAMED

La Turquie et l'Iran, qui redoutent que le référendum d'indépendance du Kurdistan irakien n'attise les appétits séparatistes de leurs propres minorités, ont récemment menacé les bases arrières en Irak des rebelles kurdes iraniens. Ceux-ci se disent toutefois peu impressionnés.

Pour Aso Hassan Zada, porte-parole du bureau politique du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) -considéré comme "terroriste" par Téhéran et installé dans le Kurdistan irakien-, les Turcs profèrent des menaces en l'air.
En promettant une opération commune avec Téhéran, ils veulent faire pression sur le Kurdistan irakien pour qu'il renonce à son référendum d'indépendance, dit-il à l'AFP.

Dans la cour du bâtiment où il reçoit, ses combattants --hommes et femmes de tous âges-- poursuivent leurs entraînements sous des posters géants des fondateurs et leaders du mouvement. En uniforme, ils manient armes légères et moyennes, en préparation d'un départ vers les montagnes qui bordent l'Iran.

Le gouvernement kurde irakien a provoqué des remous dans toute la région en annonçant en juin avoir fixé au 25 septembre la tenue de son référendum.

Même non contraignante, cette consultation a aussitôt déclenché l'ire de Bagdad qui la juge anticonstitutionnelle.
L'Irak et ses alliés assurent que ce rendez-vous électoral va porter atteinte à la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) dans laquelle les Kurdes sont engagés. En Syrie comme en Irak, ils combattent les jihadistes aux côtés des forces arabes et de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Le projet d'Erbil a suscité une levée de boucliers de Washington, de capitales européennes et surtout de la Turquie et de l'Iran voisins, qui craignent qu'un tel processus ne fasse tache d'huile.

 

(Lire aussi : Pourquoi l'indépendance kurde est loin de faire l'unanimité)

 

Coup de théâtre
Les Kurdes ont longtemps chéri l'idée de former un Etat indépendant à cheval sur la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak. Mais le rêve de ce peuple d'origine indo-européenne s'est brisé à l'issue de la Première guerre mondiale.

Ankara plaide de longue date pour une opération militaire commune avec l'Iran contre les rebelles kurdes installés en Irak, tout en déplorant que Téhéran ignore ses appels.
En août, dans un coup de théâtre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a toutefois annoncé qu'une opération avec l'Iran contre les bases arrières des rebelles kurdes en Irak était, cette fois, "à l'ordre du jour".

La République islamique a démenti mais dit se réserver le droit de répondre "avec force" aux combattants kurdes installés en Irak et enrôlés au sein du PDKI ou du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), la branche iranienne du Parti des travailleurs du Kurdistan turc (PKK). Le PKK est interdit en Turquie et classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Zelan Vejin, l'une des chefs du PJAK, dont les combattants opèrent le long de la frontière iranienne, balaie d'un revers de main les menaces d'opération commune: il est "impossible qu'Iran et Turquie opèrent ensemble". Ankara et Téhéran, indique-t-elle à l'AFP, ont des politiques différentes: "l'Iran mène toujours ses opérations militaires en secret (...). La Turquie, en revanche, annonce ses campagnes".

 

(Lire aussi : Les Kurdes de Syrie préparent les premières élections dans la "région fédérale")

 

'Incursions'
Les deux pays ont une seule chose "en commun: leur opposition au référendum", note Aso Hassan Zada, du PDKI. Mais "aucun ne va aider l'autre sans contreparties".

La priorité pour Ankara est de combattre le PKK en Turquie et en Irak, ainsi que les forces kurdes dans le nord de la Syrie.
L'Iran, de son côté, veut en finir avec les combattants, notamment ceux du PJAK et du PDKI, postés le long de sa frontière, dans les montagnes irakiennes.
Ponctuellement, Ankara et Téhéran mènent séparément des opérations contre les bases arrière kurdes en Irak.

"Nos combattants ont observé à plusieurs reprises des incursions des forces iraniennes en territoire irakien", assure Aso Hassan Zada, qui rapporte que Téhéran a déployé des forces d'artillerie "en masse le long de la frontière".
Si la Turquie et l'Iran mettent leurs menaces à exécution, "nous intensifierons notre combat sur le sol iranien", prévient Zelan Vejin.
"Depuis toujours, l'Iran nous occupe mais n'est jamais parvenu à nous vaincre par les moyens militaires", poursuit-elle en référence aux territoires que revendiquent les Kurdes en Iran. Et d'ajouter: "La guerre ne nous fait pas peur".

 

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La Turquie et l'Iran, qui redoutent que le référendum d'indépendance du Kurdistan irakien n'attise les appétits séparatistes de leurs propres minorités, ont récemment menacé les bases arrières en Irak des rebelles kurdes iraniens. Ceux-ci se disent toutefois peu impressionnés.
Pour Aso Hassan Zada, porte-parole du bureau politique du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI)...

commentaires (1)

Les kurdes sont Indo Européens et on le souligne comme étant une fierté pour eux. Les iraniens NPR aussi, le sont .

FRIK-A-FRAK

23 h 39, le 07 septembre 2017

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Commentaires (1)

  • Les kurdes sont Indo Européens et on le souligne comme étant une fierté pour eux. Les iraniens NPR aussi, le sont .

    FRIK-A-FRAK

    23 h 39, le 07 septembre 2017

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