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Politique - Décryptage

L’application de l'accord-cadre entre Israël et le Liban figée sur le terrain ?


Interrogé jeudi sur le sort de « l’accord-cadre » conclu entre le Liban et Israël sous le parrainage américain, Nabih Berry a tendu la main pour présenter « ses condoléances ». La réaction est peut-être excessive, mais les milieux de Aïn el-Tiné sont convaincus que cet accord est actuellement figé pour une durée indéterminée, en raison des difficultés que présente son application. À cet égard, la rencontre entre le responsable du Centcom, le général Brad Cooper, qui était accompagné du président de la commission dite du « mécanisme », le général Joseph Clearfield – qui pourrait d’ailleurs présider le nouveau « groupe de coordination militaire »prévu dans « l’accord-cadre » – avec le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, aurait été décisive dans ce sens.

Selon des sources proches de l’armée, le général Copper voulait essentiellement étudier le mécanisme d’application sur le terrain du retrait progressif israélien et de la prise de contrôle de l’armée dans la région du Sud, en prélude à l’imposition de son autorité exclusive sur l’ensemble du territoire. Mais selon des sources proches de l’armée, l’application se heurte à des problèmes. Pour la partie libanaise, le concept « des zones pilotes », présenté dans le cadre de l’accord, consiste en réalité à mettre au point un calendrier de retrait progressif israélien des zones occupées. Mais lors des premières tentatives pour définir deux zones pilotes par lesquelles commencer, la partie libanaise a été surprise de voir que les Israéliens ont insisté pour commencer par la colline de Ali Taher et ses environs. Or, cette zone n’est pas occupée par les Israéliens, même si des combats violents s’y sont déroulés juste avant l’application ( même partielle) du cessez-le-feu.

Les Israéliens se sont alors empressés de déclarer qu’ils avaient pris cette colline. Ils ont donc voulu en faire la première zone pilote. Mais les militaires libanais ont refusé. Les Israéliens ont alors choisi les localités de Froun et de Zaoutar-Ouest. Mais la municipalité de Froun a publié un communiqué clair, indiquant que les Israéliens ne s'y trouvaient pas. Quant à Zaoutar-Ouest, située à la limite sud du Litani, les Israéliens sont postés à ses abords, mais non à l’intérieur de la localité. Le plan israélien est ainsi devenu clair aux yeux de la partie libanaise : il s’agit de contourner les dispositions de « l’accord-cadre » et de pousser l’armée à se déployer dans des localités où il n’y a pas de militaires israéliens, juste pour la contraindre à entrer en confrontation avec le Hezbollah.

Après cet exposé clair, les Américains ont eu l’impression que pour l’instant, l’application sur le terrain des dispositions de l’accord-cadre n’est pas évidente. S’entendre sur les zones pilotes par lesquelles commencer devrait donc être précédé d’un accord sur l’objectif principal et les priorités : pour les Libanais, il faut commencer par le retrait israélien, et pour les Israéliens, par le départ des combattants du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure. Avant de régler ce problème, il sera difficile d’entamer l’application de l’accord. Mais comment régler ce problème dans le contexte actuel ?

C’est la question à laquelle il n’y a, pour l’instant, aucune réponse claire. Les regards se tournent une nouvelle fois vers l’évolution des négociations irano-américaines. Pour certains milieux libanais, les Américains, qui sont présents dans le processus dit d’Islamabad et dans celui de Washington entre le Liban et Israël, chercheraient à utiliser la carte libanaise pour pousser les Iraniens à faire des concessions et la même chose se produit du côté iranien, qui utilise aussi le dossier libanais dans ses négociations avec les Américains. Entre ces deux volontés contradictoires, il y a les Israéliens qui voudraient faire capoter l’accord irano-américain et imposer leurs propres conditions au Liban.

En dépit de tous ses efforts pour gérer seul ses problèmes, le Liban est donc plus que jamais une carte et un enjeu dans un processus qui le dépasse. Il est également soumis à des influences contradictoires, sans pouvoir trouver un terrain d’entente interne permettant de les neutraliser. Dans ce contexte compliqué, il semble donc, sauf imprévu, que l’application de l’accord-cadre soit pour l’instant mise en veilleuse.

Interrogé jeudi sur le sort de « l’accord-cadre » conclu entre le Liban et Israël sous le parrainage américain, Nabih Berry a tendu la main pour présenter « ses condoléances ». La réaction est peut-être excessive, mais les milieux de Aïn el-Tiné sont convaincus que cet accord est actuellement figé pour une durée indéterminée, en raison des difficultés que présente son application. À cet égard, la rencontre entre le responsable du Centcom, le général Brad Cooper, qui était accompagné du président de la commission dite du « mécanisme », le général Joseph Clearfield – qui pourrait d’ailleurs présider le nouveau « groupe de coordination militaire »prévu dans « l’accord-cadre » – avec le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, aurait été décisive dans ce sens.Selon des...
commentaires (9)

Exactement, négocier avec "une botte sur notre cou", ça n'est donc pas une négociation mais une reddition, une soumission totale à l'ennemi. qu'on ne vienne pas nous raconter alors que c'est un acte souverain, mais tout le contraire.

MeK

10 h 56, le 05 juillet 2026

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Commentaires (9)

  • Exactement, négocier avec "une botte sur notre cou", ça n'est donc pas une négociation mais une reddition, une soumission totale à l'ennemi. qu'on ne vienne pas nous raconter alors que c'est un acte souverain, mais tout le contraire.

    MeK

    10 h 56, le 05 juillet 2026

  • Quand l ennemi a sa botte sur notre cou, sommes nous en position de force pour insister leur retrait complet avant toute negotiation. Il en revient à la quadrature du cercle, soit on a affaire à des génies, soit à de complets idios

    Zampano

    04 h 34, le 05 juillet 2026

  • Quand l ennemi a sa botte sur notre cou, sommes nous en position de force pour insister leur retrait complet avant toute negotiation. Il en revient à la quadrature du cercle, soit on a affaire à des génies, soit à de complets idios

    Zampano

    04 h 34, le 05 juillet 2026

  • Mme Haddad a l'art de disséquer une situation Merci.

    Abourahal Roland

    15 h 39, le 04 juillet 2026

  • En tout état de cause, cet accord n'aurait jamais dû être signé en l'état. idéalement, il faudrait le révoquer mais cela pourrait poser problème. Au minimum, il devrait être remanié de fond en comble, y incluant un calendrier de retrait israélien, des garanties pour le retour des déplacés, la préservation du droit des victimes à la justice et réparations. Sans cela, cet accord n'est qu'un mécanisme de plus pour permettre à Israel de justifier l'occupation et le non-respect du droit et cessez-le-feu, non la recherche d'une solution vers la paix et le retour à la souveraineté..

    MeK

    12 h 27, le 04 juillet 2026

  • L'accord-cadre ne sert à rien, en tout cas, pas à désarmer le Hb ni à regagner notre souveraineté ni à se rapprocher de la paix. Tout le contraire. Il crée la discorde et le chaos. Cet accord ne sert qu'à faire perdurer l'occupation israélienne avec toutes ses conséquences. Pour obtenir le désarmement du Hb, il faut d'abord le retrait inconditionnel du Liban par Israel. Le désarmement du Hb est une question politique et non militaire et ne peut se faire tant qu'Israël occupe le Liban..

    MeK

    10 h 10, le 04 juillet 2026

  • ""les israeliens veulent pousser l’armée à se déployer dans des localités où il n’y a pas de militaires israéliens, juste pour la contraindre à entrer en confrontation avec le Hezbollah"" mais sinon comment faire ? quelles seraient les regions pilote alors ? des regions ou l'armee n'aurait rien a prouver, la milice n'y etant pas presente ? la laissant en tte liberte ailleurs au sud ? C ridicule au possible.

    L’acidulé

    08 h 42, le 04 juillet 2026

  • Et oui vous voulez traité avec Israël en position faible et sans aucune garantie, vous apprendrait la même leçon de l'accord de 1983.

    Ma Realite

    08 h 11, le 04 juillet 2026

  • On le sait bien qu’Israël n’est pas réputé pour sa charité, surtout lorsqu’il est maître du terrain. Mais remplacer les armes illégales par l’armée libanaise quel que soit l’endroit , ne devrait pas être une offense, puisque la milice elle-même a accepté de les remettre à l’armée au sud Liban. Si berry et son frérot continuent à faire les malins, c’est à eux qu’on présentera un jour les condoléances pour la perte de leur canton.

    NG

    07 h 30, le 04 juillet 2026

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