Liban

La victoire est immense, mais la menace demeure...

Décryptage
31/08/2017

La bataille terminée et gagnée par le Liban, les zizanies politiques reprennent le dessus. Comme s'il était interdit à ce petit pays de célébrer dignement et dans la joie sa victoire incontestable sur le terrorisme, sachant qu'il est le premier pays au monde à avoir remporté une victoire militaire écrasante sur les combattants terroristes. Certes, comme l'a rappelé hier le directeur de la Sûreté générale, il doit bien y avoir encore au Liban des cellules dormantes, voire des réseaux terroristes, mais ils ne sont plus constitués en groupes qui contrôlent une portion de territoire. Toutefois la menace demeure...

La victoire est pourtant « considérable », comme l'a fait remarquer le président de la République à ses visiteurs (dont le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun), d'autant que le Liban a entamé sa guerre contre le terrorisme depuis quelques années déjà. Le terrorisme avait en effet frappé à Saïda (Abra), à Tripoli, à Denniyé (dès 2000 déjà), au Akkar, à Nahr el-Bared, dans la Békaa et à Beyrouth. Le pays est donc en train de vivre un grand moment, assombri toutefois par le sort des militaires enlevés par l'État islamique et qui sont désormais « martyrs de la nation ». Dès que les résultats des tests seront connus et les militaires assassinés identifiés, le Liban leur rendra un hommage officiel digne de leur sacrifice pour la patrie. Comme l'a déclaré le chef de l'État, « ces soldats martyrs font désormais partie de nos vies, de notre subconscient ». Depuis leur capture en août 2014, il ne s'est pas passé un seul jour sans que le Liban n'ait pensé à eux, dans les crises et dans les jours plus sereins. Aujourd'hui, ils sont sur le point d'accomplir leur dernier voyage vers le lieu où ils reposeront en paix, mais le Liban, lui, est encore agité par des secousses injustifiées qui cherchent à minimiser l'importance de la victoire et à susciter des conflits et des polémiques, qui sont loin d'être à la hauteur de l'événement. Quel est l'intérêt de soulever dès aujourd'hui, alors que le bruit de la bataille s'est à peine calmé, la question des armes du Hezbollah, celle de la prétendue exploitation politique de la victoire et laisser la place à la surenchère sur le départ forcé et humiliant des combattants de Daech vers Deir ez-Zor ?

 

(Lire aussi : Virulence US contre léthargie locale face au Hezbollah)

 

Une source de sécurité ne cache pas son étonnement face à la rapidité avec laquelle le tollé s'est soudain élevé contre la fin de la bataille, occultant presque le fait que 140 km² de territoire libanais ont été libérés des terroristes qui s'y étaient installés depuis des années, assurant désormais la sécurité de la frontière libano-syrienne, et même de l'intérieur libanais. En effet, selon cette source, la bataille du jurd n'a pas seulement sécurisé la frontière, elle a privé les cellules dormantes et les réseaux terroristes de l'intérieur d'un soutien majeur, et surtout de la profondeur stratégique qui leur permettait d'agir avec plus de sécurité. Tous les réseaux et les cellules découverts par les services de sécurité avaient établi un lien avec le jurd, qu'il s'agisse de celui de Ersal ou de celui de Qaa et de Ras Baalbeck. C'est donc dans les montagnes que se trouvait la base réelle et en quelque sorte le QG opérationnel des terroristes qui, à l'intérieur du pays, étaient contraints à rester en petits groupes ou à agir en solitaire. Le jurd n'a d'ailleurs pas encore livré tous ses secrets et depuis la fin de la bataille, les services compétents sont en train de ratisser le territoire libéré à la recherche d'indices sur les groupes qui s'y trouvaient et d'informations sur leurs plans et leurs connexions. Les services de sécurité font d'ailleurs preuve de la plus grande vigilance car ils craignent une attaque surprise des groupes isolés de Daech au Liban, pour se venger de la défaite du jurd et montrer que ce mouvement terroriste a encore les mains longues.

Selon la source précitée, les services compétents avaient même capté un message entre Bilal Badr (Palestinien affilié à l'État islamique, installé à Aïn el-Héloué) et le commandement de Raqqa, dans lequel ce dernier lui demandait de ranimer les cellules dormantes au Liban. Le Fateh avait bien tenté de mettre un terme à l'influence de Badr dans le camp de Aïn el-Héloué, à la demande des autorités libanaises, mais en raison de sa division en deux camps hostiles, celui de Mahmoud Abbas et celui de Mohammad Dahlan, il n'a pas pu remporter une victoire décisive contre Bilal Badr et son groupe. Badr a mis en principe son activité en veilleuse dans le cadre d'un accord conclu avec les autres factions palestiniennes. Malgré cela, les services de sécurité ne relâchent pas leur vigilance. D'autant que selon des informations précises, le commandement de Raqqa aurait donné des instructions à ses partisans de se disperser dans les camps de réfugiés installés dans les pays voisins de la Syrie. En principe, de nouveaux combattants de Daech ne peuvent plus s'infiltrer au Liban, mais dans les camps, ils ne sont pas forcément identifiés. Les regards se tournent actuellement vers les camps de Bourj Brajneh et Chatila, qui abritent désormais plus de Syriens que de Palestiniens...

 

 

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Pierre Hadjigeorgiou

Je trouve très bizarre le fait que le Hezbollah prétende vouloir soutenir les Palestiniens, le Hamas en l’occurrence, dans leur combat pour libérer la Palestine alors que le Hamas est derrière le groupe de Bilal Badr qui lui est allié a Daech et répond aux ordres de ce dernier... Cherchez l'erreur dans les analyses de Mme Haddad et notez les inconsistances de la politique du Hezbollah et de tous ceux qui le soutienne! Daech est il vraiment une création Israelo-Americano-Occidentale! D'après l'article de Mme Haddad nous comprenons que c'est plutôt le Hezbollah et le régime Syrien qui sont derrières ces énergumènes et toutes ses mises en scènes de batailles, soi disant gagnées contre le terrorisme, sinon comment expliquer les lignes rouge de Nahr el Bared, les assassinats de hauts officiers de l’armée et des FSI, les fuites ou des islamistes de Abra ou même du camp de Ain el Heloué, et pour finir cet accord qui laisse ces criminels partir sans être inquiétés? Sans oublier l’insistance des USA a vouloir réglé le compte du Hezbollah par tous les moyens. Ils ne sont pas dupes eux et a un moment donné ils se donneront les moyens de le faire... Que Dieu préserve les autres, tous les autres, des conséquences de la bêtise impérialiste du Hezb et de leur suiveurs!

RE-MARK-ABLE

Le vrai combat commence pour demasquer les cellules internes qui deambulent dans nos ministeres , notre administration et qui ont pignon sur rue .

La résistance les connaît tous et sevira de façon efficace pour les couper de leurs bases saoudos israélienne.

MERCI scarlett pour cet article honnête, ils se font rares de nos jours .

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