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Liban

Navires-centrales : le gouvernement relance la procédure

Aoun appelle à un dialogue entre les enseignants et leur direction ; les législatives partielles toujours pas évoquées.

De gauche à droite, le ministre libanais de l'Education, Marwan Hamadé, le Premier ministre Saad Hariri et le président Michel Aoun à la table du Conseil des ministres, au palais présidentiel de Beiteddine, le 24 août 2017. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais a adopté jeudi le nouveau cahier des charges devant encadrer un nouvel appel d'offres sur la location de navires-centrales supplémentaires et leur mise en service pour combler temporairement le déficit de production de l'électricité au Liban. Rédigé par le ministre de l'Energie et de l'Eau, César Abi Khalil, ce texte, amendé, a été transmis à la Direction des adjudications (DDA), à l'issue d'un débat en Conseil des ministres au cours duquel plusieurs ministres ont formulé des remarques sur le texte.

 

Navires-centrales
Le Premier ministre Saad Hariri "s'est engagé à transmettre le cahier des charges à la Direction des adjudications (DDA) et à l'assortir d'une loi comptable générale", a affirmé le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fénianos, représentant le courant des Marada au sein du gouvernement, indiquant avoir formulé des remarques sur cette question. Selon lui, les ministres représentant les Forces libanaises, le Hezbollah et le mouvement Amal ont également formulé des remarques.

"Ils ont fait sortir Karadeniz par une porte pour mieux la faire rentrer par la fenêtre", a-t-il lancé, en référence à la société turque à qui l'État loue déjà deux barges depuis 2013 – qui produisent 370 MW et dont les contrats arrivent à échéance mi-2018. Plusieurs responsables et observateurs avaient dénoncé une procédure "sur mesure" destinée à légitimer l'attribution de ce marché public à cette compagnie.

"De petites modifications ont été effectuées sur le cahier des charges", a de son côté indiqué le ministre de l'Economie et du Commerce, Raëd Khoury.

A l'issue du Conseil des ministres, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a déclaré qu'il ne voulait pas participer à la "foire aux mensonges", dénonçant le double discours de certains ministres sur la question des navires-centrales, sans préciser les responsables visés.

Jeudi dernier, le Conseil des ministres avait décidé d'annuler l'appel d'offres lancé en avril par le ministère de l'Énergie pour choisir un prestataire dans le cadre de ce projet. Les ministres avaient justifié l'annulation de la procédure initiale en estimant qu'il n'y avait "qu'une seule offre" conforme au précédent cahier des charges à l'issue de la phase d'évaluation technique.

 

(Pour mémoire : Un débat soft, malgré les questions « gênantes » de Samy Gemayel)

 

Les législatives partielles toujours pas évoquées
La séance du gouvernement s'est déroulée au palais de Beiteddine, résidence d'été du chef de l'Etat.

La commission ministérielle chargée de la mise en œuvre de la nouvelle loi électorale a débuté sa réunion à l'issue du Conseil des ministres sous la présidence de M. Hariri.

Par ailleurs, le ministre de l'Information, Melhem Riachi, a annoncé que les producteurs de pommes libanais allaient obtenir avant la fin du mois d'août le versement de la seconde tranche des subventions promises par le gouvernement il y a près d'un an pour compenser leurs pertes de 2016. Le ministre de l'Agriculture, Ghazi Zeaïter, a confirmé cette annonce à l'issue de la réunion du gouvernement. "Pour la prochaine saison, nous coordonnerons avec l'Egypte", a-t-il ajouté. Les importantes difficultés auxquelles les pomiculteurs ont été confrontés sont partiellement dues à la crise économique qui a frappé l'Égypte, qui absorbe chaque année entre 60 et 70 % de la production libanaise.

Sur un autre plan, le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, n'a pas soulevé la question des législatives partielles, contrairement à ce qu'il avait indiqué avant le début du Conseil des ministres. Pour rappel, les sièges de Michel Aoun (Kesrouan), Badr Wannous (Tripoli), décédé le 5 janvier 2017, et Robert Fadel (Tripoli), qui a présenté sa démission le 30 mai 2016, sont toujours vacants. L'article 41 de la Constitution stipule qu'une partielle doit être organisée dans un délai de deux mois en cas de vacance d'un siège à la Chambre, sauf si l'on se trouve à moins de six mois des élections générales.

A l'ouverture du Conseil des ministres, le président Michel Aoun et Saad Hariri se sont exprimés sur l'opération que mène l'armée libanaise contre le groupe Etat islamique dans les jurds de Ras Baalbeck et de Qaa.

 

Appel à un dialogue entre écoles et leurs directions
En outre, le chef de l'Etat a appelé le ministre de l'Education, Marwan Hamadé, à instaurer un dialogue entre les représentants des enseignants et des établissements scolaires qui les emploie après l'adoption mi-juillet des deux lois sur la grille des salaires du secteur public et sur les taxes destinées à en assurer le financement.

Ces deux lois avaient été publiées lundi dans un numéro spécial du Journal officiel après avoir été contresignées par le chef de l'Etat. Des textes de lois revêtus du caractère de double urgence seront votés pour corriger des dispositions approuvées à la hâte par la Chambre au sujet des mesures de financement.

L'appel au dialogue du chef de l'Etat a été salué par le secrétariat général des écoles catholiques. Ces derniers jours, plusieurs responsables ont exprimé la crainte que les frais de scolarité des écoles privées augmentent.

Sur un autre plan, le chef de l'Etat a déclaré que le vice-président irakien Iyad Allaoui, qui a récemment effectué une visite au Liban avait proposé que le Liban accueille une conférence sur la coexistence. Il a en outre expliqué que Bagdad était prêt à coopérer avec Beyrouth sur la question des Libanais ayant contracté des dettes en Irak.

 

 

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commentaires (2)

RIJ3ET HALIME LA 3ADETA EL ADIME !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

12 h 22, le 25 août 2017

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Commentaires (2)

  • RIJ3ET HALIME LA 3ADETA EL ADIME !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 22, le 25 août 2017

  • Et la caisse pour la loi des loyers pourtant promise il ya cinq mois a-t-elle facilement disparu ?

    Antoine Sabbagha

    16 h 53, le 24 août 2017