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Éclairage

Le gouvernement fera-t-il l’impasse sur les élections partielles de Tripoli et Kesrouan ?

Alors que se pose aujourd'hui la question de l'organisation d'un scrutin partiel tant au Kesrouan qu'à Tripoli, des voix s'élèvent déjà pour clamer que « cela ne vaut plus la peine d'organiser des élections partielles à quelques mois seulement des législatives nationales ».

Et pour cause, la Chambre ayant vu son mandat prorogé par deux fois pour un total de quatre ans, avant de subir une troisième prorogation « technique » de 11 mois, le temps que la nouvelle loi électorale soit votée et que le dispositif technique adéquat soit mis en place pour l'organisation du scrutin. Alors, entre-temps, le délai légal et constitutionnel pendant lequel les partielles devaient être organisées à la suite de la démission du député grec-orthodoxe de Tripoli Robert Fadel, du décès du député alaouite à Tripoli Badr Wannous et de l'élection à la présidence du député du Kesrouan Michel Aoun s'est envolé. Il n'y a donc plus aujourd'hui de délai légal qui pousserait les hommes politiques à organiser de quelconques élections, alors que le gouvernement tout entier se dévoue corps et âme à la préparation logistique, certes, mais surtout politique de ce scrutin qui devra avoir lieu selon le mode proportionnel.

 

(Lire aussi : Au Kesrouan, la confusion règne en attendant la date définitive du scrutin)

 

Aucune envie donc pour les responsables de plonger, en pleine période préélectorale, dans une microbataille électorale pour les partielles qui viendrait brouiller les pistes des alliances politiques qui, pour la plupart, sont déjà bancales. À Tripoli par exemple, le courant du Futur affiche clairement son opposition au camp de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, et ces deux courants sont tous deux opposés à celui présidé par l'ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi. Au Kesrouan, ce sont les familles et les courants politiques ainsi que les représentants de la société civile qui sont en ébullition, et les responsables estiment qu'il est inopportun de provoquer un microséisme politique en y organisant une élection partielle.

Reste à savoir si, en dépit de toutes ces considérations, le Conseil des ministres compte se pencher sur cette question lors de sa prochaine séance. Pour le moment, rien n'est moins sûr, puisqu'il semble que ce dossier sera abordé de manière bilatérale par le Premier ministre Saad Hariri et le président de la République Michel Aoun avant le Conseil des ministres, afin de déterminer, en se basant sur le texte constitutionnel, la date de la tenue des partielles. En gardant toutefois à l'esprit que tous les délais ont été dépassés. Une fois encore, et à cause des règles institutionnelles bafouées, les responsables sont tentés d'aller encore plus loin en s'abstenant d'organiser ces élections, tout simplement. En pratique, si MM. Aoun et Hariri ne tombent pas d'accord sur ce dossier avant la tenue du Conseil des ministres, et si le gouvernement n'en discute pas lors de sa prochaine réunion, il y donc toutes les chances que ce scrutin n'ait pas lieu. De son côté, le ministère de l'Intérieur, qui met actuellement toute son énergie à préparer les législatives de juin 2018, a opté pour l'atermoiement en faisant traîner les choses en longueur. Fortes de ce constat, des voix s'élèvent déjà au sein de l'opposition pour réclamer leur tenue coûte que coûte, dans un souci de préserver un tant soit peu ce qu'il reste de démocratie.

 

 

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