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Liban - La situation

« Oui » de Aoun, aujourd’hui, à la grille des salaires et aux mesures fiscales

C'est aujourd'hui qu'expire le délai imparti au chef de l'État pour renvoyer les deux lois sur la nouvelle grille des salaires dans le secteur public et sur les taxes destinées à en assurer le financement. Selon le correspondant au palais présidentiel de l'agence nationale d'information (ANI, officielle), le président Michel Aoun les contresignera, ce qui doit leur conférer un pouvoir exécutif une fois qu'elles seront publiées au JO.

Toutefois, et conformément à des arrangements convenus avec différentes catégories sociales et professionnelles lundi à Baabda, des projets de lois revêtus du caractère de double urgence seront parallèlement votés pour corriger des amalgames et dispositions approuvés à la hâte par la Chambre au sujet des mesures de financement.
Ces projets seront à l'ordre du jour de la réunion de la Chambre que son président Nabih Berry a convoquée pour mardi et mercredi prochains. Il n'y aura donc pas de hiatus entre la publication de la nouvelle grille, attendue avec impatience par les catégories concernées, et les projets de lois revendiqués par différentes catégories socioprofessionnelles lésées par le train de mesures fiscales qui avait accompagné l'approbation de la grille.
Ces correctifs concernent notamment les magistrats, dont la mutuelle avait été abolie au profit de la caisse de retraite des fonctionnaires et qui avaient protesté contre leur assimilation à des fonctionnaires au détriment de leur indépendance et de leur statut de « troisième pouvoir » ; ils concernent aussi certaines professions libérales, dont les infractions fiscales avaient été déclarées imprescriptibles ; elles concernent en outre le relèvement des taxes sur les boissons alcoolisées importées, que l'accord de partenariat (euro-méditerranéen) passé avec l'Union européenne interdit.

Ces corrections ne tirent pas d'affaire tout le monde. Ainsi, les écoles privées catholiques ont réclamé hier que la grille des salaires, dont ils redoutent l'impact sur les frais de scolarité, soit revue ou que des dispositions spéciales l'accompagnent. On estime de source scolaire informée que la nouvelle grille va entraîner une hausse de 19 % des frais de scolarité et mettre en difficulté certaines écoles privées gratuites subventionnées par l'État, qui vont devoir fermer. Prenant le contre-pied d'une opinion laïcisante qui s'est exprimée dernièrement par la voix du Parti socialiste progressiste, ces sources plaident pour que le secteur éducatif privé – qui assure la scolarisation des 2/3 des élèves libanais – soit considéré en fait comme un véritable « service public », pour les éminents services qu'il a rendus et continue de rendre. En contrepartie, les écoles privées devraient s'engager à s'investir davantage sur le plan social et revoir à la baisse les plans de développement et les frais qu'ils engagent à des fins purement concurrentielles ou pour le prestige.

(Lire aussi : Les écoles catholiques exhortent Aoun à réviser l'échelle des salaires avant publication)

 

La visite en Syrie
La journée d'hier a été par ailleurs marquée, politiquement, par une prise de position du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui a confirmé l'orientation amorcée déjà la veille par le ministre de l'Économie, qui gravite dans l'orbite du CPL. « Nous avons manifesté le désir, motivé économiquement, d'assister à la Foire de Damas et la volonté politique d'être en bons rapports avec la Syrie, a dit M. Bassil. Cette question a été soulevée en Conseil des ministres, mais n'a pas été approuvée. Il n'est donc plus question de participation officielle au nom du Liban comme nous l'avions voulu... En ce qui concerne la participation personnelle, cela nous regarde et nous l'assurons comme il le faut. » Par cette déclaration, le CPL se range résolument et clairement aux côtés des positions du Premier ministre, Saad Hariri, qui s'était clairement opposé à toute idée d'une délégation officielle libanaise à la Foire de Damas.


(Lire aussi : Fenianos en Syrie, « contre l'avis de Hariri »)

 

Cette prise de position de M. Bassil isole un peu plus, sur le plan politique, le tandem chiite formé de Ghazi Zeaïter et Hussein Hajj Hassan, qui ont fait « État à part » en se rendant à Damas. Ce déplacement pourrait en fait compliquer la situation politique. Le Premier ministre aurait en effet l'intention de considérer comme nulles et non avenues toutes les mesures pratiques découlant d'accords passés sans l'approbation du gouvernement.
Mais même cette attitude aurait ses limites, si l'on en croit le député Antoine Zahra (FL) qui a affirmé hier que « malgré les divergences sur certains dossiers délicats, la cohésion gouvernementale reste de mise, car si le gouvernement est compromis ou poussé à la démission, il ne sera pas facile d'en former un nouveau dans le délai qui nous sépare encore des prochaines législatives ». Il n'en demeure pas moins que M. Zahra a clairement démenti tout cachet officiel au voyage effectué à Damas par les deux ministres du tandem chiite.

La bataille contre Daech
Sur le plan militaire, parallèlement aux batailles qui secouent le camp de Aïn el-Héloué, la journée d'hier a été marquée par une poursuite du pilonnage par l'armée des positions de Daech dans le jurd libanais, la troupe ayant au besoin recours à des hélicoptères de combat. Toutefois, et malgré le caractère offensif de certaines initiatives militaires, on assure dans les milieux concernés que la voie de la négociation n'a pas encore été tout à fait épuisée et qu'il serait absurde, en l'occurrence, de lancer un assaut final contre les bastions de Daech.

 

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C'est aujourd'hui qu'expire le délai imparti au chef de l'État pour renvoyer les deux lois sur la nouvelle grille des salaires dans le secteur public et sur les taxes destinées à en assurer le financement. Selon le correspondant au palais présidentiel de l'agence nationale d'information (ANI, officielle), le président Michel Aoun les contresignera, ce qui doit leur conférer un pouvoir...

commentaires (4)

LE LIBAN ? LA DEMOCRATIE DEVOYÉE ! Le système legal et constitutionnel confessionnel - le seul au monde et dans le monde arabe - qui régit notre pays depuis 74 ans a développé une culture politique de petits ''Arrangement entre Amis" au detriment de l'application du droit et de la constitution. Un modèle de DEMOCRATIE DÉVOYÉE. Nos hommes politiques s'autorisent toutes les libertés avec le droit en toute impunité puisqu'ils ont réduit les autorités de contrôle - Conseil Constitutionnel, Conseil d'Etat, Cour des comptes - à l'impuissance. Le dernier exemple de cette 'Maladie Libanaise' est le texte relatif au financement de la grille des salaires, qui outre le fait qu'il est fait en dehors du cadre budgétaire normal, crée des situations à la fois inconstitutionnelles et économiquement, socialement et moralement inacceptables. Juste un exemple parmi d'autres dans ce train de mesures : L'impôt sur les sociétés est fixé à 20 %, MAIS les societés cotées en bourse elles sont elles imposées à 10 % seulement ! Nulle part au monde un législateur ne s'est permis d'exonérer les 10 ou 20 societés les plus riches et les plus profitables d'un pays sur une telle distinction qui est contraire au principe fondamental de l'egalité devant l'impôt !!! On exonere les plus riches de pres de la moitié des impôts que doivent payer les autres sociétés ? A quel titre ? dans un pays qui a enregistré l'an dernier un deficit budgétaire de 10 % du GDP ???? Extraordinaire !

Mechelany Jacques

12 h 42, le 20 août 2017

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Commentaires (4)

  • LE LIBAN ? LA DEMOCRATIE DEVOYÉE ! Le système legal et constitutionnel confessionnel - le seul au monde et dans le monde arabe - qui régit notre pays depuis 74 ans a développé une culture politique de petits ''Arrangement entre Amis" au detriment de l'application du droit et de la constitution. Un modèle de DEMOCRATIE DÉVOYÉE. Nos hommes politiques s'autorisent toutes les libertés avec le droit en toute impunité puisqu'ils ont réduit les autorités de contrôle - Conseil Constitutionnel, Conseil d'Etat, Cour des comptes - à l'impuissance. Le dernier exemple de cette 'Maladie Libanaise' est le texte relatif au financement de la grille des salaires, qui outre le fait qu'il est fait en dehors du cadre budgétaire normal, crée des situations à la fois inconstitutionnelles et économiquement, socialement et moralement inacceptables. Juste un exemple parmi d'autres dans ce train de mesures : L'impôt sur les sociétés est fixé à 20 %, MAIS les societés cotées en bourse elles sont elles imposées à 10 % seulement ! Nulle part au monde un législateur ne s'est permis d'exonérer les 10 ou 20 societés les plus riches et les plus profitables d'un pays sur une telle distinction qui est contraire au principe fondamental de l'egalité devant l'impôt !!! On exonere les plus riches de pres de la moitié des impôts que doivent payer les autres sociétés ? A quel titre ? dans un pays qui a enregistré l'an dernier un deficit budgétaire de 10 % du GDP ???? Extraordinaire !

    Mechelany Jacques

    12 h 42, le 20 août 2017

  • il aurait été plus intelligent de faire un audit sur le nombre de fonctionnaires (au moins 60% en trop) avant de parler de grille des salaires. Mais voilà le clientélisme avant tout !!!

    yves kerlidou

    10 h 15, le 19 août 2017

  • AU LIEU D,ASSAINIR LE SECTEUR PUBLIC TRUFFE DE M,ENFOUTISTES ON PUNIT LE SECTEUR PRIVE ET ON L,AFFAIBLIT...

    LA LIBRE EXPRESSION

    08 h 43, le 19 août 2017

  • “La politique, c’est l’art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes.” de Groucho Marx

    FAKHOURI

    08 h 15, le 19 août 2017

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