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Liban

Les tentatives de normalisation avec Damas se heurtent au niet des forces souverainistes

Éclairage
12/08/2017

Les Forces libanaises, et avec elles le reste des forces souverainistes de la rue chrétienne et des leaders de la révolution du Cèdre, se tiennent aux côtés du Premier ministre Saad Hariri et soutiennent la dernière décision prise mercredi en Conseil des ministres d'ôter du procès-verbal de la séance tout le débat qui s'est engagé sur les contacts avec le régime syrien. Saad Hariri a pris cette décision sur base du fait que la visite de tout ministre en Syrie devrait être faite à titre personnel et non officiel. Partant, elle ne devrait avoir aucune répercussion sur la vie publique.

Ces forces ont fait échec à plusieurs tentatives visant à renflouer le régime syrien par le biais de contacts avec des parties libanaises officielles, à l'ombre des développements sur la scène intérieure syrienne et des tentatives sur la scène internationale de pousser à une solution à travers des négociations entre une délégation représentant régime de Damas et une autre l'opposition unie, au début du mois prochain à Genève.

Pour les forces souverainistes, le Premier ministre, les Forces libanaises et le Parti socialiste progressiste ont réussi à faire échec aux tentatives répétées d'inciter à une normalisation avec Damas : la première à travers le dossier des déplacés syriens, la deuxième lorsqu'il a été question d'une coordination entre les deux armées libanaise et syrienne, et la troisième, actuellement, avec la volonté de certains ministres de se rendre en Syrie. Le Premier ministre Saad Hariri et le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, ont souligné que le retour des déplacés se ferait par le biais d'une coordination avec l'ONU et pas avec le régime Assad qui est à l'origine de leur déplacement, que la décision de combattre le groupe État islamique est libanaise et que le timing et la mise en application de l'opération relèvent exclusivement du commandement de l'armée. Enfin, la position officielle est que les ministres se rendront à Damas à titre personnel.

En dépit de l'échec de toutes ces tentatives, les forces du 8 Mars continuent de profiter de la présence de leur allié Michel Aoun à Baabda pour avancer dans le sens qu'elles souhaitent. Cependant, des sources proches du palais présidentiel soulignent que le président de la République reste attaché au discours d'investiture et souhaite préserver le Liban loin des conflits régionaux, afin d'immuniser la scène intérieure, de dynamiser les institutions et de provoquer une relance économique, en profitant du climat de stabilité. Aucune partie n'a intérêt à badiner avec le dossier sécuritaire, surtout à l'ombre de ce qui se produit dans la région, affirment ces sources, qui ajoutent que tout le monde sent combien serait dangereuse, dans ce climat précaire, toute position pouvant remettre en question la stabilité du pays.

 

(Lire aussi : La foire aux inepties, l'éditorial de Issa GORAIEB)

 

Le Hezbollah, lui, poursuit son action dans la continuité du nettoyage du jurd de Ersal des groupuscules jihadistes syriens. Il a réussi ses négociations visant à provoquer le départ des Brigades Ahl el-Cham de cette localité vers l'hinterland syrien, avec un groupe de déplacés. Ces derniers s'en vont sur base de négociations menées entre le parti chiite et Damas, dans la mesure où la plupart de ces déplacés sont des habitants de la région du Qalamoun, laquelle se trouve sous le contrôle du Hezbollah, relèvent des sources des Forces libanaises.

Selon des sources politiques bien informées, il existe un objectif politique derrière la volonté de certaines parties de renouer un contact officiel entre Beyrouth et Damas pour régler la question des déplacés. Ces derniers ont fui le régime. Comment est-il possible de leur demander de rentrer au bercail dans des régions qui sont toujours contrôlées par l'armée d'Assad, ce qu'ils refusent, du reste ? Par ailleurs, il n'est pas du devoir de l'État libanais d'assurer leur retour dans les régions qui se trouvent sous le contrôle de l'opposition syrienne. Beyrouth continue de souligner que cette mission relève de l'ONU.

Ces sources s'interrogent par ailleurs sur le rôle de l'ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, à ce niveau. Pourquoi ne s'intéresse-t-il pas à ce dossier et aux camps de réfugiés, avant de réclamer une coordination entre Beyrouth et Damas ? N'est-il pas supposé lui-même suivre ce dossier avec les organisations internationales compétentes ? Pourquoi plonger le Liban dans le conflit syrien et ses répercussions ? Depuis le début de la crise syrienne, Beyrouth a adopté une politique de distanciation à l'égard du conflit, énoncée par la déclaration de Baabda, à laquelle toutes les parties avaient adhéré.

Pour un ancien responsable, toutes ces tentatives devraient prendre fin. Le temps n'est pas propice à jeter le Liban en pâture aux conflits régionaux, mais à immuniser la scène intérieure et l'entente mise en place avec l'élection de Michel Aoun à la présidence de la République et la formation du cabinet Hariri. Partant, toutes les questions conflictuelles devraient rester à l'écart des séances du Conseil des ministres jusqu'à ce que vienne le temps de les régler, après des discussions loin des feux de la rampe, dans le but de ne susciter des répercussions significatives sur le pays.

 

 

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Bery tus

Merci à gebran bassil pour avoir été du coter de la souverainete

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVANT LE DENOUEMENT DE LA CRISE SYRIENNE ET DE SAVOIR QUI EST QUI ET QUOI DANS CE PAYS TOUTE DEMARCHE DE NORMALISATION PREMATUREE EST DU DOMAINE DU SOUHAIT DE CERTAINS...

Chady

Se heurtent au niet des "forces souverainistes" ... moi j'ai arrêté là

Ma Fi Metlo

C'est pas nouveau.

Et on assistera à des ... Non non non puis à des oui oui oui. .....

Ah ces compagnons de la table ronde savent rendre le vin bon bon bon .....

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