X

Culture

Et que jamais ne cessent ces « Zyara(s) »...

Rencontre

Muriel Aboulrouss (réalisatrice) et Denise Jabbour (productrice) lancent la saison 3 des miniweb series intitulées « Zyara » (visite). Une invitation pure à voir, écouter et rencontrer l'autre.

10/08/2017

Zyara est un projet né à l'initiative de la productrice Denise Jabbour, et qui a pris forme sous l'objectif de Muriel Aboulrouss, à la fois DOP et réalisatrice. Depuis 2014, un élan est né entre tous les autres équipiers qui ont rejoint cette formidable aventure : Liliane Hanbali (Wahm Productions), Mohab Chanesaz (Aura), Rachelle Noja (assitante caméra) Khalil Abourrousse (Lilapost) et Samar Haddad au graphisme. Denise Jabbour et Muriel Aboulrouss en parlent avec enthousiasme et leurs yeux brillent lorsqu'elles se remémorent toutes leurs visites « quasi magiques ».

 

Le pourquoi
« Écouter et raconter l'histoire des autres », répond tout de suite Denise Jabbour, car c'était bien son idée que de se faufiler en douce dans l'intimité des gens et discuter avec eux. « Mais pas n'importe quelle histoire. Plutôt celle qui inspire et qui peut servir d'exemple. Il est devenu si rare de parler, à une époque où chacun s'emprisonne dans un mutisme et regarde sa tablette ou son smartphone. » Zyara n'est donc pas un contact virtuel, même si le format est contemporain. C'est un contact personnel, humain et intimiste.

 

Le comment
Un miniweb série de 5 minutes, mais qui suppose un travail en amont d'une journée entière. Denise Jabbour effectue l'interview préparée à l'avance et c'est le déclic miraculeux qui fait le reste, dans une rendu quasi flou aux surimpositions d'images et de dialogues. « On ne voit pas la personne, mais on la sent », précise la réalisatrice aux manettes de la caméra, Muriel Aboulrouss, qui effleure l'âme du vis-à-vis rencontré à son domicile. Et toutes les deux de reprendre : « Ces Zyara sont un don du ciel comme si nous étions les outils d'une main invisible plus puissante. Nous sautions les écueils avec beaucoup de facilité. »

 

Le contenu
« Les premières visites étaient glanées par-ci par-là », reprend Muriel Aboulrouss. « Il y avait pourtant une condition à respecter : trouver des personnes authentiques, pures, transparentes et sincères qui mènent une vie unique, mais qui sont comme des héros dans l'ombre. » Vu le succès de la saison 1, avec multiples récompenses à l'appui dans plusieurs festivals et l'engouement des spectateurs, la saison 2 est née. Avec un fil conducteur : les récits de personnes à capacités réduites. « Nous étions tenues par ce sujet parce que nous avions reçu un soutien de l'ambassade américaine pour trois épisodes comme point de départ. Un sujet que nous avons élaboré par la suite », ajoute la réalisatrice, qui se dit avoir été enchantée par ce thème. « Pour moi, ce sont de vrais héros, puisqu'ils ont accepté leur condition et l'ont surmontée, tout en en étant reconnaissants envers la vie. »

 

La sélection
« Elle se fait de bouche à oreille, mais aussi par tâtonnements et repérages avant le tournage. Pour la seconde saison, nous avons fait le tour des associations pour aboutir à un groupe de personnes qui vont bien ensemble. Comme un puzzle dont les pièces s'imbriquent l'une dans l'autre, souligne Denise Jabbour. Zyara parle de résilience et de force, pour donner l'exemple aux autres. » Après ces deux saisons, Zyara suivra toutes les personnes qui ont une addiction quelconque. Cela peut aller de la chirurgie esthétique à l'alcool, en passant par la drogue, le tabac, l'alimentation et les jeux de hasard...

 

Le format
Issu de l'univers des pellicules et du cinéma, le tandem approuve et encourage pourtant le format web. Muriel Aboulrousse incite même ses élèves à travailler sur ce support du futur qui n'exige ni distribution, ni fatigue, ni frais énormes.

 

Les rêves futurs
« Zyara ne va pas s'arrêter, affirme Muriel Aboulrouss. Nous cherchons certes des sponsors pour démarrer cette troisième saison, qui ne sera plus postée directement sur les réseaux mais par l'intermédiaire d'un lien. Et même si nous n'arrivons pas à récolter le fonds nécessaire, nous ferons tout pour ne pas arrêter Zyara. Toute l'équipe est mobilisée et travaille sur d'autres projets afin de pouvoir faire vivre ces miniséries. »
« C'est comme un enfant de trois ans. Ses parents misent sur lui en l'envoyant à l'école et en lui assurant l'éducation nécessaire, sachant qu'il grandira un jour et les rendra fiers », conclut Denise Jabbour.

 

Pour mémoire

Fêter la première saison de « Zyara »

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!