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Deux Omanais détournent Despacito pour parler dot et font mouche

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Un détournement du tube de l'été qui mérite l'attention.

06/08/2017

Vous l'avez probablement déjà entendu à la radio, à la plage, au supermarché ou en boîte de nuit... Difficile d'échapper au hit Despacito, depuis sa sortie en janvier dernier.


Succès fulgurant oblige, le tube de Luis Fonsi et Daddy Yankee a fait l'objet de dizaines de reprises, plus ou moins inspirées et détournées, qui se répandent, elles aussi, sur le net. Dans la catégorie des reprises qui méritent l'attention, celle de deux musiciens et chanteurs omanais, Mohamed al-Mungi et Muhannad al-Adwani (Hanood), qui se sont réappropriés le tube de l'été, pour lui donner une signification à caractère social.
Alors que la chanson originale, ultra sensuelle, comporte d'importantes allusions sexuelles, la version des deux Omanais dénonce, sur la mélodie de Despacito, l'explosion du montant des dots et son impact sur la vie et les aspirations des tourtereaux, à Oman.

 

 


Au tout début du clip, Al-Mungi se rend chez le père de sa bien-aimée pour lui demander la main de sa fille. En contrepartie, celui-ci lui demande une maison, une voiture, des bijoux et un montant d'argent. Al-Mungi lui répond en chantant : « Pourquoi mettez-vous des conditions qui nous brisent le dos? Avez-vous oublié combien étaient modestes les dots de votre temps? Je peux vous le rappeler si vous avez oublié. »

Et le chanteur d'expliquer que les dots, par le passé, se limitaient à des vêtements et restaient abordables.


Le refrain de la chanson, quant à lui, est transformé en trois mots : « vous les tourmentez » ou «'Azabtouhoum » en arabe, à l'intention des parents qui tourmentent les jeunes hommes et les jeunes femmes avec leurs exigences incessantes. Les deux musiciens le reprennent tout au long de la chanson pour dénoncer les parents qui exigent des prétendants de leurs filles, d'onéreuses dots qui brisent les rêves des amoureux n'ayant pas les moyens de répondre à ces requêtes.

A noter qu'en utilisant le terme " 'Azabtouhom", les chanteurs jouent sur deux mots aux consonances proches : célibataire et tourment.

Ces tourments ne sont pas nécessaires insistent les deux Omanais.
Dans un autre extrait de la chanson, Al-Mungi chante ainsi : « Elle lui plaisait, ils se sont fiancés. Ses parents ont accepté, ils ont préparé sa valise et l'ont escortée jusque chez lui. Vous avez vu? C'est simple! ».

Et les deux artistes de demander à la génération de leurs parents revenir à la simplicité d'antan, à grands renfort de « bassita, bassita », loin de toutes ces demandes superficielles et matérielles qui entravent souvent l'union des amoureux et qui augmentent le nombre de célibataires.

 

En islam, la dot est un droit accordé à la femme. Si elle est obligatoire, aucun montant n'est précisé, ni sa nature. Il est néanmoins recommandé qu'elle soit modeste. Le prophète aurait ainsi déclaré que « la meilleure dot est la plus modeste. »

Des paroles que certains, aujourd'hui, semblent avoir bien oublié. En mai 2016, le quotidien Gulf news rapportait ainsi que des sociologues faisaient le lien entre une diminution du nombre de mariages dans le Sultanat d'Oman (25 659 en 2015 contre 28 000 en 2014) et le fait que les familles, surtout dans les zones tribales du pays, demandaient en échange de la main de leur fille, des dots de plus en plus importantes.

Alors que l'Omanais moyen dépense environ 4 000 rials omanais pour une dot (soit environ 10 400 dollars), selon le quotidien, certains familles n'hésitent pas à exiger des dots d'un montant de 20 000 rials (soit 52 000 dollars).

Une situation assez préoccupante pour que le Conseil (Choura) d'Oman, propose, en 2011, de créer un fonds de soutien au mariage, permettant aux Omanais d'obtenir des prêts sans intérêts pour financer leur union.


Dans ce contexte, le message de Mohamed al-Mungi et Muhannad al-Adwani a fait mouche. Mis en ligne le 25 juillet dernier, la version omanaise de Despacito avait été vue, le 5 août,  plus de 2,7 millions de fois. La vidéo a en outre été partagée par plusieurs personnalités publiques, notamment le présentateur sportif Jamal Al-Hosni et l'animatrice de TV et radio omanienne Buthaina Bulushi.

 

Voir ici, la version originale de Despacito :

 

 

 

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