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Liban

La polémique sur le monopole de la violence continue d’enfler...

Bataille de ersal

Naïm Kassem se félicite de l'extraction du « cancer terroriste » ; les FL et le PNL dénoncent « une atteinte à la souveraineté de l'État ».

OLJ
29/07/2017

Deux jours après la fin, en principe, de la bataille du jurd de Ersal, et le discours du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah portant sur ce sujet, la polémique continue d'enfler autour de sa décision de s'engager dans cette bataille, outrepassant l'État et les autorités officielles. Ainsi, à l'heure où le parti chiite tient à mettre en relief sa « victoire » face aux terroristes, les forces politiques opposées à sa ligne tiennent à dénoncer « des atteintes à la souveraineté ».
D'abord, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a estimé que « les terroristes sont un cancer qui ne peut être traité que par extraction, et c'est pour cela que le Hezbollah s'est lancé dans cette bataille ». S'exprimant hier lors d'une cérémonie, il a fait état de deux objectifs dans la bataille de Ersal. Il s'agit, selon lui, de « nettoyer les frontières orientales de ces monstres » et de « protéger le Liban de leurs explosifs, que ce soit au moyen des voitures piégées ou des ceintures explosives ».
Le numéro deux du Hezbollah a par ailleurs violemment critiqué ceux qui ont stigmatisé la décision du parti chiite de déclencher cette bataille. « Les règles dont vous parlez sont les vôtres. Nos règles consistent à se battre là où et quand nous le jugeons bon pour la libération, la dignité, l'indépendance et la souveraineté », a lancé Naïm Kassem.
Mais, au sein de la classe politique, certains ne perçoivent pas les choses sous cet angle et continuent de plaider pour l'édification d'un État fort, où l'armée serait dotée du monopole du port des armes.
Le président des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a ainsi indiqué hier devant une délégation de jeunes de l'Union libanaise culturelle dans le monde (ULCM) qu'un « État fort et capable ne pourra pas être édifié tant qu'il existe des factions armées illégitimes et que la décision de paix et de guerre n'est pas dans les seules mains des autorités ». Antoine Zahra, député FL du Batroun, est allé plus loin. Dans une déclaration à la Voix du Liban (93.3), il s'est dit désolé de constater une atteinte à la souveraineté de l'État à travers la bataille du Hezbollah pour libérer le jurd de Ersal, estimant que le parti chiite « a pris le rôle de l'armée ».
Même son de cloche chez le Parti national libéral (PNL) de Dory Chamoun, qui a rappelé que « les tentatives d'embellir la participation du Hezbollah à la guerre syrienne n'éclipsent aucunement le fait qu'il a outrepassé l'État et qu'il est toujours engagé auprès de l'axe syro-iranien ». Dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire, le bureau politique du PNL a exhorté la formation dirigée par Hassan Nasrallah à « mettre fin à son implication à l'extérieur », « respecter l'État » et « œuvrer avec toutes ses composantes », soulignant par la même occasion le rôle de l'armée, « seule institution responsable de défendre le Liban et ses frontières, et de préserver sa stabilité et sa sécurité, un devoir qu'elle remplit parfaitement ».

Communiqué de la Ligue maronite
À son tour, la Ligue maronite a salué hier « les sacrifices et la résistance de l'armée, qui ont permis de protéger le Liban et ses citoyens des dangers qui les entourent en cette phase délicate de l'histoire du pays ». « Nous comptons essentiellement sur l'institution militaire pour défendre la dignité du Liban, ainsi que sa souveraineté et l'intégrité de son territoire », a ajouté la ligue dans un communiqué, se félicitant, toutefois, du discours de Hassan Nasrallah, « dans la mesure où il a exposé les accomplissements du Hezbollah dans le jurd de Ersal, lesquels devraient être investis pour édifier un État fort ».

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Pierre Hadjigeorgiou

Je ne me rappelle pas, a travers l'histoire, une partie qui est entrain de remporter une victoire militaire aussi significative (65%, 70%, 90% du territoire occupe par x, y ou z, nous ne savons plus très bien), s’arrête a mi-chemin et négocie. Honnêtement posons nous la question: Pourquoi? La seule raison c'est justement parce qu'il n'y en pas eu une de victoire mais rien que de la poudre aux yeux. Comme toujours d'ailleurs. En Syrie, le Hezbollah a prit la tapotée de sa vie n’était ce l'intervention Russe. J’espère seulement que ce n'est pas sous ces fausses impressions ou "wishful thinkings" qu'il nous prépare la surprise de vouloir faire la guerre a Israël car cette fois il n'y aura pas de Russes pour les sortir d'affaires et tous les terroristes du monde que Hassouna pense pouvoir ameuter pour détruire notre pays n'y ferons rien puisque nous les avons vu a l'oeuvre en Syrie face a des pouilleux... Allah yestor!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA CONSTITUTION PARLE DE L,ETAT ET DE SON ARMEE ET RENIE TOUTES LES MILICES !

Wlek Sanferlou

Puisque la dessus des termes médicaux sont utilisés en metaphore:
Une maladie peut en cacher une autre. Un cancer qui en détruit un autre ne serait pas nécessairement une bonne nouvelle. Laisser le corps tout entier décidé plutôt que la maladie elle même... la maladie n'a que son propre intérêt en tête alors que le corps celui de son tout.

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