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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

À Paris, les rivaux libyens s’engagent sur les principes d’une sortie de crise

Réunis à l'initiative du président Macron, MM. Sarraj et Haftar ont « agréé » à un cessez-le-feu et des élections.

De gauche à droite : le chef du GNA, Fayez el-Sarraj, le président français Emmanuel Macron, et le maréchal Khalifa Haftar. Les trois hommes se sont réunis, hier, à Paris, et se sont engagés à trouver une solution au conflit qui fait rage depuis des années en Libye. Philippe Wojazer/Reuters

Le château de la Celle-Saint-Cloud, qui avait accueilli il y a quelques années une conférence sur le Liban, a été hier le lieu d'une autre rencontre internationale, avec cette fois la Libye à l'ordre du jour.

Le président français Emmanuel Macron en a pris l'initiative en invitant le chef du gouvernement d'entente nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale mais qui peine à imposer son autorité dans le pays, Fayez el-Sarraj, et l'homme fort de la Libye, l'incontournable maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle la zone de Benghazi et la région frontalière avec l'Égypte, pacifiées grâce à une véritable armée disposant d'une aviation. Il gouverne en outre une énorme zone pétrolière comprenant des raffineries qui permettent d'extraire, de raffiner et d'exporter l'or noir.

Cette rencontre s'est déroulée en trois séances. Lors des deux premières, M. Macron a rencontré ses invités séparément, avant une réunion générale en présence de Ghassan Salamé, récemment nommé représentant de l'ONU pour la Libye. Ce faisant, Emmanuel Macron semble avoir voulu faire oublier l'action de la France en 2011, quand l'intervention internationale avait été décidée sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy, et redynamiser la politique étrangère française, estimant que le moment est propice à une initiative diplomatique d'envergure.

Au terme de ces séances de travail à la Celle-Saint-Cloud, les deux principaux rivaux libyens se sont engagés hier à œuvrer conjointement pour sortir leur pays du chaos. MM. Sarraj et Haftar ont ainsi « agréé » (mais pas signé) une déclaration en dix points qui a été lue en arabe devant la presse. « La solution à la crise libyenne ne peut être que politique et passer par un processus de réconciliation nationale associant tous les Libyens », selon la version française du texte. « Nous nous engageons à un cessez-le-feu et à nous abstenir de tout recours à la force armée pour ce qui ne ressort pas strictement de la lutte antiterroriste », ajoutent les deux rivaux, qui appellent à la démobilisation des milices et la constitution d'une armée régulière, ainsi qu'à des élections rapides.

M. Macron, qui a salué « le courage historique » des deux rivaux, avait auparavant assuré que le processus électoral serait organisé « au printemps ». Le chef de l'État a également estimé que les deux protagonistes avaient « la légitimité et la capacité de réunir autour d'eux » et d'influencer les myriades de groupes opérant dans ce pays éclaté.

 

(Lire aussi : Le Libyen Haftar en position de force)

 

 

Pragmatisme
« C'est une étape, ce n'est pas encore la paix en Libye », a estimé une source diplomatique française à l'issue de la rencontre, insistant sur le rôle du nouvel émissaire de l'ONU, Ghassan Salamé, qui prend ses fonctions cette semaine et a assisté aux entretiens hier.

MM. Sarraj et Haftar s'étaient déjà rencontrés début mai à Abou Dhabi, mais sans résultat probant. La rencontre de la Celle-Saint-Cloud marque la victoire de la ligne « pragmatique » désormais prônée par la France, qui considère Haftar comme l'un des principaux remparts contre le terrorisme. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui était ministre de la Défense lors du précédent quinquennat, avait dépêché des militaires aux côtés du maréchal Haftar, et entretient d'excellentes relations avec ses parrains régionaux, l'Égypte et les Émirats arabes unis. L'une de ses premières initiatives en arrivant au Quai d'Orsay a été une tournée régionale consacrée à ce dossier.

Cet activisme français a toutefois été vu avec une certaine inquiétude du côté de l'Italie, ancienne puissance coloniale, en première ligne face aux centaines de migrants débarquant quotidiennement sur ses côtes depuis la Libye, et craignant d'être mise sur la touche.

Autre inquiétude pour certains, les droits de l'homme. L'organisation Human Rights Watch a ainsi appelé, avant la réunion, le président français « à ne pas ignorer la litanie d'exactions commises par toutes les parties dans le conflit libyen ».

 

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Le président français Emmanuel Macron en a pris l'initiative en invitant le chef du gouvernement d'entente nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale mais qui peine...
commentaires (1)

Autre inquiétude pour certains, les droits de l'homme. L'organisation Human Rights Watch a ainsi appelé, avant la réunion, le président français « à ne pas ignorer la litanie d'exactions commises par toutes les parties dans le conflit libyen ». OUI BIEN EVIDEMMENT , AVEC LES EXACTIONS FRANCAISES AUSSI ????????????????????????? QUEL TOUPET DIS DONC ....

FRIK-A-FRAK

20 h 31, le 26 juillet 2017

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Commentaires (1)

  • Autre inquiétude pour certains, les droits de l'homme. L'organisation Human Rights Watch a ainsi appelé, avant la réunion, le président français « à ne pas ignorer la litanie d'exactions commises par toutes les parties dans le conflit libyen ». OUI BIEN EVIDEMMENT , AVEC LES EXACTIONS FRANCAISES AUSSI ????????????????????????? QUEL TOUPET DIS DONC ....

    FRIK-A-FRAK

    20 h 31, le 26 juillet 2017

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