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Moyen Orient et Monde

Mauvais temps pour l’opposition armée en Syrie

Décryptage

Selon les informations du « Washington Post », Trump aurait décidé de mettre fin au programme de la CIA de soutien aux rebelles. Et à Idleb, les deux groupes rebelles les plus influents se déchirent entre eux.

21/07/2017

Les bonnes nouvelles s'accumulent pour le régime syrien et ses parrains russe et iranien. Alors que les forces loyalistes progressent à l'Est, dans la province de Deir ez-Zor, et qu'un cessez-le-feu avalisé par Washington et Moscou est entré en vigueur le 9 juillet dernier dans le Sud, l'opposition armée est, pour sa part, largement affaiblie dans le reste du pays par des luttes intestines et par le manque de soutien des puissances étrangères.

À Idleb, dernier grand bastion rebelle dans ce qu'il est coutume d'appeler « la Syrie utile », de violents combats opposent depuis quelques jours les deux groupes les plus puissants : les jihadistes de Tahrir al-Cham, une coalition menée par l'ex-branche d'el-Qaëda en Syrie, et son ex-allié salafiste d'Ahrar al-Cham, l'un des groupes rebelles les plus puissants du pays. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les affrontements ont éclaté notamment après qu'Ahrar al-Cham eut décidé de hisser le drapeau de la rébellion syrienne dans la ville d'Idleb, provoquant la colère des jihadistes de Tahrir al-Cham. « Il s'agit des combats les plus violents entre Ahrar al-Cham et Tahrir al-Cham », a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. « Les affrontements ont lieu dans toute la province (...) c'est une bataille existentielle », a-t-il ajouté.

Existentielle, car les questions de drapeau sont le reflet de divisions beaucoup plus profondes entre les deux frères ennemis. Si les jihadistes de Tahrir al-Cham ont rompu officiellement leur relation avec el-Qaëda, rien n'indique qu'ils aient renoncé, sur le long terme, à leur projet de construire un émirat islamique en Syrie. Le discours des salafistes d'Ahrar al-Cham, qui s'appuie également sur des fondements religieux, s'inscrit toutefois, pour sa part, dans un cadre plus national. Si les deux groupes ont formé des alliances circonstancielles à plusieurs reprises pour combattre les forces loyalistes, il n'empêche que la lutte pour l'hégémonie idéologique et politique dans la province d'Idleb devait finir par éclater. Le régime, conscient de cela, n'avait qu'à croiser les bras en attendant que ses ennemis se déchirent entre eux.

 

(Pour mémoire : Guerre en Syrie An VI : que reste-t-il de l'État syrien ?)

 

Possible intervention turque
Les affrontements pourraient même prendre une tout autre ampleur en cas d'intervention turque. Soutien affirmé d'Ahrar al-Cham, Ankara pourrait venir en aide à son allié, selon de nombreuses sources, alors que la province d'Idleb dispose d'une frontière avec la Turquie, principal moyen de ravitaillement pour les forces rebelles. La Turquie ferait ainsi d'une pierre deux coups, en se débarrassant, si elle y parvient, d'un autre groupe jihadiste à sa frontière et en renforçant le poids de ses obligés dans la province d'Idleb.
Autre coup dur pour l'opposition armée : selon les informations du Washington Post, le président des États-Unis Donald Trump aurait décidé de mettre fin au programme de la CIA de soutien aux rebelles syriens. Initié il y a quatre ans, le programme n'a eu qu'un impact limité, particulièrement depuis l'entrée dans le conflit des forces armées russes aux côtés de Bachar el-Assad en 2015, ont confié des responsables américains au quotidien, sous couvert d'anonymat.

Le président Donald Trump a pris cette décision il y a près d'un mois, après un entretien avec le patron de la CIA, Mike Pompeo, et le conseiller à la Sécurité nationale, le général H.R. McMaster, ajoute le Washington Post. La Maison-Blanche et la CIA se sont refusé à tout commentaire. Le Washington Post estime que l'élimination de ce programme de soutien aux rebelles syriens reflète l'intérêt du président américain « pour trouver des moyens de travailler avec la Russie » ainsi qu'une « reconnaissance des limites de l'influence de Washington et de la volonté de chasser Assad du pouvoir ».

 

(Pour mémoire : Les déclarations de Macron sur la Syrie le « décrédibilisent aux yeux d'une grande partie de ceux qui croyaient à son rôle »)

 

L'ancien président Barack Obama avait approuvé ce programme d'aide en 2013 au moment où divers groupes rebelles cherchaient un soutien extérieur dans le cadre d'un soulèvement général contre le régime syrien. Des milliers de combattants rebelles ont ainsi été formés et armés.
Mais l'engagement des États-Unis est resté ambigu en raison des doutes à Washington sur la capacité des rebelles à renverser Bachar el-Assad et de la priorité donnée au combat contre le groupe État islamique. D'autres programmes de soutien aux rebelles sont maintenus mais concernent principalement la lutte contre les groupes jihadistes.

 

Pour mémoire

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ACE-AN-NAS

VOILA ENFIN UN ARTICLE QUI FAIT UN CONSTAT REEL , SUR LE TERRAIN MILITAIRE DE LA VERITE .

Mr Samrani vous venez de nos décrire enfin CE QUI EST , ET NON PAS CE QUE CERTAINS REVERAIENT VOULOIR QU'IL EN FUT .

Passons sur le gros mensonge qui disait que le héros Bashar allait partir en 2 semaines il y a 6 ans et demi de cela , passons sur les désinformations de voir la Russie s'embourber comme en Afghanistan , comme pour la fin du hezb résistant depuis son intervention en Syrie agressée , comme pour l'élection d'un clown aux usa qui changerait la donne entre janvier et avril 2017 , et CONSTATONS DE VISU QUE CETTE OPPOSITION N'EST RIEN D'AUTRE QU'UN RAMASSIS DE MALFRATS , APPELES PAR L'OCCIDENT "LES AMIS DE LA SYRIE" " QUI FONT DU BON BOULOT" ETC....

MR SAMRANI , MERCI D'AVOIR ETE PLUS PERSPICACE ET PRES DE LA REALITE , CETTE FOIS .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE REGIME RESTE, LES GROUPUSCULES REBELLES DIVERS SONT RENIES... C,EST LA DECISION DES MARCHANDAGES RUSSO AMERICAINES ! LA DONNE CHANGE DE NOUVEAU... YIA WEYLAK YIA LEBNEN...

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