Liban

Au Kesrouan, la confusion règne en attendant la date définitive du scrutin

Élection partielle

« Je sens que les FL m'aiment et je mise sur les électeurs », confie Chamel Roukoz à « L'OLJ ».

17/07/2017

Si l'écrasante majorité des formations politiques a donné le coup d'envoi des campagnes électorales dans la perspective du scrutin prévu le 6 mai 2018, les regards restent braqués sur le caza du Kesrouan, où doit se dérouler, en principe en septembre prochain, une élection partielle pour pourvoir au siège maronite resté vacant à la suite de l'élection du député Michel Aoun à la présidence de la République.

Cette élection partielle revêt une importance symbolique et politique certaine, dans la mesure où les inscrits au seul caza du Kesrouan seront appelés à élire un remplaçant au général Michel Aoun sur base du scrutin majoritaire. Conformément à la nouvelle loi électorale, si une partielle est organisée pour pourvoir à un seul siège vacant, le scrutin se déroule au niveau du caza concerné et suivant le mode majoritaire.

Dans ce cadre, la partielle du Kesrouan constituerait la première opportunité offerte au tandem Courant patriotique libre-Forces libanaises de tester, sur le plan électoral, leur puissance, perçue par certains comme étant une « hégémonie quasi totale » sur la rue chrétienne.
Mais à deux mois de l'hypothétique scrutin, le paysage politique du Kesrouan n'est pas aussi clair. D'autant que les formations les plus influentes dans le caza effectuent de minutieux calculs politiques, à la veille des législatives de 2018, et préfèrent attendre que la date du scrutin soit fixée pour pouvoir commencer à accorder leurs violons avant la bataille. Sans oublier le facteur familial qui influe toujours sur le choix des électeurs dans cette région, devenue l'arène privilégiée des batailles entre familles au Mont-Liban.

Il reste que certains noms de candidats commencent déjà à circuler dans les milieux politiques. C'est le cas, bien entendu, du général Chamel Roukoz, gendre de Michel Aoun, une personnalité charismatique et populaire, aussi bien parmi les partisans du courant aouniste qu'au sein d'autres factions politiques. Une logique propre au CPL voudrait même que M. Roukoz soit le candidat le plus à même de succéder, pour ce siège vacant, au fondateur du CPL et actuel chef de l'État, qui l'a occupé pendant plus d'une décennie.
Chamel Roukoz, lui, se veut beaucoup plus prudent et paraît dans l'expectative, en attendant la publication du décret de convocation du collège électoral. « Quand la date de l'élection sera fixée, je prendrai ma décision finale », déclare M. Roukoz à L'Orient-Le Jour.

Mais cette prudence ne signifie aucunement que le général à la retraite n'a pas encore commencé à préparer son combat électoral. Bien au contraire. Chamel Roukoz ne manque pas d'ailleurs de confier qu'il commence déjà à examiner une éventuelle alliance avec les FL. « Je sens que les FL m'aiment et je mise sur les électeurs de Kesrouan », dit-il spontanément, notant qu'il est ouvert à tout le monde et n'a de problème avec personne.

Mais du côté de Meerab, rien n'est encore définitif. On attend en effet une meilleure précision des positionnements politiques. Des sources proches de Samir Geagea indiquent dans ce cadre à L'OLJ que le parti ne s'est pas encore décidé au sujet de la partielle du Kesrouan.

Même son de cloche chez la journaliste May Chidiac, originaire de Achkout, candidate potentielle mais qui nie tout désir de se lancer dans la bataille pour cette partielle. Contactée par L'OLJ, elle estime que le parti dirigé par M. Geagea déploiera tous ses efforts durant la prochaine phase pour bien préparer les législatives de mai prochain. Mme Chidiac place ses propos dans un cadre plus général. « Ce scrutin partiel se tiendra conformément au scrutin majoritaire, alors que les élections de 2018 auront lieu conformément à la proportionnelle. Cela suppose des stratégies politiques et électorales différentes », ajoute-t-elle.

 

(Pour mémoire : Machnouk : Prêts pour les élections partielles en septembre)

 

 

« Métamorphose du comportement électoral »
Face à ce paysage complexe, nombre d'analystes s'empressent de freiner l'enthousiasme de certains quant à une alliance CPL-FL . À la faveur de cette logique, un expert électoral souligne à L'OLJ qu'« il n'est pas dit que cette partielle mettra à l'épreuve le tandem chrétien ». « Et pour cause : tout dépendra du comportement des électeurs qui pourrait bien subir une profonde métamorphose à la lumière des développements politiques », indique l'expert susmentionné. Plusieurs expériences ont déjà prouvé que l'accord de Meerab est passé par des moments difficiles, ce qui pourrait influencer le choix des votants, précise cet expert.

A contrario, une vision optimiste voudrait que les deux formations chrétiennes majoritaires épargnent à un caza aussi délicat que le Kesrouan une bataille électorale quelques mois avant les législatives. D'autant que, selon l'ancien ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud, « il est normal de voir les FL soutenir le candidat appuyé par leur principal allié chrétien ». Il précise toutefois à L'OLJ que « certaines personnalités indépendantes voudraient bien saisir cette occasion pour démontrer leur force au sein du caza. Et cela est parfaitement sain et démocratique ».

 

Les souverainistes contre le Hezbollah
Si l'électorat qui devrait choisir le successeur de Michel Aoun à l'hémicycle est majoritairement chrétien, il reste que les alliances politiques pluriconfessionnelles à l'échelle nationale pourraient donner à la bataille une autre dimension : celle des « forces souverainistes » face au Hezbollah et à ses alliés, en l'occurrence le courant aouniste.

« Le Kesrouan n'a jamais été en marge de la lutte pour un Liban souverain et indépendant, et il devrait continuer à mener cette bataille jusqu'au bout », indique à ce sujet Nawfal Daou, ancien journaliste et membre du secrétariat général du 14 Mars, qui insiste, via L'OLJ, « sur l'importance d'une compétition électorale au sien du caza, afin de transmettre ce message clair au régime : "Nous ne céderons pas au parti de Hassan Nasrallah" ».

Une manière de remettre au premier plan la bataille pour la souveraineté et le monopole de la violence légitime, qui avait été au cœur de la campagne du 14 Mars lors des législatives de 2009, notamment au Kesrouan, grâce, à l'époque, au Amid du Bloc national, Carlos Eddé.

Il reste à savoir qui se portera candidat face à M. Roukoz si c'est ce dernier qui sera désigné par le CPL pour briguer le siège vacant. Il est ainsi question, dans les médias, d'une candidature de l'ancien député Farid Haykal el-Khazen, qui se trouve lui aussi dans une phase d'attentisme tant que la date de la partielle n'a toujours pas été fixée. La question qui se pose également est de savoir si le candidat du pouvoir affrontera un seul candidat, au nom d'une opposition plurielle unie, ou bien plusieurs, au sein d'un panorama politique éclaté – un cas de figure qui jouerait en faveur du candidat loyaliste.

 

Pour mémoire

Les législatives partielles passées à la trappe

Le Rassemblement de la République souhaite des partielles en bonne et due forme

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ON EN FAIT LA COSA NOSTRA... MAIS PAS DANS LE SENS D,AL CAPONE...

George Khoury

pas de chamel roukoz svp, renvoyez le dans ses charentaises. tres silencieux comme candidat, je ne connais rien a son programme ni ses idees. Je ne vais surement pas voter pour lui. Je prefere de loin May Chidiac, elle a verse son sang pour ses tres bonnes idees et en plus c'est une femme.

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