Liban

Ali : Pas de retour des réfugiés sans coopération avec Damas

Diplomatie
OLJ
15/07/2017

La logistique du retour des réfugiés syriens dans leur pays demeure un sujet fondamental de désaccord sur la scène libanaise. Certaines formations, dont le Hezbollah, le Courant patriotique libre et le mouvement Amal, continuent d'encourager une coopération avec le régime syrien. D'autres, en revanche, rejettent cette thèse, notamment les Forces libanaises et le courant du Futur, qui s'apprête à réclamer, par le biais de son chef, le Premier ministre Saad Hariri, aux Éats-Unis – lors de sa visite à Washington prévue le 23 juillet –, mais aussi à la Russie et la France (lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron en août) d'intervenir dans le dossier syrien pour garantir le retour des réfugiés, compte tenu du fardeau qu'ils représentent pour le Liban à différents niveaux.
C'est dans ce cadre que l'ambassadeur du régime syrien, Ali Abdelkarim Ali, a appelé hier les réfugiés à retourner dans leur pays natal, surtout que la « Syrie triomphe contre le terrorisme et que le périmètre des réconciliations grandit ». Mais cela nécessite, selon lui, « une coordination entre les gouvernements libanais et syrien ». « Les paris de ceux qui ont tenté d'obtenir la chute de la Syrie sont tombés. Vous avez vu comment, dans les capitales européennes et américaine, partout, les autres changent d'opinion, parce qu'ils ont (...) compris que la voie qu'ils ont prise n'a pas eu de retombées positives sur eux », a indiqué M. Ali.
L'ambassadeur syrien, qui a été reçu hier au palais Bustros par le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, a souligné le refus de Damas de négocier le retour des réfugiés à travers les Nations unies. Il a ainsi rejeté le principe de médiation entre « deux ambassades et peuples liés par des accords », le qualifiant d'« illogique ». « Tant qu'il y a deux ambassades et deux peuples liés par des liens de proximité profonds et des accords régissant les relations entre les deux pays, il est illogique qu'il y ait un médiateur entre eux », a-t-il affirmé, arguant des défis communs auxquels font face les deux pays, notamment le terrorisme. « Aller à la recherche d'une médiation, c'est compliquer les choses et éloigner les perspectives de solutions », a-t-il noté.

Collaboration « essentielle »
Aussi, a-t-il appelé à « renforcer la coordination entre les deux gouvernements dans les domaines économique, sécuritaire, politique, social, et au niveau du dossier syrien, en vue d'assurer le retour au bercail des réfugiés ». « La collaboration est essentielle entre ces deux pays », a-t-il souligné, mettant l'accent sur la présence « d'ennemis communs et interdépendants », à savoir Israël et les terroristes. « Le terrorisme qui frappe en Syrie est aussi présent à Ersal, au Liban », a ajouté le diplomate syrien.
Selon notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane, l'interlocuteur syrien a assuré à M. Bassil que le retour des réfugiés en Syrie se fera sur base d'un programme établi par les responsables des deux États et de manière progressive. Le conflit interlibanais sur le dialogue avec le régime syrien était au cœur de l'entretien, selon M. Fleyhane.
En réponse à une question sur la présence des « zones sécurisées » en Syrie, M. Ali s'est montré hésitant, arguant du fait qu'« aucun pays au monde n'est sécurisé », mais que « la Syrie reste plus calme que des villes qui se prétendent être tranquilles », comme « Paris, Londres et Washington ». « Nous devons nous mettre d'accord sur la signification du terme "sécurisé", mais ce qui fait l'objet d'un consensus, c'est que le calme règne à Alep, Homs, Damas, Lattaquié, Tartous et Soueida », a-t-il souligné. L'ambassadeur syrien a estimé que « les réfugiés sont malheureux là où ils se trouvent » et qu'« ils veulent retourner dans leur pays », demandant aux médias libanais de ne pas aggraver la situation et de « ne pas les terrifier » quant à la perspective du retour en Syrie.
Sur un autre plan, le ministre Bassil a accepté hier les lettres de créance des nouveaux ambassadeurs de France, Bruno Foucher, d'Espagne, José Maria de la Pena, et de Hongrie, Jezaf Mihali.

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carlos achkar

« aucun pays au monde n'est sécurisé », mais que « la Syrie reste plus calme que des villes qui se prétendent être tranquilles », comme « Paris, Londres et Washington ».
ah bon? je ne savais pas qu'à Paris, Londres et Washington, il y avait aussi un régime qui bombardait son peuple.
Je dois vite annuler ma réservation pour Paris.
Merci Ali au carré.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TOUS SAVENT QUE CE N,EST PAS POSSIBLE ! MAIS ILS VEULENT QUE LE LIBAN ENTRE DANS UNE DISCUSSION AVEC EUX SACHANT NE POUVOIR RIEN FAIRE SANS L,ACCORD ET LE FEU VERT DE L,ONU... C,EST ENTRAINER LE LIBAN A LES RECONNAITRE DE FACTO ET EN PREMIER...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SEULE LA COOPERATION AVEC L,ONU ET LES DEUX GRANDES PUISSANCES GARANTIRAIT LE RETOUR NORMAL ET SECURISE DES REFUGIES ! TOUTE AUTRE CHOSE EST DE LA PERTE DE TEMPS. LES REFUGIES NE POUVANT RETOURNER SANS LE FEU VERT DE L,ONU...

gaby sioufi

tout aussi illogique- beaucoup plus en fait - qu'il y ait besoin d'un intermediaire entre le gouvernement syrien et son propre peuple...

qu'en dis tu sieur ali ?
allez faites que votre peuple soit tranquilise quant a son avenir en syrie, envoyez camions et bus,aidez le a rentrer chez lui , MEME SI le liban ne le veut, MEME SI le liban veut les garder chez lui.

gaby sioufi

comme si le peuple syriens , refugies dans des camps de misere, souffrant de tous les maux possible , comme si ce peuple n'est que basse marchandise a troquer contre une autre basse marchandise.

et voila que le sieur ali de syrie nous lassene clair et net !

Bery tus

voila je l'avais ecris mais n'a pas ete poster, normal ils vont la jouer comme carte de pression, pour en tirer qlq chose du liban comme a leur habitude

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