Insécurité

Les parents de la petite Lamis, victime d’une balle perdue, veulent quitter le pays

Dans le cadre de la campagne menée par « L'Orient-Le Jour » pour dénoncer les conséquences démentielles de la prolifération anarchique des armes au Liban, nous publierons plusieurs témoignages de familles de victimes.

La photo de Lamis, 8 ans, publiée par l’association Ma Tenssouna qui dénonce l’impunité grandissante. « Au président de la Chambre, Nabih Berry. Ne m’oublie pas », peut-on lire. Photo tirée de la page Facebook de Ma Tenssouna

À la fin du mois de mai dernier, la petite Lamis Naccouche, 8 ans, décédait après avoir reçu une balle perdue dans la tête, alors qu'elle se trouvait au domicile de ses parents, situé dans le quartier de Charawné, à Baalbeck. La balle avait été tirée par un repris de justice, Mohammad Kassem Wehbé, lors d'une rixe entre les clans Jaafar et Wehbé.

Contactée par L'Orient-Le Jour, la tante de la victime, Dalal Naccouche, indique que les services de sécurité ont mené plusieurs perquisitions au domicile du tireur, sans jamais parvenir à l'arrêter. « Le tireur est connu des services de sécurité et fait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt. Malheureusement, il bénéficie d'une protection politique. Les services de sécurité ont perquisitionné son domicile plusieurs fois, mais il a disparu depuis le drame. S'il n'est pas capturé, il n'y aura pas d'enquête sérieuse », déplore-t-elle. La famille Naccouche a par ailleurs reçu plusieurs menaces du clan Wehbé sur Facebook après la vague de solidarité manifestée à Baalbeck pour les parents de Lamis.

« Mon frère et ma belle-sœur sont passés par une phase difficile et ils sont toujours incapables de parler du drame. Leur seule consolation est que leur fille aînée a passé dernièrement son brevet avec succès », souligne Dalal Naccouche qui indique par ailleurs que la famille essaie à tout prix de quitter le Liban depuis la mort de la fillette. « Mon frère et sa famille essaient de partir à l'étranger. Ils ne se sentent pas du tout en sécurité ici. Ils ont tellement peur qu'ils empêchent leurs enfants, trois filles et un garçon, de sortir », souligne-t-elle.

« Le quartier de Charawné est un lieu de passage pour tous les repris de justice. Malheureusement, la maison de mon frère se situe entre celles des Jaafar et des Wehbé qui sont continuellement en conflit. Dernièrement, mon frère et sa famille ont dû s'installer pendant quelques jours à Zahlé tellement les combats étaient intenses dans le quartier », déclare Mme Naccouche qui ajoute : « Nous demandons qu'il n'y ait plus d'armes aux mains de quiconque. J'espère que le coupable sera arrêté et que justice sera faite. »

 

 

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À la fin du mois de mai dernier, la petite Lamis Naccouche, 8 ans, décédait après avoir reçu une balle perdue dans la tête, alors qu'elle se trouvait au domicile de ses parents, situé dans le quartier de Charawné, à Baalbeck. La balle avait été tirée par un repris de justice, Mohammad Kassem Wehbé, lors d'une rixe entre les clans Jaafar et Wehbé.


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commentaires (4)

Monsieur Nouhad Machnouk, Ministre de l'Intérieur, ainsi que tous ceux qui sont en charge de notre sécurité: je pleure une petite Lamis, 8 ans (que je ne connaissais pas du tout !) qui a du mourir à cause de votre incroyable négligence. Mourir, ainsi que toutes les autres victimes innocentes, parce que vous n'avez pas le courage de frapper une bonne fois pour toutes un grand coup, surtout dans ces régions de notre pays "gouvernées" par des clans à la mentalité médiévale qui ne savent que se battre et se tirer dessus pour ensuite se venger, dans un éternel recommencement de victimes et de morts. Monsieur Nouhad Machnouk...combien de victimes innocentes vous faut-il pour que vous vous décidiez d'agir ? Irène Saïd

Irene Said

16 h 44, le 05 juillet 2017

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Commentaires (4)

  • Monsieur Nouhad Machnouk, Ministre de l'Intérieur, ainsi que tous ceux qui sont en charge de notre sécurité: je pleure une petite Lamis, 8 ans (que je ne connaissais pas du tout !) qui a du mourir à cause de votre incroyable négligence. Mourir, ainsi que toutes les autres victimes innocentes, parce que vous n'avez pas le courage de frapper une bonne fois pour toutes un grand coup, surtout dans ces régions de notre pays "gouvernées" par des clans à la mentalité médiévale qui ne savent que se battre et se tirer dessus pour ensuite se venger, dans un éternel recommencement de victimes et de morts. Monsieur Nouhad Machnouk...combien de victimes innocentes vous faut-il pour que vous vous décidiez d'agir ? Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 44, le 05 juillet 2017

  • Je me demande si un jour nos politiciens auront ne serait-ce qu'un atome de sentiment envers ce peuple. Triste

    Zorkot Mohamed

    09 h 59, le 05 juillet 2017

  • Qu'il n'y ait plus d'armes aux mains de quiconque, souhait presque impossible dans le monde de nos tribus . Triste .

    Antoine Sabbagha

    09 h 16, le 05 juillet 2017

  • LA JUNGLE EN EBULLITION...

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    07 h 19, le 05 juillet 2017