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Tir de missiles en Syrie, un "message" de l'Iran à ses ennemis

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"Les frappes de missiles ne sont qu'une petite partie de la capacité punitive de l'Iran contre les terroristes et contre ses ennemis", a déclaré le général Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la révolution.

OLJ/AFP/ Siavosh GHAZI
19/06/2017

En tirant des missiles en Syrie, l'Iran a voulu "punir les terroristes" du groupe Etat islamique (EI), mais aussi envoyer un message à ses ennemis, Arabie saoudite, Etats-Unis et Israël, sur fond de vives tensions régionales.

Pour la première fois en trente ans, depuis la guerre avec l'Irak entre 1980 et 1988, l'Iran a lancé dimanche six missiles en territoire étranger. Objectif visé : des "bases terroristes" de l'EI à Deir ez-Zor, dans l'est de la Syrie, selon les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien.

Une action menée en représailles aux attentats perpétrés le 7 juin contre le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, qui avaient fait dix-sept morts. Il s'agissait des premières attaques revendiquées par l'EI en Iran.

"Les frappes de missiles ne sont qu'une petite partie de la capacité punitive de l'Iran contre les terroristes et contre ses ennemis", a déclaré lundi le général Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la révolution.
"Les soutiens internationaux et régionaux des terroristes doivent comprendre cette mise en garde", a-t-il ajouté.

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"Frapper directement"
Selon le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaeddine Boroujerdi, l'Iran est "entré dans une nouvelle phase de la lutte contre le terrorisme".
Jusqu'à dimanche, a-t-il rappelé, "on envoyait seulement des conseillers militaires sur place avec l'accord des gouvernements irakien et syrien".
Mais les tirs de missiles, en coordination avec Damas, montrent "que nous sommes capables de frapper (directement) les terroristes à plusieurs centaines de kilomètres de distance", a-t-il ajouté.

L'Iran envoie depuis des années des conseillers militaires et des volontaires iraniens, afghans et pakistanais pour combattre les jihadistes aux côtés des forces gouvernementales syriennes et irakiennes. En Syrie, ils luttent également contre les rebelles. Plus de 2.100 de ces conseillers et volontaires ont été tués dans ces deux pays, selon Téhéran.

"Le premier message est que l'Iran se défend en punissant les terroristes", explique à l'AFP Fouad Izadi, analyste en relations internationales à l'université de Téhéran.
Mais ce n'est pas le seul, selon lui.
"Le Sénat américain vient de voter une loi pour imposer de nouvelles sanctions contre l'Iran qui visent notamment le programme balistique du pays et le message est que l'Iran, dans sa lutte contre le terrorisme, a besoin de ses missiles", souligne-t-il.

L'Iran a développé ces dernières années un vaste programme balistiques et possède de nombreux types de missiles fabriqués localement, certains d'une portée de 2.000 km pouvant atteindre Israël et les bases américaines au Moyen-Orient.
Les Etats-Unis demandent régulièrement le gel de ce programme.
Une perspective rejetée catégoriquement par Téhéran qui affirme que le développement de missiles est indispensable à sa sécurité dans une région en proie à de nombreux conflits, de la Syrie au Yémen en passant par l'Irak, ainsi qu'à des attaques de groupes jihadistes contre les chiites, la confession majoritaire en Iran.

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Riyad et Israël avertis
Les tirs de missiles en Syrie, sont aussi un "message à l'Arabie saoudite", le grand rival sunnite que l'Iran accuse de soutenir l'EI, a déclaré à l'AFP l'analyste politique Hassan Beheshtipour.

Deir ez-Zor est aussi à mi-chemin entre l'Iran et Israël. En tirant des missiles dans cette direction, l'Iran envoie "un message (au Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu qui menace régulièrement l'Iran", selon Fouad Izadi. Les deux pays n'ont aucun lien diplomatique et s'accusent mutuellement de représenter une menace pour la stabilité au Moyen-Orient.
"Les missiles utilisés sont de moyenne portée (environ 750 kilomètres), mais l'Iran possède des missiles d'une portée encore plus grande", qui pourraient éventuellement atteindre l'Etat hébreu, ajoute M. Izadi.

L'Arabie saoudite sunnite qui s'oppose à l'Iran chiite dans tous les conflits régionaux, est également avertie quelques jours après des tirs sur des chalutiers iraniens dans le Golfe, accusés par Riyad d'être entrés dans ses eaux territoriales. Un pêcheur iranien a été tué, selon Téhéran.
Sans préciser s'il s'agissait du même incident, l'Arabie saoudite a indiqué lundi que sa marine était intervenue pour empêcher des embarcations rapides de s'approcher d'un de ses gisements pétroliers dans le Golfe. Ils transportaient "des armes destinées à des actions subversives", selon Riyad.

L'Arabie saoudite, accusée par l'Iran de soutenir des groupes jihadistes sur son territoire et d'être "impliquée" dans les attentats de Téhéran, "doit savoir que toutes ses régions pétrolières sont à portée des missiles iraniens", note Fouad Izadi.

 

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