Liban

Initiative « arabo-chrétienne » de Saydet el-Jabal : faire de Jérusalem un lieu de pèlerinage ouvert

Vie politique
10/06/2017

La rencontre de Saydet el-Jabal, vouée à penser l'engagement des chrétiens du Liban pour une démocratie souveraine, civile et plurielle, prépare sa première initiative concrète au niveau régional. Placée sous le signe de la paix, cette initiative prendra la forme d'un appel libano-palestinien, depuis Beyrouth, visant à consacrer Jérusalem comme lieu de pèlerinage universel, ouvert à tous les croyants, y compris les musulmans et chrétiens du monde arabe.

L'appel sera lancé demain, dimanche, à l'issue d'un atelier de travail organisé par Saydet el-Jabal, en partenariat avec le centre palestinien de recherches et d'études, Tatwir.
« L'objectif est de revendiquer auprès des instances politiques officielles, libanaises, arabes et internationales, et avec l'aide d'autorités religieuses, que soient levés tous les obstacles politiques et juridiques à l'autorisation des voyages de pèlerinage à Jérusalem », explique le président de Saydet el-Jabal, Farès Souhaid, à L'Orient-Le Jour. Il ne s'agira donc pas de réclamer immédiatement le pèlerinage en terre sainte mais d'enclencher le processus diplomatique d'une « déjudaïsation » de Jérusalem. C'est-à-dire de lever le siège culturel de la ville. Et de le faire sous le signe de la rencontre et du dialogue des religions.

 

(Lire aussi : Saydet el-Jabal dénonce les tentatives de lier les chrétiens au régime syrien et à l'Iran)

 

Cette initiative se veut le relais de l'exhortation apostolique adressée par l'ancien pape Benoît XVI lors de sa visite à Beyrouth en 2012. « Le pape Benoît avait alors appelé à faire de la Palestine une destination permanente et ouverte au "pèlerinage libre des croyants, sans contraintes, de manière à aider et encourager les groupes chrétiens à rester en terre sainte" », rappelle un communiqué de Saydet el-Jabal.
Dans ce même esprit de « renforcement de la résilience des fils de Jérusalem », le dernier sommet de la Ligue arabe à Amman avait lui aussi formulé en mars dernier le souhait d'un « jumelage » entre les capitales arabes et Jérusalem, « au niveau de leurs instances gouvernementales et non gouvernementales respectives, dans les domaines éducatif, culturel, économique, social et sanitaire », comme le rappelle également le texte.

Entre ces deux déclarations fondatrices, un rendez-vous charnière : la visite de pèlerinage du pape François à Jérusalem en 2014, où il avait été reçu par le président palestinien et le mufti de la ville, en présence notamment du patriarche maronite. Par-delà sa symbolique d'ouverture, cet épisode est symptomatique de la résistance, populiste ou idéologique, qui surgit inévitablement face à toute approche pacificatrice de la question palestinienne. « La visite avait provoqué l'ire de l'axe irano-syrien et de certains de ses sbires au Liban et en Palestine », souligne le communiqué de Saydet el-Jabal, qui revient aussi, en contrepartie, sur les arguments à même de déconstruire la rhétorique dite de la moumanaa.

 

(Lire aussi : Saydet el-Jabal : Le discours confessionnel nuit au partenariat national)

 

Le Rassemblement national chrétien de Jérusalem y avait répondu en soulignant que « le boycottage de Jérusalem sous prétexte de boycotter Israël (...) ne fait que servir l'occupation en contribuant au siège de la ville ». À Beyrouth, des associations libanaises et palestiniennes, réunies au sein du Forum de l'Orient pour la paix, avaient alors déploré « l'absence d'un appel islamo-arabe franc à faire de Jérusalem une ville ouverte au pèlerinage ». C'est cette faille qui a partiellement été comblée par le sommet de Amman.

L'appel de Saydet el-Jabal viendra en somme fédérer les efforts de l'Église catholique et ceux du monde arabo-musulman pour un dialogue interreligieux incarné par la Palestine. « Notre assise politique est l'initiative arabe de paix lancée en 2002 à Beyrouth et notre inspiration religieuse nous vient des précédentes actions du Vatican », résume Farès Souhaid.

Au niveau local, cette initiative viendra aussi rompre avec « le provincialisme caractéristique de la politique libanaise actuelle » et son lot de crispations identitaires, précise-t-il. Le Liban et les chrétiens ont un rôle de paix à accomplir dans la région, et ce rôle doit prendre forme au-delà des alignements qui dessinent les conflits actuels, conclut-il.

 

Lire aussi

La Rencontre de Saydet el-Jabal stigmatise la tournée du Hezbollah à la frontière sud

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QU ILS SE CONCENTRENT A PROPOSER DES SOLUTIONS POUR LE LIBAN AVANT...

Henrik Yowakim

Initiative « arabo+chrétienne » de Saydet el-Jabal : faire de Jérusalem un lieu de pèlerinage ouvert

SI DEMAIN LA MECQUE TOMBAIT SOUS OCCUPATION ISRAELIENNE LES MUSULMANS RENEONCERAIENT ILS A LEUR PELERINAGE?

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Au-delà d’Idleb...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué