Un homme se tenant devant les décombres d'un bâtiment pulvérisé dans la ville de Nabatiyé, le 21 juin 2026. Photo Mohammad YASSINE/L'Orient-Le Jour
Pour la première fois depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël il y a 110 jours, le calme règne au Liban-Sud, alors que les pourparlers entre les États-Unis et L'Iran sont prévus dimanche en Suisse. Depuis environ 16 heures samedi jusqu’à dimanche matin, aucune frappe aérienne, tir d’artillerie ou autre violation notable n'a été signalé, selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. Seuls quelques drones survolent à haute altitude certaines localités du Sud.
Les habitants du Liban-Sud restent toutefois prudents et dans l'attente d'une éventuelle reprise des attaques israéliennes. L'offensive de samedi a fait entre 40 et 45 morts dans le Sud, selon un bilan toujours provisoire. La ville de Nabatiyé et plusieurs villages avaient publié en soirée des communiqués appelant les habitants déplacés à ne pas se précipiter pour rentrer chez eux.
Jusqu'à 16h samedi, le Sud a été bombardé à 97 reprises, avec 42 villages ciblés, principalement à Nabatiyé et dans ses environs ainsi que sur les hauteurs de Rihane, dans le caza de Jezzine. Parallèlement, le Hezbollah n’a revendiqué aucune opération militaire contre les forces israéliennes.
L'accalmie au Liban-Sud s’étend également à l’axe menant vers la colline de Ali al-Taher, au sud de Nabatiyé, principal théâtre des combats de ces dernières semaines. La situation sur le terrain semble gelée et aucune activité militaire n'a été observée dans le secteur. Israël veut prendre cette colline, accusant le Hezbollah d'y avoir des infrastructures militaires importantes, un arsenal et des réseaux souterrains. Ces hauteurs surplombent en outre toute la zone. Samedi, avant la cessation des hostilités, des combats intenses avaient eu lieu sur cet axe, tandis que l'aviation israélienne pilonnait les hauteurs de Rihane dans le caza de Jezzine, considérées comme des positions de soutien dans la défense des collines de Ali al-Taher, selon notre correspondant.
Par ailleurs, une équipe des secouristes al-Rissala, lié au mouvement Amal, a déclaré avoir retiré un corps des décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé el-Faouqa. Le corps de cette personne, tuée lors d’un bombardement israélien, a été transporté à l’hôpital l’hôpital Najdé du Secours populaire libanais, situé à l'entrée de la ville.
Le Liban est au centre des négociations en Suisse, selon le ministère iranien des Affaires étrangères. Son porte-parole Esmaïl Baghaï a affirmé que les États-Unis n’ont pas été en mesure de garantir le respect du cessez-le-feu au Liban et que cette question sera au cœur des pourparlers.

