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Plus de 38 tués dans la journée ; Israël s'acharne sur Nabatiyé ; batailles intenses pour la prise de Ali al-Taher

Une frappe israélienne à Qanarit dans le caza de Saïda au nord du Zahrani a fait 9 morts et 22 blessés, principalement des femmes et des enfants.

Plus de 38 tués dans la journée ; Israël s'acharne sur Nabatiyé ; batailles intenses pour la prise de Ali al-Taher

De la fumée s'élève du site d'une série de frappes aériennes israéliennes qui ont ciblé la ville libanaise de Nabatiyé le 20 juin 2026. Photo Abbas FAKIH / AFP

Le cessez-le-feu annoncé vendredi après-midi entre Israël et le Hezbollah suite à des pressions américaines exercées sur l’État hébreu n'aura pas duré bien longtemps. Au Liban-Sud comme dans la Békaa, l’escalade reste maître du terrain et le nombre de tués grimpe inexorablement. Cette flambée a suivi de peu les propos belliqueux du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui a appelé à « ouvrir les portes de l’enfer au Liban », et les déclarations de l’armée israélienne affirmant qu’elle poursuivrait ses opérations militaires dans le Sud.

Résultat : au moins 38 morts pour la seule journée de samedi après 70 raids aériens et 18 frappes de drones au Liban-Sud, au lendemain d'une nuit particulièrement violente, sachant que les secours poursuivent les recherches sur les sites de nouvelles frappes selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Parmi les victimes, un militaire sur la route de Kfarremmane-Nabatiyé, une femme à Chehour (Tyr), 4 personnes d’une même famille à Arabsalim (Nabatiyé), ainsi qu’un homme à Nmaïriyé (Nabatiyé).

Assurément, le bombardement le plus meurtrier de la journée a eu lieu à Qanarit (Saïda). Il a fait 9 morts et 22 blessés, principalement des femmes et des enfants, tous habitants de la localité. Cette zone située au nord du fleuve Zahrani était pourtant considérée comme relativement sûre. Elle abrite même des déplacés, pour lesquels on avait aménagé un centre d'accueil. Autre raid destructeur : celui sur Sohmor dans la Békaa-Ouest, qui a fait 4 morts de la famille Kalaaji, selon notre correspondante Sarah Abdallah.

La bataille pour le site stratégique de Ali al-Taher

Les développements militaires au Liban-Sud indiquent que l’escalade se concentre principalement autour de la région de Nabatiyé et des hauteurs stratégiques de Ali al-Taher, en raison « de tentatives israéliennes répétées de modifier les réalités sur le terrain afin d’imposer une nouvelle équation », précise notre correspondant. La Défense civile a d'ailleurs fait état de 16 morts aux alentours de midi, pour la seule région de Nabatiyé.

Des dizaines de frappes aériennes et des centaines de tirs d’artillerie pilonnent au quotidien et depuis plusieurs jours la région de Nabatiyé, dans ce qui est considéré comme l’offensive la plus intense depuis plusieurs mois. La colline de Ali al-Taher est considérée comme l’un des sites les plus stratégiques du Liban-Sud. Outre son importance pour la « zone tampon » aux yeux de l'armée israélienne, le site domine Nabatiyé, l’Iqlim al-Touffah, les hauteurs de Jezzine, la vallée du Khardali, Marjeyoun et Kfartebnit. Ali al-Taher revêtirait aussi une dimension symbolique pour les occupants puisqu'en 2000, c'était le dernier site évacué par l’armée israélienne.

Les soldats de l’État hébreu ont donc tenté à plusieurs reprises de progresser en hauteur par différents axes, notamment depuis Kfartebnit vers les pentes méridionales de Ali al-Taher. Mais ces tentatives se sont heurtées aux combattants du Hezbollah qui ont entravé leur avancée et entraîné des pertes parmi les attaquants, observe encore notre correspondant.

Ces offensives israéliennes ont été accompagnées de bombardements de diverses régions du Sud au moyen d'avions de chasse, des drones ou à l’artillerie, notamment sur la ville de Nabatiyé, Nabatiyé el-Faouqa, Kfarremmane, Kfartebnit, Harouf, Nmaïryé, Arabsalim, Kfarjoz, Choukine, Habbouche, Zebdine et Kfarsir dans le caza de Nabatiyé, Jabal el-Rafih et les collines de Jabbour (Jezzine), Kabrikha (Marjeyoun) Kaoukariyet el-Riz (Saïda), Bourj Qalaway (Bint Jbeil), Berghoz (Hasbaya). Par précaution, l’armée libanaise a fermé la route au niveau du barrage de Amriyé au sud de Tyr, en raison de l’escalade militaire. Les frappes ont atteint la Békaa-Ouest, notamment Sohmor, selon notre correspondante Sarah Abdallah, ainsi que Maaliyé au sud de la ville de Tyr, sans oublier Qanarit, dans le caza de Saïda, au nord du fleuve Zahrani.

Plus de 50 projectiles lancés par le Hezbollah

Si les jours précédents ont montré un net recul des offensives du Hezbollah, la nuit de vendredi a vu une augmentation sensible du nombre d’attaques de la part de la milice chiite. Selon l’armée israélienne, « le Hezbollah a tiré plus de 50 projectiles contre les forces israéliennes au Liban-Sud ». Des attaques auxquelles elle a assuré avoir riposté. Le parti pro-iranien a quant à lui affirmé qu’il ne permettra pas à Israël de bénéficier d’une « liberté de mouvement dans les territoires occupés » au Liban, et revendiqué son « droit » à répliquer aux violations israéliennes du cessez-le-feu.

Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, avait affirmé dans la matinée que sa formation avait « le droit » de répondre aux attaques israéliennes. « Il est question d'un cessez-le-feu. Pour nous, ce qui importe, c'est que l'ennemi respecte pleinement et totalement ce cessez-le-feu, et qu'il ne tente pas d'attaquer notre pays et nos villages, ni d'occuper de nouvelles positions », a-t-il déclaré, ajoutant que « la résistance a pleinement le droit de faire face à cet ennemi lorsqu'il nous attaque, car c'est lui l'agresseur et l'occupant ».

D'autres représentants du Hezbollah se sont exprimés dans la journée, notamment le député de Baalbeck Hussein Hajj Hassan, qui a fustigé les « politiques erronées » des autorités libanaises qui entendent poursuivre les négociations directes avec Israël. De même, le député Ali Ammar a estimé que la phase actuelle est « délicate et dangereuse » et nécessite une « cohésion interne et une unité face à l'ennemi », en allusion aux divisions sur la scène locale.

Le cessez-le-feu annoncé vendredi après-midi entre Israël et le Hezbollah suite à des pressions américaines exercées sur l’État hébreu n'aura pas duré bien longtemps. Au Liban-Sud comme dans la Békaa, l’escalade reste maître du terrain et le nombre de tués grimpe inexorablement. Cette flambée a suivi de peu les propos belliqueux du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui a appelé à « ouvrir les portes de l’enfer au Liban », et les déclarations de l’armée israélienne affirmant qu’elle poursuivrait ses opérations militaires dans le Sud.Résultat : au moins 38 morts pour la seule journée de samedi après 70 raids aériens et 18 frappes de drones au Liban-Sud, au lendemain d'une nuit particulièrement violente, sachant que les secours poursuivent les recherches sur les sites de nouvelles...