Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, et le nouvel ambassadeur saoudien, Fahd el-Dossari, au port de Beyrouth, le 20 juin 2026. Photo X/@grandserail
Pour la première fois depuis cinq ans, une cargaison de marchandises libanaises a quitté le port de Beyrouth en direction de l'Arabie saoudite, qui a levé son embargo le 12 juin. Pour célébrer la reprise des exportations libanaises vers le royaume wahhabite, qui devrait offrir une bouffée d'air à l'économie du pays du Cèdre, le Premier ministre Nawaf Salam, présent au port de Beyrouth aux côtés du nouvel ambassadeur saoudien Fahd al-Doussari, s'est félicité du retour du Liban sur le marché saoudien.
Au départ de la cargaison, M. Salam a remercié le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane (MBS) pour sa décision de lever l'embargo sur les exportations libanaises. « Avant l’embargo, l’Arabie saoudite était notre principal marché d’exportation. Aujourd’hui, avec le départ de cette cargaison, nous renouons avec ces marchés et j’espère sincèrement que nous retrouverons non seulement notre volume d’exportations d’avant l’interdiction, mais que nous le dépasserons », a-t-il déclaré. Il a en outre souligné que le retour sur le marché saoudien « est synonyme d’espoir pour des milliers d’agriculteurs de la Békaa, du Sud et du Nord ».
L’Arabie saoudite a effectivement figuré pendant longtemps autrefois parmi les principaux marchés d’exportation du Liban – son troisième plus grand fournisseur en 2020 – et constituait une route de transit clé vers le Golfe élargi. Depuis l’interdiction en 2021, après que les autorités saoudiennes avaient saisi des millions de pilules de Captagon dissimulées dans une cargaison de produits agricoles en provenance du Liban, les exportations libanaises vers le royaume avaient quasiment disparu, privant agriculteurs, industriels, exportateurs et sociétés de transport de l’un de leurs débouchés les plus précieux. Les restrictions avaient ensuite été élargies, bloquant non seulement l’entrée des marchandises libanaises en Arabie saoudite, mais aussi leur transit à travers le territoire saoudien. Riyad avait également interdit à ses ressortissants de se rendre au Liban la même année, en raison des tensions politiques et comme mesure de rétorsion face à l'influence grandissante du Hezbollah sur la scène libanaise. Cette dernière interdiction reste en vigueur.
Nawaf Salam s'est par ailleurs félicité de l'installation d'équipements modernes dans les ports de Beyrouth et de Tripoli « pour contrôler les flux entrants et sortants du Liban ». « Après avoir nommé une nouvelle administration portuaire expérimentée et compétente, puis une nouvelle administration douanière, nous avons œuvré au renforcement des procédures de contrôle à la frontière syrienne et intensifié la lutte contre la contrebande sous toutes ses formes », a-t-il salué.
Le Liban ne servira plus de « base arrière » à des actes malveillants
« Nous ne permettrons plus jamais que le Liban serve de base arrière à des actes malveillants envers nos frères arabes ; au contraire, il sera un partenaire de leur sécurité, de leur stabilité et de leur prospérité », a-t-il souligné.
« Cette décision confirme sans aucun doute le soutien du royaume à la stabilité du Liban et à sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. Cela montre notre confiance dans le fait que les frères libanais prendront toutes les mesures nécessaires pour que leur pays ne soit pas utilisé comme plateforme pour des actes de nuisance », a déclaré pour sa part le nouvel ambassadeur saoudien.
MM. Salam et Doussari s'étaient retrouvés pour une visite protocolaire au Grand Sérail avant la cérémonie au port, selon un message publié sur le compte X de la présidence du Conseil des ministres. Le Premier ministre a souhaité la bienvenue à l’ambassadeur dans son « deuxième pays », lui souhaitant plein succès et réussite à l’occasion de sa prise de fonction, indique un bref communiqué.
Fahd al-Doussari, qui est arrivé le 12 juin au Liban, jour de la levée de l'embargo saoudien, et a présenté vendredi ses lettres de créance au président Joseph Aoun, succède à Walid Boukhari, qui a occupé le poste d’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban de 2018 à 2026.

