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Économie

Le gouvernement s’attaque au dumping commercial

Industrie

Pour protéger les industriels libanais, le Liban prévoit de taxer 17 types de produits importés, du bourghoul aux produits métalliques, en passant par le foie gras et les détergents.

07/06/2017

Le gouvernement a dévoilé hier une feuille de route en vue du renforcement des barrières douanières sur une série de produits importés et de la protection de la production industrielle locale. « Nous avons déterminé 17 produits devant être protégés et établi un plan d'action clair que nous transmettrons au Conseil des ministres », a déclaré le ministre de l'Économie et du Commerce, Raëd Khoury, à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, et le vice-président de l'Association des industriels libanais (AIL), Ziad Bekdache.

Suite à une demande officielle de M. Hajj Hassan début mars, « l'AIL avait établi (fin mai), en étroite collaboration avec le ministère de l'Industrie, cette liste de 17 produits nécessitant des mesures protectionnistes, avant de la transmettre au ministère de l'Économie », a rappelé M. Hajj Hassan. La liste inclut les produits métalliques, le bourghoul, les confiseries, les pâtes, les produits laitiers, les biscuits, la farine, le marbre et le granit, les graines de maïs, les cornflakes, l'aluminium, le foie gras, les plombs de chasse, les détergents, la papeterie, les équipements sanitaires, et les produits avicoles.

« Nous ne nous tairons plus face au dumping dont sont victimes les marchés libanais, avec des produits qui concurrencent l'industrie nationale. Il y a une réelle solidarité gouvernementale », a-t-il assuré. « Par exemple, la Chine subventionne de 7 à 15 % les exportations industrielles de ses entreprises. La Turquie va même jusqu'à financer des campagnes marketing de 125 000 dollars pour promouvoir ses produits sur les marchés internationaux », illustre M. Bekdache. Résultat, les industriels libanais n'arrivent pas à s'aligner sur les prix de ces produits importés. « Le bourghoul en provenance de Turquie est vendu sur le marché libanais à un prix égal à celui du coût de production du bourghoul libanais », dénonce M. Bekdache. Cette concurrence déloyale au niveau des prix pousse aussi les industriels libanais à réduire leur niveau de production. « Le principal producteur libanais de détergent est en mesure de produire 80 000 tonnes mais n'en produit que 30 000, puisqu'il n'arrive pas écouler une quantité supérieure sur le marché local », se désole-t-il.

 

(Lire aussi : La réorientation des investissements, une nécessité pour l’économie libanaise)

 

Les douanes habilitées à légiférer
« L'État n'a pas les moyens de subventionner les industries locales alors nous n'avons d'autres choix que d'instaurer des mesures protectionnistes pour permettre à nos industries d'être compétitives sur le marché libanais », a justifié M. Hajj Hassan. Pour rappel, le déficit commercial a atteint 15,7 milliards de dollars en 2016 (+4,1 % en un an selon les douanes), suite à la hausse des importations (+3,5 % à 18,7 milliards de dollars) et la stagnation des exportations (+0,8 % à 3 milliards de dollars).

« Nous espérons que le gouvernement pourra légiférer en matière de taxation douanière. Pour cela, nous avons besoin que le Parlement vote une loi d'habilitation dans ce sens », a-t-il ajouté. « Cette loi donnera au gouvernement et à la Direction des douanes les prérogatives (par procuration) pour mettre en place les barrières douanières destinées à protéger les produits industriels libanais », explique à L'Orient-Le Jour M. Bekdache.

Cependant, ces barrières douanières ne pourront pas être appliquées de manière uniforme à tous les pays concernés par les listes de produits. « Des barrières douanières et des taxes spécifiques pourront être appliquées aux produits subventionnés par des pays non liés par des accords commerciaux avec le Liban, comme la Turquie et les pays de l'Asie de l'Est », précise M. Bekdache. En revanche, l'exercice risque d'être plus délicat pour les produits subventionnés en provenance des pays avec lesquels le Liban a signé des accords commerciaux, principalement l'Égypte et les pays du Golfe. « Ces accords permettent au Liban de réagir en introduisant des barrières douanières, mais les autorités libanaises ne l'ont jamais fait afin de ne pas contrarier les Saoudiens », souligne M. Bekdache.

 

 

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Cyril Menassa

Bref, en gros a partir du moment ou un produit est fabriqué au liban, ils veulent taxer les concurrents internationaux pour nous obliger a acheter une qualité locale très généralement inférieure.

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