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La question de Jérusalem jette une ombre inattendue sur la visite de Trump

Israël

Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a présenté ses lettres de créance au président israélien Reuven Rivlin.

OLJ/AFP
16/05/2017

Les relations entre Israël et l'administration Trump se sont crispées de manière brusque et inattendue peu avant la visite du président américain, autour de sujets chargés de symboles comme le mur des Lamentations et la situation de l'ambassade des Etats-Unis.

Le déménagement éventuel de la représentation diplomatique américaine de Tel-Aviv à Jérusalem se trouve à nouveau au coeur de cette controverse touchant au statut de Jérusalem, l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.

Mais la polémique a été amplifiée contre toute attente par des propos qu'aurait tenus, selon les médias israéliens, un officiel américain préparant la visite du président et selon lesquels le mur des Lamentations, haut lieu du judaïsme, se trouverait non pas en Israël, mais en territoire palestinien occupé.

Le statut légal et diplomatique de Jérusalem est un casse-tête. Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, y compris donc la partie palestinienne (Jérusalem-Est) qu'il a annexée en 1980. Les Palestiniens veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Le statut de Jérusalem tel que défini par Israël n'a pas été reconnu par les Nations unies, qui considèrent Jérusalem-Est comme territoire occupé.

 

(Lire aussi : Trump « ne donne pas de signes réels d’une volonté » de bousculer le statu quo)

 

Donald Trump, attendu lundi en Israël, a promis pendant sa campagne de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l'Etat et d'y transférer l'ambassade actuellement à Tel-Aviv, rompant ainsi avec la communauté internationale et des décennies de diplomatie américaine.

Les Palestiniens et les pays arabes ont mis en garde contre le potentiel explosif d'un tel transfert. Aujourd'hui, M. Trump semble beaucoup moins pressé, décevant les attentes de la droite qui, après les amères années Obama, criait au changement d'époque avec son investiture.

A l'approche de sa venue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est confronté aux doutes sur sa volonté personnelle de voir l'ambassade américaine à Jérusalem.
Le cabinet de M. Netanyahu a vivement réagi lundi au tweet d'un journaliste de la chaîne américaine Fox News affirmant que M. Netanyahu avait demandé à M. Trump de ne pas toucher à la représentation diplomatique pour le moment.

Le bureau de M. Netanyahu a pris la décision exceptionnelle de publier des minutes des conversations privées qu'il avait eues avec Donald Trump lors de sa visite à Washington le 17 février, retranscrites par un de ses collaborateurs.

 

(Lire aussi : Abbas prêt à rencontrer Netanyahu sous le parrainage de Trump)

 

"Solides comme le roc"
Exemple: "Déjeuner à la Maison Blanche: le PM a été interrogé sur l'ambassade et a répondu que (le déménagement) ne produirait pas le bain de sang régional avec lequel certains essaient de faire peur" à M. Trump.

La chaîne Channel Two, apparemment informée par des sources israéliennes, rapportait par ailleurs lundi soir que, dimanche, lors d'une visite préparatoire au séjour de M. Trump, les Américains avaient refusé que M. Netanyahu se joigne à M. Trump devant le mur des Lamentations.

Auprès du mur, lieu de prière le plus sacré pour les juifs, des membres de l'équipe américaine auraient chassé des officiels israéliens en leur disant qu'ils ne pouvaient s'afficher avec eux sur le site. Un Américain aurait dit que le mur n'était pas en territoire israélien, mais en Cisjordanie occupée.

Le mur des Lamentations est situé dans la Vieille ville, à Jérusalem-Est. La politique historique des Etats-Unis est de ne pas se prononcer sur la souveraineté de Jérusalem, censée s'inscrire dans un règlement final du conflit.

Aussi les mots rapportés ont-ils causé "un choc", a dit un responsable au bureau du Premier ministre sous le couvert de l'anonymat. Israël est "persuadé que cette déclaration est contraire à la politique du président Trump" et a "pris contact avec les Etats-Unis sur la question", a-t-il dit.

C'est dans ce contexte que le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, avocat de confession juive, a présenté ses lettres de créance au président israélien Reuven Rivlin mardi.

Partisan déclaré de la colonisation israélienne, il s'était aussi prononcé pour un transfert de l'ambassade. Lors de la cérémonie, il s'est tenu à l'écart des querelles, y compris sur le mur devant lequel il est allé prier aussitôt arrivé en Israël lundi.
Il a fait voeu de soutenir Israël "de toutes les manières possibles". Quant à M. Trump, "son amour et son engagement en faveur d'Israël sont solides comme le roc", a-t-il dit.
Il a été reçu plus tard par M. Netanyahu qui a vu dans sa visite au mur des Lamentations "un geste de solidarité fort".

 

 

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