La Dernière

Festival de Jounieh : délocalisé mais pas dénaturé

Conférence de presse

C'est les pieds dans les flots de Ghazir que la 7e édition du Festival international de Jounieh se déroulera du 2 au 15 juillet 2017.

04/05/2017

Au-delà de son programme comprenant quatre événements artistiques – Notre-Dame de Paris, Waël Kfoury, Music Hall bil 3arabi et Michel Fadel –, le Festival international de Jounieh sera indubitablement marqué, dans son édition 2017, par son déménagement. Se déroulant, depuis 2010, dans le Stade Fouad Chéhab, il s'est vu contraint, à son septième anniversaire, de trouver un lieu plus clément « idéologiquement » puisqu'il semblerait que des querelles d'ordre politique soient à l'origine de ce déplacement.

Quoi qu'il en soit, c'est avec un esprit positif et loin de toutes les spéculations échafaudées à ce sujet que le comité du festival a rendu public son programme, lors d'une conférence de presse tenue hier au Casino du Liban, en présence de sa présidente, Zeina Frem, de son vice-président, Fady Fayad, de Sako Mardirossian, représentant le ministre du Tourisme Avédis Guidanian, et de Lynn Tehini Kassatly, représentant le ministre de la Culture Ghattas Khoury. À noter également la présence des artistes Oussama Rahbani, Hiba Tawaji et Michel Fadel ainsi que de nombreuses personnalités du monde politique et social.

 

Saison prometteuse
« Ce festival a vu le jour grâce à l'initiative de la société civile », a signalé dans son introduction la journaliste Rania Achkar. Prenant la parole en premier, la présentatrice télé a indiqué que « Jounieh n'a jamais été un simple espace géographique. Cette ville a toujours été et elle restera une oasis culturelle, spirituelle et touristique de premier ordre ».

La présidente du festival a ajouté pour sa part que, malgré les nombreux défis auxquels le comité a dû faire face cette année, la saison s'annonce prometteuse et riche. « Je ne veux pas rentrer dans les détails ni alimenter les polémiques, a ainsi souligné Zeina Frem. Les usurpateurs se connaissent et je ne nommerai personne. Le comité a travaillé dur pour faire réussir cette édition et assurer un nouvel emplacement au festival, situé près de la plage de Ghazir, cette localité proche de Jounieh et dont le président de la municipalité nous a accueillis à bras ouverts. »

Le vice-président et directeur général du comité, Fady Fayad, s'est d'abord indigné : « Est-il normal qu'un tel festival soit combattu ? Mais, malgré ces bâtons qu'on a tenté de mettre dans ses roues, le Festival international de Jounieh portera toujours l'étendard de l'art et de la culture, et de la joie de vivre des Libanais. » Il a ensuite présenté les détails du programme artistique. Le coup d'envoi aura donc lieu le dimanche 2 juillet avec le chanteur Waël Kfoury. Il sera suivi par quatre soirées (les 8, 9, 10 et 11 juillet) consacrées à Notre-Dame de Paris, le spectacle musical de Luc Plamondon et de Richard Cocciante dans une nouvelle mise en scène de Gilles Maheu avec Hiba Tawaji dans le rôle d'Esmeralda. Le vendredi 14 juillet, un concert Music Hall bil 3arabi, avec, au programme, Tony Hanna, les frères Chehadé et Bilal. En clôture, le samedi 15 juillet, le compositeur et pianiste Michel Fadel présente le duo Tarek Majdalani et Sleiman Damien dans une soirée de musique électro accompagnée par le géant feu d'artifice, signature du festival, « événement qui a accueilli l'année dernière, sur la baie de Jounieh, près de 400 000 spectateurs », a conclu avec fierté Zeina Frem.

 

(Lire aussi : Deux Libanais à l'affiche de Zouk Mikaël)

 

Trois questions à Maria Frem*

Quel bilan tirez-vous de l'édition de 2016 et quelles sont vos perspectives pour celle de 2017 ?
L'édition 2016 a été un vrai succès malgré le retard qu'on a eu pour l'annoncer, à cause des élections municipales du mois de mai 2016. De ce fait, on avait eu 3 concerts uniquement, mais le public était au rendez-vous, comme chaque année.

Pour 2017, le challenge est énorme, vu que nous avons changé d'emplacement en raison de profondes divisions avec la nouvelle municipalité de Jounieh qui estime que chaque fois qu'un nouveau conseil municipal est élu, le comité organisateur du festival doit changer. La question qu'on se pose alors est de savoir si les principaux festivals libanais ont changé d'organisateur au fil des années à cause d'un changement de la politique municipale ?

Malgré tout, cette saison va être l'une des plus belles et des plus variées, touchant un public de tout âge. Sans oublier notre traditionnel feu d'artifice qui fait chaque année la une de la presse locale et internationale, et que la nouvelle municipalité à court d'idées et d'imagination essaye de copier.

 

Les jeunes continuent de se plaindre de la cherté des billets de festival. Avez-vous prévu des modalités et tarifs spéciaux pour eux ?
Les jeunes ont toujours dans notre festival une place de choix avec des billets qui commencent à 30 $...

 

Si vous deviez diriger pour une seule année un autre festival libanais, ce serait lequel et pourquoi ?
Pour moi, le festival de Baalbeck a été le pionnier dans ce domaine, et j'espère qu'un jour la situation permettra que de grands noms reviennent dans le temple de Bacchus ; donc je choisirais Baalbeck sans hésitation.

* Responsable médiatique du festival de Jounieh.

 

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Antoine Sabbagha

Bonne chance et bon départ .

Le Faucon Pèlerin

Je lis "7 years - Jounieh International Festival". Je crois déceler une erreur d'anglicisme. "Jounieh" est un héritage de la France coloniale, il faut écrire aujourd'hui "Joonee International Festival".
Une dizaine d'écoles arabo-francophones ont formé des dizaines de milliers de Jouniotes, de Kesrouanais, de Libanais et même des Syriens dans les établissements suivants : Le Collège des Frères maristes, l'école des Soeurs de la Sainte-Famille française, le collège des Apôtres, l'école des Soeurs des Saints-Coeurs, les écoles des Soeurs maronites de la Sainte-Famille... et ce, depuis le début du XXème siècle. Toutes ces institutions n'ont laissé aucune trace de francophonie à Jounieh ?
J'ai honte dans ma peau de Jouniote !

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