Le chef français Jean Imbert à la 77e édition du Festival de Cannes le 20 mai 2024. Zoulerah Norddin/AFP
Humiliations, traces de morsures, contrôle « coercitif » : Le « cuisinier des stars » Jean Imbert a été placé mercredi sous le statut de témoin assisté dans le cadre de l'enquête menée sur des accusations de violences commises sur d'ex-compagnes.
Le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête contre le chef de 45 ans, un an après la première plainte contre lui et au terme de deux jours de garde à vue.
L'ancien lauréat de l'émission de téléréalité culinaire Top Chef, devenu l'une des stars de la gastronomie française et détenteur d'une étoile Michelin, a été entendu pendant plusieurs heures mercredi après-midi par un juge d'instruction. À l'issue de cet interrogatoire, il a été placé sous le statut de témoin assisté, plus favorable que celui de mis en examen (inculpé), a précisé à l'AFP le parquet de Paris.
« Une instruction est en cours et elle est couverte, comme vous le savez, par le secret », a déclaré Jacqueline Laffont, son avocate, en sortant de l'interrogatoire.
Jean Imbert, qui s'est hissé jusqu'aux fourneaux du Plaza Athénée et du Martinez, deux palaces de Paris et de Cannes, « conteste la qualification pénale des éléments reprochés », selon le parquet.
Les enquêteurs ont entendu au total six de ses ex-compagnes. « Chacune a dénoncé des violences, de différentes natures », a indiqué le parquet.
« Plusieurs d'entre elles ont évoqué des éléments constitutifs de contrôle coercitif, comme le contrôle de leurs fréquentations, de leurs sorties ou de leur apparence. Des confidents des victimes ont attesté de traces de morsures ou de bleus, de comportements humiliants, voire d'enfermement dans une pièce », a poursuivi le parquet.
Le parquet a retenu des charges concernant deux femmes, qui ont demandé à conserver leur anonymat, pour des faits commis entre décembre 2023 et novembre 2024. Les violences dénoncées par les quatre autres femmes « apparaissent prescrites », selon le parquet.
Parmi les femmes qui l'ont accusé publiquement, l'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld, 39 ans, avait indiqué dans une émission de la chaîne France 2 avoir déposé plainte au printemps pour des violences survenues au cours de leur relation, entre 2012 et 2014.
Elle affirme notamment que Jean Imbert lui aurait fracturé le nez lors du tournage d'une émission de cuisine qu'ils présentaient ensemble sur la chaîne M6.
Jean Imbert avait quant à lui décrit une relation « insoutenable, marquée par les insultes et les crises », ses avocates évoquant des violences réciproques au sein du couple.
Première femme à déposer plainte, il y a un an, pour des faits remontant à 2012-2013, l'ancienne actrice Lila Salet, 35 ans, a elle dénoncé des gifles, « dans un cadre intime, donc sans témoins » et décrit une séquestration « pendant plusieurs heures » dans un hôtel, lors d'un week-end du couple à Florence, en Italie.
En avril, la direction du Plaza Athénée avait annoncé que, en raison des accusations dont il faisait l'objet, Jean Imbert ne serait plus chef mais resterait en tant que directeur artistique. Il s'était déjà mis en retrait du Martinez, un palace de Cannes (Sud-Est) où il avait préparé le prestigieux dîner du jury du célèbre festival de cinéma.


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